Cressanges | Mr Cluzy, agriculteur, condamné à 2 ans de prison avec sursis pour les agressions sexuelles de deux jeunes filles

Un agriculteur de l’Allier condamné pour des agressions sexuelles sur deux adolescentes

Illustration justice Photo R Brunel © Richard BRUNEL

Poursuivi pour agressions sexuelles sur deux adolescentes âgées de 15 et de 13 ans au moment des faits, qui s’étaient produits respectivement en 2010 à Cressanges et en 2018 à Noyant-d’Allier, un agriculteur a été condamné à deux ans de prison avec sursis, ce mercredi, par le tribunal correctionnel de Moulins.

Deux adolescentes, âgées de 13 et 15 ans au moment des faits (14 et 23 ans aujourd’hui, l’une d’elles ayant attendu huit ans avant de se déclarer), ont exprimé leur ressenti, mercredi, devant le tribunal correctionnel de Moulins, face à un quadragénaire poursuivi pour des agressions sexuelles commises à Noyant-d’Allier en août 2018, et à Cressanges en juin 2010.

Des tours en tracteur ou en quad

Cet agriculteur leur avait proposé de faire un tour avec lui en tracteur ou en quad. Mais ses mains se sont posées sur leur entrejambe ou sur un sein. Contestant l’agression sexuelle, il a expliqué ces gestes par des fausses manœuvres des engins. Il ne comprend pas ces déclarations des jeunes filles.

« J’étais juste contente de faire un tour de tracteur. Il y a eu à peine une secousse ! »,

dit la plus jeune, son père insistant sur des conséquences « irréversibles » et son conseil, Me Lardans, soulignant :

« A 13 ans, se dire que c’est le pire jour de sa vie… ».

C’est cette plainte de 2018 qui a décidé la plus âgée à se manifester à son tour, 8 ans après les faits.

J’ai piloté le quad et j’ai senti ses mains descendre. Je me suis dit : ce n’est pas possible, je me fais un film. Mais ça a duré. Alors j’ai envoyé le quad contre une clôture. Puis j’ai couru pleurer dans la salle de bain.

La jeune femme, désormais, explique avoir attendu parce qu’elle était

« dans le déni de l’agression sexuelle »

et qu’elle ne voulait pas affecter la famille.

Les deux avocats de la partie civile demandent 5.000 € de dommages et intérêts. La procureure Emmanuelle Fredon requiert 3 ans de prison dont 2 ans avec sursis et mise à l’épreuve.

Pour Me Cluzy, qui plaide la relaxe, « tout est aujourd’hui sexualisé, dramatisé ». L’avocate du prévenu assure que son client n’a pas de problématique sexuelle. « La vérité ne sort pas seulement de la bouche des enfants », dit-elle, rappelant que dans ce genre de dossier, c’est « la parole de l’un contre la parole des autes ».

Le tribunal n’a pas été convaincu. L’agriculteur a été reconnu coupable d’agressions sexuelles, inscrit au FIJAIS (fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles) et condamné à une peine de deux ans d’emprisonnement avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans. Il devra également verser 2.000 euros de dommages-intérêts pour préjudice moral à chacune de ses victimes.

Source : lamontagne

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