Sarthe | Un jeune homme jugé pour des agressions sexuelles sur sa demi-sœur de 9 ans

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“Une pédophilie en voie de structuration”
Illustration | Cité Judiciaire du Mans
Le tribunal judiciaire du Mans a condamné, ce mercredi 18 mars 2026, un jeune homme de 21 ans pour des agressions sexuelles répétées sur sa demi-sœur, commises entre juin 2024 et novembre 2025 dans une petite commune de la Sarthe.

Dans son box, il apparaît figé, le regard souvent fuyant. Il répond difficilement aux questions de la présidente du tribunal Michaele Guivier, seulement par de courtes phrases, semblant paralysé par l’audience.

Les faits se seraient déroulés entre juin 2024 et novembre 2025 en Sarthe, dans le cadre familial.

Le prévenu reconnaît avoir procédé à des attouchements sexuels à plusieurs reprises sur sa demi-sœur, alors âgée de 9 ans.
Il explique avoir touché ses parties intimes une dizaine de fois, notamment dans sa chambre. Il admet également avoir pris des photos de la fillette dénudée, visant ses parties intimes. Ces images ont été retrouvées au cours de l’enquête.

Face au tribunal, il explique avoir agi dans une forme de curiosité, parlant d’une volonté de découvrir le corps de la femme.
Il affirme avoir eu lui-même l’initiative des gestes, tout en pensant à tort que la petite fille pouvait être consentante.

Il s’interroge encore sur ses actes.

“Je me demande pourquoi j’ai agi comme ça”

, lâche-t-il, niant toute attirance pour les mineurs.

L’expert psychiatrique décrit une sexualité mal construite et une immaturité importante. Il estime qu’il se dessine chez le prévenu une attirance problématique pour des personnes plus jeunes, évoquant une pédophilie en voie de structuration.

Lors de l’expertise psychologique, il avait toutefois déclaré :

“C’est dégueulasse ce que j’ai fait”. 

Me Renault, avocat de la partie civile, insiste sur les conséquences pour la victime :

“Elle n’a pas encore pleinement conscience de ce qu’elle a vécu. Il y a toute une reconstruction à faire, avec la peur que les souvenirs ressurgissent dans cinq ou dix ans”. 

Le procureur Arnaud Marie requiert une peine de trois ans de prison ferme, soulignant la répétition des faits et leur gravité.

En défense, son avocate Me Gereau, rappelle que le jeune homme reconnaît les faits concernant sa demi-sœur et insiste sur son isolement ainsi que sur l’absence d’expérience affective et sexuelle. Elle plaide une peine permettant un accompagnement thérapeutique et social. 

Le tribunal condamne finalement le prévenu à 36 mois de prison dont 21 mois avec sursis renforcé, comprenant des obligations de soins et de travail. Il devra également verser 5 000 € de dommages et intérêts à la victime. Il est inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.

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