Alençon | Un kiné condamné à huit mois avec sursis pour agression sexuelle sur un garçon de 16 ans

Un masseur-kinésithérapeute a été jugé par le Tribunal de Grande Instance d’Alençon (Orne) jeudi 30 août 2018 pour agression sexuelle et diffusion d’images pornographiques.

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Que s’est-il réellement passé dans le cabinet de ce kinésithérapeute ornais courant janvier 2018. Des gestes professionnels mal compris par le garçon ? Ou une agression sexuelle caractérisée ?

C’était l’enjeu des débats jeudi 30 août 2018 lors de l’audience correctionnelle qui s’est tenue à huis-clos à la demande de la partie civile.

La jeune victime, un garçon de 16 ans, est absente. Ses parents, eux, sont venus.

Pour témoigner et affronter cet homme âgé de 47 ans qui aujourd’hui, en pleurs, s’excuse et va expliquer au fil de l’audience son mal-être et sa dépression.

Au départ, l’affaire se résume à un signalement des parents.

Leur fils vient de leur expliquer se sentir mal à la suite de sa dernière séance avec son kiné (il en a suivi quatre).

Souffrant de l’épaule, il aurait subi des massages au ventre, et la main du kiné aurait caressé son sexe.

Son caleçon aurait même été baissé.

Le professionnel explique utiliser une technique particulière et assure que ces gestes n’étaient pas déplacés mais pouvaient avoir pour conséquence chez certains patients des érections.

Mais quelques jours avant cette visite, le garçon a reçu sur son téléphone portable une photo à caractère sexuel montrant deux hommes.

L’enquête des policiers mettra en évidence que le numéro correspond à celui du kiné.

À partir de cet instant, les parents décident de porter plainte.

Lors de sa garde à vue, le quadragénaire confiera avoir été victime d’une agression sexuelle durant son enfance, dont il n’avait jamais parlé.

Des problèmes financiers l’ont contraint à augmenter sa charge de travail.

Suivi pour dépression depuis un an, il indique avoir des contacts avec des hommes au téléphone alors qu’il vit en couple depuis 18 ans mais la relation est au plus mal depuis un certain temps.

« Vous avez demandé au garçon de ne pas parler de la séance à ses parents », s’interroge le président d’audience.

« Je ne me rappelle pas », répond le prévenu.

Lors de son audition, il avait indiqué avoir envoyé la photo « par erreur » mais là-aussi il dit ne plus vraiment se souvenir.

Prenant la parole, la mère de la victime décrit un adolescent « traumatisé », qui ne veut plus aujourd’hui évoquer ces faits.

« C’est un dossier très désagréable », fait savoir l’avocate de la partie civile.

« Nous ne nous laissons pas duper par les différentes versions du prévenu.

Les choses ont dérapé ce jour-là ».

Elle sollicite 2 000 € de dommages et intérêts.

La substitut du procureur ne cache pas son inquiétude :

« Nous avons face à nous une personne effondrée qui fait part de ses regrets mais sa position inquiète le ministère public car il continue de nier les faits…

Il n’y a encore aucune réflexion sur ce passage à l’acte ».

Elle requiert un an de prison avec sursis et mise à l’épreuve durant trois ans avec inscription au FIJAIS (fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infraction sexuelle).

L’avocat de la défense plaide la relaxe, argumentant qu’il n’y a pas eu de faute dans la façon d’exercer, « mais des différences de perception ».

Il fait savoir aussi que l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes a été prévenu par le professionnel lui -même.

Le prévenu a été condamné à huit mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve durant deux ans.

Il est soumis aux obligations de soins, de travail et l’interdiction d’entrer en contact avec la victime.

Son nom est désormais inscrit au FIJAIS.

Source : Actu

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