Douai | Un sexagénaire prend dix ans ferme pour viols sur son fils handicapé
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 20/02/2026
- 18:58
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L’homme a reconnu les faits mais n’a pas été en mesure de les expliquer.
Il ne les aura pas, les réponses tant attendues depuis trois ans. Il sera reparti, toutefois, avec des excuses, en fin d’audience, de la part de son père qui a été déclaré coupable, ce vendredi par la cour criminelle de Douai, de viols sur son chien et son fils, handicapé mental, âgé de 16 ou 17 ans au moment des faits révélés en 2023.
Des réponses, la cour en cherchait aussi. Sur la personnalité du sexagénaire, déjà. Pourquoi l’homme, issu d’une fratrie de 10 enfants, n’a plus aucun contact avec sa famille ? Pourquoi n’a-t-il pas donné leurs noms ? Pourquoi se renferme-t-il immédiatement lorsqu’il s’agit d’évoquer ses parents ?
« Qu’est-ce qu’il cache ? Qu’est-ce qu’il a pu se passer dans cette fratrie, en proie à des difficultés, sans doute ? », s’est demandé l’avocate générale, dans un ultime espoir d’obtenir des éléments.
Aucune réponse ne sera apportée non plus sur ce qui a poussé cet ouvrier dans une grande entreprise de bâtiment et travaux publics de la région à violer son fils et son chien, « deux êtres vulnérables ».
« Est-ce qu’on peut comprendre une chose comme ça ? a rétorqué l’avocat de l’accusé. Je pense qu’il ne comprendra jamais, mais il sait que ce qu’il a fait, c’est mal. »
Pour le conseil de la victime, ses viols ont été commis « pour satisfaire ses désirs sexuels en profitant de leur vulnérabilité ».
Le sexagénaire a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. Ce qui n’a pas toujours été le cas en trois ans, a rappelé l’avocate générale :
« Il a grandement minimisé les faits. Au début, il disait même n’avoir rien fait à son fils. Lors de la confrontation, il a tenté de l’intimider pour le faire taire. »
L’importance des preuves matérielles
Ce n’est que devant la photo et la vidéo, captées par son fils, le montrant en train de sodomiser la chienne, que l’accusé a avoué. Ce qui a soulevé, encore, une ultime question. Le jeune garçon aurait-il été cru, pour ces faits qualifiés « d’inimaginables » par l’avocate de la Ligue de protection des animaux (LPA), s’il n’avait pas eu la présence d’esprit d’en apporter la preuve matérielle ? « Vous avez sauvé [la chienne] et vous vous êtes sauvé », a affirmé l’avocat du jeune homme.
Ce vendredi, la cour criminelle a condamné R.L.* à une peine de dix ans de réclusion criminelle. Le ministère public avait requis quinze ans. Le sexagénaire devra aussi suivre des soins addictologiques, liés à sa consommation d’alcool, et psychologiques.
Il lui est interdit d’entrer en contact avec son fils et de détenir des animaux. Il en avait 32 chez lui : un chien, des chats, des tortues, des poissons, des hamsters et des oiseaux.
Il devra indemniser son fils (8 000 euros) et la LPA (7 715,26 euros). Il est désormais inscrit au FIJAIS, le fichier des délinquants sexuels.
* L’identité du mis en cause n’est pas donnée afin de respecter l’anonymat de son fils. L’accusé et les parties civiles ont dix jours pour faire appel
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