Dax | Un oncle de 23 ans condamné pour agression sexuelle sur son neveu de 4 ans
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 22/03/2026
- 15:44
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À la barre du tribunal correctionnel de Dax, un jeune homme de 23 ans a répété à de multiples reprises ces quatre mots « je ne sais pas » au cours de l’audience, peinant à apporter des réponses aux interrogations du tribunal.
« Pourquoi ne répondez-vous pas lorsque les questions vous dérangent ? », lui adresse l’un des assesseurs.
Le jeune homme, cheveux bruns, chemise blanche et pantalon noir, se mure alors dans le silence pendant de longues secondes.
Ce jeudi 5 mars, il a été condamné à trois ans de prison, dont trente mois assortis d’un sursis probatoire d’une durée de deux ans, pour agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans.
Il lui est reproché d’avoir, les 24 juin et 1er juillet 2023, touché le sexe et effectué des gestes de nature masturbatoire sur son neveu, âgé de 4 ans au moment des faits.
La peine ferme pourra être aménagée sous la forme d’une détention à domicile sous surveillance électronique.
Ce jour-là, les parents rencontrent un problème de garde pour leur petit garçon.
L’option de l’oncle apparaît alors comme la seule possible.
Lorsque la mère retrouve son enfant à son retour du travail, elle constate un changement de comportement.
Habituellement décrit comme « une pile électrique », il se montre cette fois très peu loquace.
Il se plaint également de douleurs aux testicules.
Quelques jours plus tard, la mère décide de l’emmener consulter un médecin.
L’enfant se débat de longues minutes avant d’accepter d’être examiné.
L’enfant change alors totalement de comportement au cours de la semaine qui suit.
Il pleure et refuse de retourner chez son oncle le 1er juillet.
Lorsque sa mère vient le récupérer cette fois-ci, il évoque « le monstre des guilis », avant de parler, le lendemain, d’attouchements qu’il aurait subis de la part de son oncle, sur son sexe et ses fesses.
Dans les jours qui suivent, il relate les mêmes faits à son père, frère du prévenu.
« Tonton bobo »., lui confie-t-il.
Les deux frères n’étaient plus en contact en raison de la consommation d’alcool et des problèmes d’hygiène du prévenu.
Son frère l’a même retrouvé en train de se masturber dans la chambre de son fils.
Dans le cadre de l’information judiciaire, les proches du jeune homme le décrivent comme « immature et irresponsable ».
Durant son enfance, il a été victime du syndrome du bébé secoué, sans en garder de séquelles.
Il est également en rupture avec une partie de sa famille et a été placé sous curatelle renforcée après les faits.
« Je n’ai rien fait de tout ça », affirme le prévenu à la barre.
Pendant plus d’une heure, la présidente du tribunal, Laure Vuitton, lui pose de nombreuses questions pour tenter de comprendre ce qu’il s’est réellement passé ces deux jours.
En vain.
Le représentant du ministère public, Pierrick Alain, lui demande :
« Pourquoi avez-vous menti aux policiers et au juge d’instruction ? »
En effet, le prévenu est revenu à plusieurs reprises sur sa présence ou non à Dax le jour des faits et soutient que de nombreuses personnes auraient menti au cours de la procédure.
Visiblement émue, la mère de l’enfant s’emporte face à un prévenu qui refuse « d’assumer » :
« Mon enfant a changé du jour au lendemain. Ce n’est plus la même personne. J’en viens à culpabiliser d’avoir travaillé ces jours-là. »
L’expertise psychiatrique réalisée lors de la garde à vue a permis de constater chez le prévenu une « impulsivité et une intolérance à la frustration », tout en soulignant qu’il ne présentait pas de troubles psychiques « ayant aboli son discernement » le jour des faits.
Pour les parties civiles, Me Chimits a insisté sur le fait que l’enfant avait maintenu la même version des faits, que ce soit devant son père, sa mère ou les enquêteurs.
Elle a également mis en avant la déclaration de son client, qui affirmait que son frère mentirait « même s’il était pris la main dans le sac ».
Le représentant du ministère public a rappelé que, dans ce type de dossier, il existait « un ensemble de faisceaux concordants » permettant d’entrer en voie de condamnation.
Il a qualifié la défense du prévenu de « maladroite » et a souligné le comportement « étonnant » de ce dernier au cours de l’audience, tout en insistant sur « l’innocence souillée » de l’enfant.
Me Rocher a rappelé que son client présentait des « capacités cognitives » inférieures à la normale, ce qui pouvait expliquer certaines de ses réactions.
Selon elle, ce dossier ne comportait « pas d’éléments justifiant des preuves » et elle a plaidé pour la relaxe.
Le tribunal correctionnel de Dax en a toutefois décidé autrement.
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