Nice | Joël Calmet, 73 ans prend deux ans pour attouchements sexuels sur mineures

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« Il parlait d’enfants et cela le faisait jouir »
photo d'un attouchement_sexuel sur mineure
Le tribunal correctionnel de Nice a rendu son verdict ce lundi 11 mai 2026. Joël Calmet, ancien pilote de chasse de 73 ans, était jugé pour des agressions et atteintes sexuelles commises en 2013 sur deux mineures, dont sa fille.

Déjà condamné par défaut le 30 septembre 2025 à quatre ans d’emprisonnement avec mandat d’arrêt, le septuagénaire avait finalement pris contact avec les autorités à l’automne et avait été placé sous contrôle judiciaire.

« Devenu tout minable, il chouinait »

Novembre 2019, une collégienne se confie à l’assistante sociale de son établissement à Nice. Elle déclare avoir subi, plusieurs années auparavant, en 2013, des attouchements sexuels répétés de la part de l’ami de sa mère, Joël Calmet, par qui elle et sa sœur étaient parfois gardées.

À l’époque, l’adolescente ne savait pas que le mis en cause était en réalité son père. Sa grande sœur aurait également subi des faits similaires. Lors de son audition, la mère des victimes avait expliqué ne pas avoir porté plainte afin d’éviter « de faire du mal à toute la famille ».

Face aux enquêteurs, elle avait relaté avoir confronté Joël Calmet après les révélations de ses filles.

« Il est devenu tout minable, il chouinait. Il a dit qu’il voulait leur apporter de la douceur », avait-elle déclaré.

Des explications ambiguës

Les fillettes évoquent des faits commis alors qu’elles avaient 5 et 8 ans. L’aînée se souvient notamment d’une scène survenue au domicile parentale. À la barre, Joël Calmet reconnaît, ce jour-là, certains gestes tout en contestant toute intention sexuelle.

Le septuagénaire raconte un épisode de « chatouilles » au cours duquel la fillette aurait insisté pour jouer à un jeu à connotation sexuelle en s’allongeant sur le lit. La petite fille de 8 ans lui aurait lancé  : « Fais de moi ce que tu veux ».

« J’ai joué le jeu pour ne pas la déstabiliser », affirme-t-il.

La présidente Agnès Vadrot le reprend immédiatement  : « Donc de jouer le jeu sexuel avec elle  ? » Le prévenu raconte « des bisous sur le ventre » et « un sur le mont de Vénus ».

Durant l’enquête, l’ancienne compagne du prévenu a livré des déclarations particulièrement accablantes. Elle a affirmé que Joël Calmet nourrissait des fantasmes impliquant des enfants.

« Il parlait d’enfants et cela le faisait jouir », avait-elle déclaré aux enquêteurs.

Pattaya  : « le point culminant de ce tourisme sexuel »

Les fréquents voyages en Thaïlande du prévenu ont aussi été évoqués à l’audience. La partie civile, représentée par Me Bénédicte Page-Cohen a dénoncé « une réputation inquiétante » ainsi qu’« une maison à Pattaya », présentée comme « le point culminant de ce tourisme sexuel ».

Dans ses réquisitions, la procureure Sabine Neale a rappelé que l’affaire ne relevait pas d’une « judiciarisation forcée » des enfants ou de leur mère. Et a notamment requis 30 mois d’emprisonnement ferme avec effet différé, 10 000 euros d’amende.

« L’ancienneté des faits n’éclipse en rien leur gravité », a insisté Sabine Neale, évoquant des « fantasmes dirigés vers des enfants » susceptibles de « perdurer encore aujourd’hui ».

« On ne devient pas pédophile à 60 ans »

Face à ces accusations, Me Éric Borghini a plaidé la relaxe. L’avocat s’est attaqué aux expertises psychologiques et à la crédibilité de l’ancienne compagne du prévenu, placée sous tutelle depuis quelques années en raison de problèmes psychiatriques. Selon lui, une seconde expertise n’aurait révélé « aucune dangerosité » ni « aucune prédisposition » aux faits reprochés. « À 73 ans, pas de plainte, pas de signalement, rien », a insisté Me Borghini avant de conclure  : « On ne devient pas pédophile à 60 ans ».

Le tribunal correctionnel de Nice a finalement condamné Joël Calmet à 24 mois d’emprisonnement, assortis d’un mandat de dépôt à effet différé, ainsi qu’à 8 000 euros d’amende. Le septuagénaire devra également respecter une interdiction d’exercer une activité en lien avec des mineurs pendant dix ans et faire l’objet d’un suivi sociojudiciaire de cinq ans. Il a enfin été condamné à verser 2 500 euros à chacune des victimes au titre du préjudice moral et 2 000 euros pour les frais d’avocat.

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