Blois | Sursis pour un homme qui a harcelé et agressé sexuellement une ado de 15 ans

oui

Pédocriminel En liberté

Il lui envoie jusqu’à plus de 110 SMS certains jours.
Un homme de 38 ans a été condamné à dix mois de prison avec sursis pour avoir agressé sexuellement et harcelé une mineure, à Blois.

Jusqu’à l’obsession.

C’est un homme au profil inquiétant qui a comparu mardi 14 septembre 2021, à la barre du tribunal correctionnel de Blois, en Loir-et-Cher.

Farid (prénom fictif), 38 ans, était jugé pour avoir harcelé et agressé sexuellement une adolescente de 15 ans.

L’affaire débute l’été 2020.

Le prévenu qui connaît le père de la victime, la rencontre à l’occasion d’une partie de pétanque à la Creusille, à Blois.

La jeune fille, fragile et désorientée, tombe sous le charme du trentenaire et lui envoie un SMS où elle déclare l’aimer.

Plus de 110 SMS certains jours

Dans un premier temps, Farid conscient de la différence d’âge ne donne pas suite.

Il déclare:

 « Elle m’a dragué ; je lui ai dit que j’étais beaucoup plus vieux qu’elle mais elle a insisté. »

Quelques jours plus tard, Farid vient au domicile de l’adolescente avec, dit-il, l’accord des parents (qui sont séparés).

Il en profite pour rejoindre la jeune fille dans la salle de bain où il l’embrasse de force et lui caresse la poitrine d’abord sur le t-shirt puis sur le soutien-gorge.

Les cris de l’adolescente alertent ses proches et mettent fin à l’agression.

A la barre, le prévenu jure:

« Je l’ai embrassée mais je ne l’ai pas touchée »,

Mais dans les semaines qui suivent, Farid sature le téléphone de la jeune fille de messages.

Il ne cesse de la relancer, lui envoyant jusqu’à plus de 110 SMS certains jours.

L’homme vient aussi toquer à sa porte, et rôde près de son lycée.

Le père dépose une première plainte en novembre 2020.

Le 29 janvier suivant, c’est la mère qui alerte à son tour le commissariat de Blois.

Elle avait été appelée par Farid qui cherchait sa fille.

La maman a beau lui expliquer que celle-ci n’en peut plus, rien n’y fait.

On soupçonne même le trentenaire d’avoir tenté de foncer avec sa voiture sur le petit copain de l’adolescente.

Un fait qui ne sera pas établi dans la procédure.

Des gardes à vue à répétition

Les policiers le placent en garde à vue une première fois le 2 février 2021 mais son état de santé ne permet pas de l’entendre.

Ce qui n’empêche pas Farid de poursuivre à nouveau la jeune fille de ses ardeurs le jour de la Saint-Valentin.

Dans certains messages, il menace même de mettre fin à ses jours.

Il est nouveau convoqué le 22 février et assure aux policiers que les parents de la petite l’autorisent à la rencontrer.

Un expert psychiatre le rencontre et ne relève aucun trouble.

Alors qu’il continue son entreprise de harcèlement, il est entendu une troisième fois en garde à vue le 17 mai dernier puis, cette fois, placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de contacter la victime.
À l’audience du 14 septembre, l’homme ne semble pas avoir évolué, bien au contraire.

Malgré les larmes de l’adolescente entourée de ses parents et les efforts de la présidente Maggy Deligeon pour lui faire comprendre qu’elle souffre, l’homme ne cesse de répéter qu’il l’aime et se dit prêt à se mettre à genoux.

La présidente lui dira:

« Vos propos inquiètent fortement le tribunal, cette jeune fille est déprimée, votre comportement la rend malade, que faut-il faire pour que vous lui fichiez la paix ? »

Un amour non réciproque

Le trentenaire n’en démord pas:

« Je l’aime, j’ai essayé de ne plus la voir mais je n’y arrive pas. »

La procureure Chantal Moulin-Bernard tente à son tour de le raisonner en haussant le ton :

« Comprenez-vous qu’elle ne vous aime pas ? »

À l’issue de ses réquisitions, la magistrate requiert 1 an d’emprisonnement assorti d’un sursis probatoire renforcé envers le prévenu qui n’a aucun antécédent.
Me Jean-François Herrault, avocat de la famille de l’adolescente, regrette que:

«Le psychiatre qui a examiné le prévenu soit  passé à côté de ce qui s’apparente à un véritable cas d’érotomanie. Il s’imagine à tort que son amour est réciproque. Les conséquences sont lourdes pour cette adolescente qui a dû être déscolarisée. »

Le père de la jeune fille s’avance à la barre:

« Je veux qu’il laisse ma fille tranquille. Cet homme s’est imposé dans notre vie. »

Dix mois de prison assortis d’un sursis probatoire

En défense, Me Jean-François Mortelette explique que son client est tellement enfermé dans son obsession que seul un long travail psychologique permettra de le ramener à la raison:

« Il a été très marqué dans sa vie par un grave accident du travail suivi du départ de son épouse. »

Le tribunal a condamné Farid à dix mois d’emprisonnement assortis d’un sursis probatoire d’une durée de trois ans comprenant une obligation de soins et l’interdiction de contacter la jeune fille et sa famille.

Son nom sera inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Il devra verser 2.200 € à l’adolescente pour son préjudice moral et 900 € à sa mère.

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