Beauval-en-Caux | Trois ans de sursis pour agression sexuelle sur son arrière petite fille

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“Je ne sais pas comment cet ADN est arrivé là”
« Peut-être que j’ai fait un mauvais mouvement » : Mardi 19 mai 2026, un homme de 86 ans a été condamné à trois ans de prison avec sursis. Il a été reconnu coupable d’agression sexuelle sur son arrière-petite-fille.

L’ADN est-elle la reine des preuves ?

Si les feuilletons policiers ont tendance à nous dire que oui, mardi 19 mai 2026, l’avocat du prévenu poursuivi pour agression sexuelle à l’encontre de son arrière-petite-fille à Beauval-en-Caux près de Dieppe (Seine-Maritime) en octobre 2019, a émis de sérieux doutes.

« L’ADN, c’est la preuve imparfaite. On ne peut pas condamner quelqu’un juste pour l’ADN » assure le défenseur du prévenu devant le tribunal correctionnel de Dieppe.

Le prévenu, est un homme de 86 ans, il en avait 79 au moment des faits. Ayant été victime de multiples AVC, il ne peut pas se tenir debout à la barre et entend mal. Malgré ses difficultés physiques, il n’a aucune hésitation au moment de réfuter l’ensemble des faits qui lui sont reprochés.

Il est poursuivi par sa petite-fille et son compagnon qui l’accusent d’avoir agressé sexuellement leur fille, âgée de 4 ans le 16 octobre 2019. Ce jour-là, un mercredi, la petite famille est en visite chez les arrière-grands-parents. C’est un moment important puisque c’est la première visite qu’elle rend à ces derniers depuis leur réconciliation. Les deux parties s’étaient déchirées autour d’une histoire d’héritage.

Les faits surviennent alors que le prévenu reste seul quelques instants avec son arrière-petite-fille.

En revenant dans le salon, les parents de la victime découvrent la petite fille sur ses genoux. Une situation inhabituelle puisque l’homme de 79 ans est réputé assez peu tactile avec les enfants.

Le soir, une fois rentrée chez elle, la victime demande à ses parents de « refaire des guilis comme papy ». Elle finit par se plaindre également de douleurs à l’entrejambe.

La mère de la petite fille décide alors d’appeler la gendarmerie. Devant les militaires, la victime continue d’évoquer les « guilis » et indique sur une poupée que son arrière-grand-père l’a touchée au niveau du sexe.

Durant les sept années de procédure, jamais la petite fille ne va changer de version.

Entendu, son arrière-grand-père nie tout de suite les faits. Il explique en audition, puis à la barre ce mardi 19 mai, qu’elle n’arrêtait pas de lui sauter sur les genoux.

« Son pantalon n’arrêtait pas de tomber » se défend-il. Il se serait contenté de le remonter.

Les accusations dont il est l’objet seraient une vengeance de la part des parents de l’enfant « pour cette histoire d’héritage ».

Le prévenu assure également que la victime se plaignait déjà de douleur au niveau de l’entrejambe. « Elle mettait très souvent sa main dans sa culotte et sa mère lui a dit qu’elle allait remettre de la pommade. » Une version démentie par les parents de la petite fille.

Mais ce dossier n’est pas celui de la parole de l’un contre celle d’une enfant. Au cours de l’instruction, des prélèvements ADN ont été effectués à l’intérieur de la culotte que portait la jeune victime ce jour-là. On y retrouve son ADN, celui de sa mère mais aussi un troisième… celui du prévenu.

« L’ADN n’est pas sur les côtés, il est à l’intérieur » rappelle la présidente à l’octogénaire.

Ce dernier a du mal à expliquer la présence de son ADN à cet endroit.

« Elle sautait tellement sur moi, pour pas qu’elle ne tombe j’ai dû la retenir et peut-être qu’à un moment, j’ai fait un faux mouvement. »

Il n’y aura rien de plus de sa part.

« Ma main a peut-être dérapé, je sais pas quoi, mais je n’ai jamais fait de guilis » assure-t-il encore.

« On ne peut pas condamner monsieur sur la parole de l’enfant et de l’ADN. Je suis comme vous, je ne sais pas comment cet ADN est arrivé la » tente l’avocat du prévenu.

« À quatre ans, on est incapable de calcul »

Rappelle l’avocate de la partie civile quand la substitut de la procureure, de son côté, demande que l’octogénaire soit condamné à quatre ans de prison dont deux avec sursis. Le prévenu a finalement été reconnu coupable et condamné à trois ans de prison avec sursis.

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