Laon | Sept ans de détention pour un grand-père incestueux
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 11/09/2026
- 17:13
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Le prévenu étant atteint de surdité, les magistrats étaient contraints de parler fort pour relater les faits. Des faits particulièrement durs, même dans une salle de tribunal habituée à entendre des histoires sordides.
L’homme de 65 ans comparaît pour des agressions sexuelles sur trois personnes, dont deux fillettes entre 2017 et 2021. Combles du sordide, les deux jeunes sont ses petites-filles.
Ces scènes d’agressions sexuelles ont eu lieu lors d’une sortie à la chasse, ou au sein du domicile de couple de retraités. Le grand-père imposait une relation très proche avec les plus jeunes filles de la famille. Mais cette proximité ambiguë a fini par virer au malsain.
À l’une, il propose des conseils salaces pour se « masser les seins ». Il finira par glisser ses mains dans son soutien-gorge. À la deuxième, il la force à le masturber, sans se soucier du refus de l’enfant.
C’est la mère d’une des adolescentes qui donne l’alerte. Après un séjour forcé en hôpital psychiatrique, le sexagénaire se retrouve devant la justice. Devant les enquêteurs, il reconnaît la plupart des faits. Mais ses propos restent évasifs, ce que ne manquent pas de constater les magistrats lors de l’audience de ce jeudi 4 juin.
S’il assure regretter ses actes et demander pardon, il dément la plupart des faits relatés par les victimes.
« J’ai juste effleuré les seins de ma petite-fille »,
Assure-t-il alors que l’intéressée parle d’attouchements ayant duré 10 minutes…
Une autre femme, proche du couple de retraités, fait aussi partie des victimes reconnues. La quadragénaire s’est manifestée quand elle a appris les faits envers la propre famille du prévenu. Là aussi, les avances sont tout aussi sordides, et il les réitère jusqu’à ce qu’elle cède.
« Il me disait : « ça fait 15 ans que je ne fais rien avec mon épouse », témoigne la jeune femme en pleurs à l’audience. J’ai honte de ce qu’il m’a fait. Qu’il avoue au moins une fois, qu’il assume ! »
Car le prévenu se montre là aussi très vague, ce qui insupporte les victimes, toutes en larmes, ainsi que leur avocat.
« Tu aurais dû être un refuge, un modèle (…) pour ta petite-fille, mais tu as tout détruit », s’insurge Me Bouchaillou en citant une lettre laissée par l’une des victimes. « Quand elles entendent leur grand-père dire qu’elles mentent, c’est comme un nouveau viol ! Et lui, il se défend avec une structure perverse, il comprend seulement maintenant ce qu’est un pédophile. »
Une réquisition dure par peur d’une récidive
Du côté du parquet, on redoute une récidive, d’où une réquisition très dure : neuf années de prison, dont deux de sursis et un suivi sociojudiciaire durant 5 ans.
La tâche de Me Des Rivières Pigeon, l’avocate du prévenu, paraît d’autant plus ardue. « Lors de son hospitalisation, j’ai rencontré un homme infiniment triste, apeuré, mais il reconnaît les agressions sur ses petites filles. Aujourd’hui tout lui est reproché, ses trous de mémoire, sa surdité, même ses aveux ! »
L’avocate plaide la relaxe concernant la victime majeure « au bénéfice du doute », et une alternative à la prison ferme. « Sa place n’est pas en détention, il a compris la gravité de ses actes. »
La peine sera finalement moins lourde que les réquisitions du parquet, mais le sexagénaire part quand même sept ans en prison, il devra dédommager les trois victimes, et son nom est désormais inscrit au fichier des délinquants sexuels (Fijais).
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