Besançon | L’enfance volée d’une mineure abusée

Victime de viol à l’âge de 5 ans, et d’attouchements sexuels à 13 ans. À chaque fois, il s’agissait d’un compagnon de passage de sa mère.

Le pédocriminel  n’est condamné qu’à 1 an de prison ferme et la mère complice a été condamnée à six mois de prison de ferme. Au courant de ce qui se passait elle intimait l’ordre à sa fille de ne pas en parler à son père.

La collégienne, 13 ans, est présente à l’audience correctionnelle. Elle surmonte son émotion et regarde les deux mis en cause, son bourreau et sa propre mère, assis face à elle, libres.

Sa maman n’a jamais pris la peine de la défendre et de porter plainte à l’encontre de celui qui se livrait à des attouchements sexuels sur elle.

Sa génitrice, chez laquelle elle passait la plupart de ses week-ends, a pourtant tout vu, juste avant Noël 2016. Elle a laissé les faits se reproduire jusqu’en mars dernier. Elle intimait l’ordre à sa fille de ne pas en parler à son père, qui en a la garde quasi exclusive.

L’adolescente a dû se débrouiller seule pour révéler l’affaire. Elle en a parlé à ses copines de classe qui, à leur tour, ont alerté la direction du collège. L’équipe pédagogique a écouté la victime, puis convoqué son père et sa belle-mère.

Une plainte a été déposée à la police. Interrogée à deux reprises, l’enfant n’a jamais changé de version.

« Il me rejoignait dans ma chambre et s’approchait de moi, toujours par-derrière. Je sentais ensuite ses mains sur ma poitrine et le bas de mon ventre. Ses gestes se faisaient sur et sous mes vêtements. »

Elle a toujours affirmé ne pas avoir été pénétrée, de quelque manière que ce soit. Son lourd passé lui en donne la certitude. Elle a été violée à l’âge de 5 ans par un amant de sa mère.

Celui-ci, récidiviste, jugé aux Assises à l’époque, purge actuellement une lourde peine de prison. La maman est énergiquement prise à partie par la présidente du tribunal.

« Vous aviez un plan sexuel régulier avec le prévenu. Il allait ensuite tripoter la petite. Vous le saviez », tonne la magistrate.

« Comment avez-vous pu laisser faire les choses alors que vous pouviez lui interdire de revenir ? »

« Je n’ai rien fait parce que j’avais trop peur des représailles », souffle la maman. « J’ai une allocation handicapée, à vie. Je ne comprends pas certaines choses. Après, j’oublie. »

Le prévenu nie les faits :

« C’est elle qui m’a séduit. Elle a demandé que je lui donne ma main et l’a déposée sur sa poitrine. Comme elle est formée et qu’elle paraît avoir 15 ans, je me suis fait avoir. Elle a voulu aller plus loin, j’ai refusé. »

Les magistrats sont consternés. La maman prend la défense de sa fille et affirme, d’après ce qu’elle a vu, que « la petite est bien la victime ».

Edwige Roux-Morizot, la procureure, fustige la mère et son incapacité manifeste à protéger sa fille. Elle dénonce ensuite l’attitude aberrante du prévenu à l’audience.

Elle requiert 12 mois avec sursis à l’encontre de la première, 24 mois assortis d’un faible sursis pour le second.

Christophe Bernard, l’avocat du père de la victime, note le courage de l’enfant. Il réclame une indemnisation pour elle.

Emine Erdem-Devaux, avocate de la défense, insiste sur l’absence d’antécédents judiciaires du prévenu.

Le tribunal tranche: La mère écope de 6 mois ferme et son amant pédocriminel de 1 an ferme.

Ils devront payer en tout 7 000 € au titre du préjudice moral de l’adolescente (2 000 € pour la mère, 5 000 € pour le pédocriminel).

Le sexagénaire est désormais inscrit au fichier des délinquants sexuels, pour 20 ans.

Source: Est Republicain

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