Cernay-la-Ville | Un homme condamné pour avoir téléchargé de la pédopornographie
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 28/01/2026
- 20:01
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Il a tourné en rond toute la journée dans la salle des pas perdus du tribunal de Versailles.
Anxieux. Torturant ses mains osseuses.
N’ouvrant même pas le volumineux livre qu’il avait emporté pour patienter.
Ce mercredi 21 janvier 2026 était le jour de vérité pour Nicolas, 39 ans.
Le jour pour cet ingénieur capé de diplômes de rendre des comptes à la justice.
Car entre mars 2021 et janvier 2025, il a assouvi une sordide excitation pour les vidéos à caractère pédocriminel depuis sa maison de Cernay-la-Ville, un petit village de 1500 habitants situé dans la pointe sud des Yvelines.
C’est dans le huis clos de son télétravail, femme et enfants partis, qu’il pouvait passer des journées entières devant des images « franchement dégueulasses » comme les a qualifiées le juge.
Au cours du procès, le magistrat s’est largement inquiété des autres habitudes de Nicolas.
Notamment celle de prendre en photo des adolescentes lors des vacances estivales, sur la plage notamment.
Dénoncé par sa femme Nicolas est tombé le 18 février 2025.
Deux semaines auparavant, son épouse a découvert une clé USB contenant des vidéos pornographiques.
Elle n’en a pas dormi. À 5 heures, n’y tenant plus, elle s’est décidée à aller fouiller l’ordinateur familial.
De dossier en dossier, elle a fini par trouver : des photos, des vidéos qui mettent en scène des adolescentes.
Il y en a même qui sont celles des enfants d’un ancien collègue de son mari.
Elle pousse donc la porte de la gendarmerie de Chevreuse.
Aux militaires, elle raconte : une vie sentimentale compliquée, un mari complètement accro à son téléphone portable depuis deux ans.
Le 20 février, Nicolas rentre d’une randonnée dans le massif de la Chartreuse.
Les gendarmes sont là. Ils emportent avec eux tout ce qui touche de près ou de loin à de l’informatique.
L’ensemble est confié à la Ntech, des enquêteurs spécialisés dans les technologies numériques.
Un guide du viol
Un an plus tard, lundi 19 janvier 2026, Nicolas est convoqué puis placé en garde à vue.
Les gendarmes ont découvert les traces de 10 000 fichiers effacés, réels ou créés par l’intelligence artificielle.
Ils ont aussi mis la main sur des photos prises par Nicolas pendant ses vacances.
Ces clichés volés montrent des adolescentes, souvent en maillot de bain.
Elles sont notamment concentrées sur les poitrines.
Dans la saisie, il y a aussi un document inimaginable.
Il s’agit d’un guide intitulé :
“Comment avoir des relations sexuelles avec des très jeunes filles en toute sécurité”.
78actu vous passera les détails de son contenu.
Il a commencé la pornographie avec les K7 de papa
Confronté à l’ensemble, Nicolas reconnaît tout, comme il l’avait déjà fait lors de sa première audition en 2025.
Il se livre sans retenue, dévoilant ses habitudes quotidiennes et ce qu’il pense être la genèse du tout.
L’homme profite de chaque instant de solitude pour s’adonner à son vice.
Il récupère les fichiers sur le Dark Web puis se livre à des plaisirs solitaires, plusieurs par jour, « parfois du matin au soir. »
Et c’est une véritable dérive du sexe qui ressort de sa vie.
« J’ai commencé à regarder de la pornographie vers l’âge de 8 ans. C’étaient les K7 VHS de mon père, ce qu’il enregistrait sur Canal +. J’étais premier de la classe et je n’avais pas d’amis. Et puis j’ai eu de l’attirance pour les jolies filles des séries télé. Étudiant, j’ai eu mon ordinateur. Et je me suis mis à consommer encore et encore de la pornographie. Mais à force, je n’éprouvais plus d’excitation. Il me fallait quelque chose de nouveau. Alors, je suis allé vers d’autres contenus avec des adolescentes. »
L’homme raconte comment il a dérivé vers du manga du même tonneau.
« J’avais l’impression que c’était moins pire. Il y avait mes enfants qui grandissaient (ils ont 6 et 9 ans : Ndlr). Je commençais à faire le lien avec ce que je regardais. Les âges étaient trop proches… »
« Je recherchais l’excitation »
Et puis, il y a ces photos volées.
Ces photos de jeunes inconnues sur la plage, en maillot ou en tenue estivale légère.
« J’ai eu envie de les collectionner. J’étais dans une recherche de l’excitation. Dès que j’en avais l’opportunité, je prenais des images au hasard sur la plage ou dans les lieux publics. »
De quoi faire bondir le président :
« Ça nous inquiète. On ne va pas se mentir. C’était quoi la phase d’après ? »
Nicolas assure qu’il n’y en avait pas.
« Et pour les téléchargements ?, questionne le magistrat. Vous rendez-vous compte que vous avez participé de manière active à ce que des bébés soient violés ! Vous avez été complice de la criminalité organisée ! »
Torturant ses doigts, le prévenu assure avoir failli à l’annonce de deux maladies graves successives.
« Et je trouvais ça excitant les corps de jeunes. »
Le tout en avouant éprouver encore aujourd’hui une attirance pour elles.
« Quand c’est trop fort, je sors faire du sport. J’appelle mes parents. Et je compte sur le suivi avec l’Antenne de psychiatrie et de psychologie légales (APPL) de Plaisir. Cela fait un an que j’y suis. »
Comment voit-il son avenir ?
« Je vais devoir être soigné toute ma vie. Je le sais. Je dois décompenser de tout ça, comme un alcoolique. Je ne sais pas encore ce qui va se passer avec ma femme, mes enfants. Je veux être présent pour eux. J’ai peur. »
Cette peur, le parquet la partage :
« En entendant cela, je ne peux que m’inquiéter du risque de renouvellement des faits. Il savait que c’était interdit. Et il l’a fait. Il a montré une vraie motivation pour aller sur le Dark Web. »
Son avocate, Cécile Naze-Teulié, partage le sentiment général.
« Oui, ces images, sa personnalité… Tout cela est dégueulasse. Nous sommes tous d’accord et lui le premier. Aujourd’hui, c’est un homme qui a honte. Mais un homme qui se soigne, de manière très assidue. Un homme qui a voulu tout dire et ne rien cacher. L’envoyer en détention serait un drame. Car ce serait pour lui l’arrêt de son groupe de parole et de ses soins. »
Tard dans la soirée, le tribunal a rendu sa décision, conforme aux réquisitions.
Nicolas a écopé de 4 ans de prison, dont 3 ans avec sursis probatoire.
La partie ferme, 12 mois, pourra être aménagée.
Son nom a été porté au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.
Toute activité professionnelle ou bénévole avec des mineurs lui a été interdite.
Retirant ses lunettes, essuyant ses larmes, Nicolas s’est réfugié dans le conseil de son avocate pour comprendre que, ce soir, il ne dormirait finalement pas en prison.
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