Toulouse |Six hommes jugés jeudi 25 juin 2026 au tribunal de Toulouse pour avoir tenté de rencontrer un homme qui disait avoir 14 ans.
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 02/09/2026
- 15:50
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Alignés en rang d’oignon devant la présidente de l’audience, les cinq prévenus sont tendus. Il y a deux ans, ces quatre hommes homosexuels âgés de 30 à 57 ans ont été pris dans des guets-apens (individuellement), alors qu’ils pensaient avoir rendez-vous avec un adolescent de 14 ans rencontré sur Grindr ou sur Coco.gg.
Après avoir été entendus en tant que victimes, ils font face aux magistrats du tribunal correctionnel de Toulouse, ce jeudi 25 juin 2026. Un 6e prévenu, Tom Dubois-Robin, ancien candidat LFI aux législatives dans les Pyrénées-Atlantiques, n’a pas pu se présenter à l’audience.
Il est jugé comme les cinq autres pour « propositions sexuelles faites à un mineur de moins de 15 ans suivies d’une rencontre ».
Parmi les prévenus, on compte aussiLaurent Fauré. Localement, ce nom n’est pas étranger : au moment des faits, il était conseiller municipal délégué aux festivités à la mairie de Muret.
Les faits ont lieu fin 2024, entre Seysses et Muret. Les six hommes traînent alors sur Grindr ou sur Coco.gg. Ils entrent en discussion avec un jeune qui indique rapidement avoir 14 ans. Cela ne les arrête pas. La discussion continue, la plupart du temps des échanges à caractère sexuel ont lieu, impliquant parfois des photos.
Un rendez-vous finit par être proposé, généralement par celui qui se dit être adolescent. Tous les prévenus se déplacent jusqu’au lieu indiqué. Ils tombent dans le piège qui leur a été tendu : des jeunes, parfois cagoulés, les attendent. Ils les frappent, les humilient et les insultent en les filmant.
La Ligue anti-pédophiles
Au terme d’une dizaine d’agressions, les gendarmes finissent par mettre la main sur les membres de la « ligue anti-pédophiles » qui organisait ces guets-apens. Ils sont jeunes, certains ont 17 ans. Aux gendarmes, ils montrent les vidéos des adultes qu’ils ont pris au piège. Grâce à ces images et à l’enquête menée consécutivement, les militaires finissent par remonter jusqu’aux mis en cause. Ils seront finalement interpellés au mois d’octobre.
Tandis que les jeunes à l’origine des guets-apens ont été rapidement jugés, six des victimes de leurs agressions ont été poursuivies pour leur avoir proposé des relations sexuelles et être allé à leur rencontre, alors qu’ils se présentaient comme des mineurs de moins de 15 ans. Les voilà devant les magistrats deux ans plus tard.
« Tu es prêt à faire des trucs avec un adulte ? »
« La personne avec qui vous discutiez s’est présentée comme ‘vraiment jeune’», souligne la présidente de l’audience Nadège Pujo-Menjouet. Face à elle, l’ancien élu muretain de 56 ans, déjà condamné en l’an 2000 pour « agression sexuelle par personne abusant de son autorité », est défendu par l’illustre Me De Caunes. Il est le seul des six prévenus à avoir rencontré son interlocuteur sur le site Coco.gg (les autres utilisaient Grindr).
La présidente dissèque les messages échangés. Il y a une photo du visage du jeune homme, ainsi qu’une photo de son sexe.
Rapidement,« il dit, j’ai 14 ans mais je fais plus vieux ». « Ah oui quand même, c’est vraiment jeune », répond alors Laurent Fauré. Il lui pose des questions sur « les plans qu’il a déjà fait », lui demande s’il veut le voir. « Tu es prêt à faire des trucs avec un adulte ? », demande l’ancien élu municipal, toujours en poste au moment des faits.
