Châteauroux | Le beau-père condamné pour abus sexuels sur la fille de 15 ans

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Un beau-père abusif condamné
Un homme de 52 ans a été condamné à 24 mois de prison dont 18 avec sursis mercredi. Il imposait à sa belle-fille de 15 ans des gestes et propos ouvertement sexuels.

“Il n’y avait pas de violence !”

s’écrit immédiatement le prévenu, avant même que la question ne lui soit posée. Âgé de 52 ans, cet homme, père de 9 enfants, vivant de petits boulots, comparaissait pour agression sexuelle et corruption de mineur, mercredi, devant le tribunal correctionnel de Châteauroux.

Pendant plus de 2 ans, de janvier 2017, alors qu’elle a 15 ans, à octobre 2019, il a multiplié auprès de sa belle-fille des gestes et propos choquants, comme cette main qu’il laisse systématiquement traîner sur sa cuisse lorsqu’il conduit et qu’elle est passagère.

« C’est un tic ! Je le fais à ma femme, à mes filles… C’est amical. »

Ces faits, survenus à leur domicile dans le nord de l’Indre et devant témoins, marquent profondément la jeune fille. Elle a choisi d’être représentée par son avocat lors de l’audience.

Le président Christophe Geoffroy détaille quelques épisodes, les claques sur les fesses, les fois où le prévenu demande à l’adolescente de soulever son t-shirt pour vérifier si la lingerie qu’il lui achète est à sa taille, quand il lui impose un simulacre de levrette ou encore quand il lâche :

« Un jour, ton petit ami te prendra par-derrière et tu aimeras ça. Tu seras une vraie cochonne. »

L’homme se promène sans sous-vêtements et adopte un comportement pervers. Alors qu’elle prend une douche, elle découvre qu’un trou a été créé dans le mur de la salle de bains pour l’observer.

Le prévenu nie catégoriquement en être à l’origine, mais la lecture de son procès-verbal de garde à vue indique une autre réponse :

« Si elle a reconnu mon œil au fond du trou, c’est que c’est moi »,

avait alors répondu le quinquagénaire.

Face au président, à tous ses évènements, il veut donner un caractère de « blague », à chacun de ses gestes.

« Elle a pris tout ça au premier degré… Maintenant, je me rends compte que ce n’était pas bien. Ça ne m’apportait rien du tout, et avec mes mots, je l’ai blessée. »

Maitre Brice Tayon, l’avocat de l’adolescente, s’inquiète de cette prise de conscience légère.

« Vous savez ce que sont les violences psychologiques ? »

« Pas plus que ça, avoue l’intéressé, avant de déplorer, maintenant, avec le recul, je suis à peu près sûr qu’elle aura des conséquences. C’était une gamine que je protégeais depuis l’âge de 7 ans. Mais oui, je pense que je lui ai fait du mal psychologiquement. »

Il explique que, tout en continuant à voir son épouse, la mère de la jeune femme dont il est séparé, il n’a plus aucun contact avec sa victime, et ce depuis des années.

« Les faits sont minimisés de manière déraisonnable, pointe Me Tayon. Elle ne s’est jamais sentie crue. Ce n’est que lors de l’épisode où il la plaque sur le capot de la voiture, et qu’il y a un témoin, son petit ami, que les choses bougent. »

C’est la mère de la victime, souffrant de dépression chronique, qui a fini par évoquer la situation lorsqu’elle était hospitalisée, craignant pour sa fille, alors seule avec le prévenu.

« C’est un contexte où il n’y a aucune pudeur, où la victime n’a aucune intimité. Il y a des faits de déviance alors qu’il était son seul repère familial. C’est ça la corruption de mineur, c’est porter sa perversion sur un mineur »,

soulignait la substitut du procureur, Laureline Petitjean.

Elle, comme l’avocat de la victime, rappellent des extraits de l’analyse psychiatrique faisant état d’un trouble psychotique. Le parquet requiert donc 18 mois de prison dont 8 assortis d’un sursis probatoire.

« Je m’excuse d’avoir fait beaucoup de mal »,

conclut le prévenu.

Le tribunal le condamne à 24 mois de prison, dont 18 mois assortis d’un sursis probatoire comprenant une obligation de travail et de soins.

« Et la peine ferme est déclarée non-aménageable, le tribunal estime qu’il n’a pas les éléments nécessaires »,

prévient le président. L’homme devra donc se présenter devant un juge des libertés et de la détention.

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