Fougères | Il était en détention, soupçonné d’avoir violé sa cousine en pleine rue

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Pédocriminel En liberté

Remis en liberté contre l’avis de l’avocate générale
Un jeune de 21 ans a été mis en examen pour le viol de sa cousine, en pleine rue, à Fougères (Ille-et-Vilaine). La jeune femme, homosexuelle, avait choisi d’avorter. Michel comparaissait devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes après une demande de remise en liberté.

Le 28 novembre 2025, la victime avait en fait déposé plainte à la gendarmerie de Fougères pour des faits de viol commis le 12 novembre : ce soir-là, elle avait précisément rejoint une « cousine » dans le centre-ville avant de « rentrer seule » chez elle.

Sur le chemin, la jeune femme avait entendu une « voix masculine » qui « l’appelait par son prénom » dans la rue de la Pinterie, non loin du château.

Selon ses déclarations, elle avait alors été « saisie » par le bras par cet homme qui l’aurait entraînée sous un « porche », où il lui aurait « caressé le sexe » avant de « baisser son pantalon » et de la « pénétrer ». 

Si elle n’avait pas pu identifier formellement cet « homme vêtu de noir et capuché », la victime avait mis en cause son cousin car il est « l’une de ses seules connaissances masculines » : la jeune femme est en effet « lesbienne », a-t-il été précisé à l’audience.

Confondu par son ADN, le jeune homme a été mis en examen pour viol et placé en détention provisoire le 3 avril 2026, le juge des libertés et de la détention (JLD) estimant qu’il existe un « risque de pression » sur les témoins et la victime et de « renouvellement » des faits. 

En garde à vue, Michel* avait d’abord nié tout rapport sexuel avec sa cousine.

La victime a dû avorter

Mais il avait modifié sa version en apprenant qu’elle avait réalisé un « test de grossesse » qui s’était avéré « positif » et avait même eu recours à une « interruption volontaire de grossesse » (IVG)…

Il affirme désormais que cette relation était « consentie » et que ce n’était « pas la première fois », même si la victime déclarait qu’il n’était jamais venu chez elle.

Cette dernière avait toutefois précisé que sa sœur et elle avaient reçu par le passé des « messages à caractère sexuel » de la part du jeune homme.

« Le dossier pose question » car « deux versions radicales s’opposent », a ainsi souligné l’avocat de Michel.

La victime n’a d’ailleurs pas porté plainte « immédiatement » après les faits et le médecin légiste lui a diagnostiqué un « état peu invalidant » malgré quelques « symptômes post-traumatiques » alors qu’elle décrit « un viol des plus sordides », a reformulé en d’autres termes Me Lucas Hervé. Le « risque de renouvellement » est donc au final « évanescent » et « abstrait », en a-t-il déduit.

Mais « on a quand même à ce stade de la procédure une parole de la victime étayée par l’élément matériel indépassable de la grossesse non désirée », a objecté l’avocate générale. Le « comportement problématique » de Michel avec la victime et sa sœur est de toute façon décrit par son « entourage », a-t-elle rappelé. 

Et le jeune homme – déjà condamné pour « vol aggravé » alors qu’il était mineur – a fait l’objet d’une autre procédure pour viol qui a finalement été classée sans suite, avait-il été indiqué à l’audience.

Remis en liberté contre l’avis de l’avocate générale

La représentante du parquet général n’était donc pas convaincue par le projet de Michel, qui voulait être remis en liberté chez son oncle dans l’Hérault : il n’y avait selon elle « aucun élément sur la faisabilité » d’un tel projet et cette commune se trouve au demeurant à « 800 km » de l’Ille-et-Vilaine, ce qui « peut être problématique » pour répondre aux « convocations » de la juge d’instruction de Rennes en charge du dossier.

La magistrate avait donc sollicité le maintien en détention de Michel.

« Si je vais chez mon oncle, je sais que ce sera très sévère parce qu’il ne rigole pas »

, avait simplement promis ce jeune homme décrit aux enquêteurs comme « je-m’en-foutiste » par son père.

Celui qui disait fumer « une dizaine de joints par jour » au moment des faits veut maintenant « travailler », « avoir une vie » et ne pas « être à la rue ». 

Ce vendredi 17 avril, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes l’a finalement entendu et l’a remis en liberté sous contrôle judiciaire.

* Les prénoms ont été modifiés.

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