Celui avec qui il converse lui retourne la question :
« Oui, et toi, tu es prêt à faire des choses avec un petit ? (ndlr : ceci est une incitation. Les traqueurs de pédocriminels sérieux ne font jamais ça) » Le quinquagénaire écrit alors : « J’ai envie d’essayer mais j’ai pas envie d’avoir de problèmes. J’aime bien les jeunes mais au moins majeurs. J’ai peur, mais j’ai envie de tester. »
Pour qu’on le relâche, il dit qu’il est élu municipal
Un point de rendez-vous finit par être donné. En arrivant, le prévenu aperçoit sur un banc un garçon qui ne ressemble pas aux photos. Il tente de faire demi-tour, en vain. Sa voiture estbloquée par les fameux jeunes qui l’agressent à coups de poing. La voiture de l’élu est dégradée, il est traité de pédophile. En tentant de se défendre, il précise même qu’il est élu municipal pour que les jeunes le relâchent, détaille Mme Pujo-Menjouet.
Questionné, le quinquagénaire assure qu’il « a fait demi-tour car il ne voulait finalement pas rencontrer la personne » et qu’il avait complètement omis l’âge de son interlocuteur. « J’y ai été par curiosité, pas dans l’optique d’avoir une relation sexuelle, je voulais voir qui c’était. »
Et d’insister sur le fait qu’il n’a jamais eu d’échange à caractère sexuel avec un mineur auparavant.
Ecarté de la majorité municipale mais indemnisé encore plusieurs mois
Au moment des faits, Laurent Fauré avait été écarté de la majorité municipale par le maire André Mandement (PS). “On lui a demandé de se mettre en retrait de l’équipe le temps que les choses s’éclaircissent”, explique le premier édile, contacté par Actu Toulouse. A ce moment-là, il n’a cependant pas démissionné et a continué de toucher ses indemnités pendant près d’un an. Jusqu’à ce que sa délégation lui soit retirée, courant 2025.
Tom Dubois-Robin, absent mais représenté
Quid de la seconde personnalité politique concernée par les poursuites ? Au moment des faits, Tom Dubois-Robin – ex-candidat de l’union de la gauche dans la 6e circonscription des Pyrénées-Atlantiques et figure locale des Gilets jaunes à Hendaye – était venu rendre visite à de la famille en Haute-Garonne.
Le politicien de 34 ans rencontre son interlocuteur sur Grindr. Sur le profil de ce dernier, il est écrit qu’il a 18 ans. Mais très vite, il indique avoir « 14 ou 15 ans », selon la déposition de Tom Dubois-Robin. Ce dernier répond qu’il est désolé et qu’il s’agit d’une erreur mais, vu les photos et la discussion, il explique qu’il reste convaincu que le jeune a au moins 18 ans. À tel point que selon ses dires, il a omis avoir appris qu’il était mineur.
« J’avais complètement sorti ça de ma tête,j’aurais dû stopper net la discussion à l’annonce de son âge, mais je pensais avoir affaire à un majeur », justifiera-t-il lors de son audition en octobre 2024.
Il sera finalement poursuivi, mais ne s’expliquera pas devant les magistrats : son avocatMe Antoine Tugas précise à Actu Toulouse qu’il n’a pas pu y assister pour des raisons médicales. Mais dans cette affaire, insiste l’avocat, son client a d’abord été convoqué comme victime et il a parlé de l’âge présumé du faux adolescent avant même d’être mis en cause.
« Ici, la victime se retrouve prévenu, du jour au lendemain », déplore Me Taugas.
Délibéré fin juillet
Les mis en cause seront-ils finalement condamnés pour leurs actes ? La qualification des poursuites s’appuie notamment sur le terme de « propositions sexuelles » : reste à voir si elles seront caractérisées, étant donné que la plupart des mis en cause ont été contactés par le faux adolescent et qu’il a proposé les rendez-vous – et non l’inverse. (ndlr : pour cette raison, ils devraient être relaxés. Ces ligues genre “Ligue Anti-Pédophiles” sont des abrutis qui provoquent, frappent et volent)
Suite à l’audience du 25 juin, les magistrats ont indiqué que le délibéré sera rendu le 28 juillet 2026.
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