Castelmoron-sur-Lot | Le trentenaire discutait avec le faux profil d’une adolescente

oui

Pédocriminel En liberté

Il a été reconnu coupable d’une partie des faits reprochés
Illustration | Tribunal Judiciaire d'Agen
Un habitant de Castelmoron-sur-Lot, jugé devant le tribunal judiciaire d’Agen vendredi 27 février, était soupçonné d’avoir, entre le 16 février et le 31 mai 2024 depuis son domicile, détenu des images à caractère pornographique représentant un mineur.

Il était également soupçonné d’avoir fait des propositions sexuelles à cette même victime.

L’enquête a été ouverte après le signalement de l’association de protection de l’enfance “La Mouette”, qui avait créé le faux profil d’une jeune fille de 12 ans sur les réseaux sociaux, pour tenter de mettre à jour les agissements du trentenaire.

Tout en connaissant son âge, le mise en cause lui envoie de nombreux messages à caractère sexuel. L’un d’eux comporte une photographie de son sexe, sous son pantalon, en exprimant :

“Je pense à toi”.

Les enquêteurs parviennent à remonter jusqu’à l’homme. Une perquisition du domicile et des appareils électroniques est effectuée.

Sur les appareils, la police découvre un dossier nommé “Mineurs” dans lequel sont retrouvés plus de 200 fichiers contenant des photos et des vidéos à caractère pédocriminel.

Certaines vidéos illustrent des agressions sexuelles et des viols d’enfants. 

La mère du prévenu, entendue, le décrit comme “un garçon discret”, qui n’a jamais eu de comportement déplacé. D’autant que ce dernier est placé sous curatelle renforcée.

Celui-ci aurait pourtant commis des attouchements sur sa petite sœur lorsqu’il était encore mineur.

Le mis en cause peine à se défendre.

“Je suis allé trop loin, j’ai fait n’importe quoi”, exprime-t-il, en boucle.

Il esquive les questions, murmure qu’il ne sait pas quoi répondre.

Quand le dossier “mineurs” est évoqué, il se défend par “sa curiosité”.

La procureure de la république s’agace :

“Non, ça n’existe pas”.

La salle a ri quand Monsieur a exprimé qu’entre la prison et les soins, il préférait les soins.

“Moi, je ne rigole pas, le manque de conscience est inquiétant”

, poursuit la magistrate, qualifiant même le prévenu de “prédateur sexuel”.

Maître Sandrine Derisbourg, qui représente l’association de protection de l’enfance La Mouette, partie civile dans le dossier, réclame des dommages et intérêts à hauteur de 2 000 euros.

Maître Dalia Moldovan, avocate de la défense, se dit “dérangée” par un “manque de profondeur dans l’enquête”, notamment l’absence de vérifications des enquêteurs concernant les conversations entretenues entre le trentenaire et le profil, fictif, de l’adolescente.

En reprenant les dires du procureur de la république, l’avocate de la défense s’exclame.

“On voit plutôt une discussion d’un grand adolescent avec une jeune fille. Cela ne fait pas de lui un prédateur sexuel.”

Le ministère public fait ses réquisitions.

“Il sait qu’elle a 12 ans et ça ne l’arrête pas, bien que l’association insiste sur son âge dans les échanges.”

Elles s’élèvent à 12 mois d’emprisonnement avec un sursis probatoire de 3 ans, une obligation d’indemniser les victimes, de soins et de travail, ainsi qu’une interdiction d’exercer une quelconque activité en lien avec des mineurs, pendant 5 ans.

Le prévenu, à qui la parole est donnée dernier, termine ainsi :

“Je regrette mes actes, la prison me fait très peur”.

En répression, le tribunal l’a condamné à 12 mois d’emprisonnement assortis d’un sursis probatoire pendant 3 ans.

Les peines complémentaires suivantes lui ont été infligées : six mois d’interdiction d’utiliser les réseaux sociaux dont il a été question dans l’affaire (Facebook, Messenger, Snapchat et Télégram), interdiction définitive d’exercer une profession en lien avec des mineurs. Son inscription au FIJAIS a été prononcée.

L’homme a toutefois été relaxé des faits de propositions sexuelles à un mineur.

Source(s):