Strasbourg | Six ans ferme pour François Calvez, entraineur pédo

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“Il est ultra dangereux. La pulsion le guide.”
Mercredi 3 juin, un homme de 40 ans a été jugé devant le tribunal judiciaire de Strasbourg pour agression sexuelle sur mineur. Connu comme entraîneur d’équipe minime, il a été surpris en avril 2025 à Illkirch-Graffenstaden la main dans le short d’un garçon de 11 ans.

Le prévenu n’a pas laissé de bons souvenirs dans les clubs où il est passé.

« On vous surnommait le pédophile car vous étiez souvent avec les petits », observe le président Michaël Da-Lozzo.

Si le mis en cause n’avait aucune fonction officielle à l’AS Portugais à Strasbourg ou à la FAIG dIllkirch-Graffenstaden, consigne avait été passée de ne jamais le laisser seul avec des enfants.

Le soir du mercredi 30 avril 2025, une maman le reconnaît, attablé au McDonald’s d’Illkirch-Graffenstaden avec un garçon sur les genoux. L’homme a une main glissée dans le short du petit, absorbé par le visionnage de vidéos sur un portable.

La témoin prévient la police puis le filme. Elle suit l’individu et l’enfant qui se dirigent à un arrêt de bus. Là, il rassoit le garçon sur ses cuisses, remet la main dans le short. Il n’arrête qu’à la vue des policiers, auxquels il prétend être l’oncle de l’enfant.

Quand les agents lui demandent de voir son téléphone, l’homme leur précise qu’ils vont trouver des photos d’enfants dénudés. Quand la police va perquisitionner chez lui, sa mère avec laquelle il vit demande si cela un lien avec des enfants. Les fonctionnaires trouvent des vidéos, des photos, des recherches sur Internet à caractère pédocriminel…

« Il y avait une rumeur selon laquelle il était bizarre, qu’il fallait s’en méfier », s’agace la mère qui voudrait comprendre pourquoi le mis en cause a ciblé son fils.

Lui n’a pas d’autre réponse que : « Je le connaissais. » Il a soudoyé son grand frère, âgé de 15 ans, lui donnant de l’argent pour que son petit frère l’accompagne. L’homme offrait des habits, des friandises, les invitait au fast-food. Ce fameux mercredi, il avait persuadé la victime qu’il irait à la piscine de Hautepierre avec d’autres copains. Il s’est retrouvé seul avec l’adulte.

« Il n’arrive pas à assumer ce qu’il est »

« C’est la chronique d’une agression sexuelle annoncée, déplore la procureure Alexandra Chaumet. Il met tout en œuvre pour arriver à ses fins. »

La magistrate décortique son mécanisme d’emprise sur la victime qu’il a habitué à sa présence. « Il est ultra dangereux. La pulsion le guide. »

« Il n’arrive pas à assumer ce qu’il est, ses attirances, résume M e Emmanuelle Florentin en défense. Cela le rend envahi de complexes et induit ses comportements. » Elle évoque le « fond pathologique » de son client qui nécessite surtout des soins qu’une longue peine de prison.

« C’est impardonnable ce qu’il a fait »

François Calvez est condamné à six ans de prison avec maintien en détention. L’altération du discernement a été retenue. En peine complémentaire, il aura à sa sortie de détention un suivi sociojudiciaire (SSJ) pendant dix ans avec injonction de soins et obligation de travail. Il a interdiction d’entrer en contact avec la victime ou ses parents. L’interdiction définitive de tout métier en contact habituel avec des mineurs est prononcée. Il devra verser 7 000 € au titre du préjudice moral de sa victime et de ses parents.

Ses derniers mots furent des regrets.

« Ses excuses, je n’en veux pas, a déclaré la mère. C’est impardonnable ce qu’il a fait. »

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