Vendée | Papy pervers prend 15 ans ferme pour le viol de sa petite fille

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Il propose à une prostituée un plan à trois avec sa petite-fille.
Après deux jours d’audience, le sexagénaire qui se faisait appeler « papy pervers » sur internet a été reconnu coupable des viols de sa petite-fille par la cour criminelle de la Vendée. Il a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle et un lourd suivi socio judiciaire.

La question d’une castration chimique a même été évoquée au procès.

“Prends conscience d’une chose, tu étais déjà forte au moment des faits. Tu as dit non à ton agresseur. En surmontant la honte et la peur, tu as alerté ta mère. Tu es la première de ses victimes à avoir brisé le silence”,

Assure l’avocat général, Olivier Dubief, à l’adolescente assise sur le banc des parties civiles.

Après deux jours de débats, celui qui se faisait appeler papy pervers »* sur internet a été reconnu coupable des viols de sa petite-fille, entre ses 9 et 11 ans, par la cour criminelle de la Vendée.

Difficile de percer la carapace du sexagénaire. Un “prédateur de la pire espèce” selon le ministère public. “Un colosse aux pieds d’argile”, pour Anne Laporte, son avocate. Car s’il a bien reconnu l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés – viols incestueux, agressions sexuelles, corruption de mineure et délits relatifs à la pédocriminalité — l’accusé n’a jamais su s’en expliquer.

Poussé dans ses retranchements lors de son interrogatoire, l’homme de 60 ans en revient toujours au même point : l’absence de refus de la fillette.

“J’ai conscience que j’ai détruit sa vie de jeune fille. Je m’excuse auprès d’elle et de ses parents”, lâche-t-il, visiblement ému.

Un peu court aux yeux d’Anne Haye, présidente de la cour criminelle.

” Vous avez volé son enfance et son adolescence”.

Point par point, elle reprend les gestes, les vidéos, les photos du dossier. “Comment un grand-père peut-il en arriver à faire ça à sa petite-fille ?”, interroge la magistrate. La question reste sans réponse.

“De ce dossier, je garde en mémoire le tableau blanc sur lequel il donnait des cours d’éducation sexuelle. Et cette armature du lit sur laquelle il a essayé de poser une fillette”, se désole Maud Navenot, avocate des parties civiles.

Et l’accusé de préciser : “Elle écrivait aussi de la conjugaison sur le tableau, mais ça ne m’intéressait pas.”

Toute sa vie, le sexagénaire n’a pensé qu’à une chose : assouvir ses pulsions sexuelles. À n’importe quel prix. Il est même allé jusqu’à proposer à une prostituée un plan à trois avec sa petite-fille.

“Il est assez évident, après ces deux jours, que cette jeune fille n’est pas la première victime de papy pervers. Il a pris des douches avec ses filles jusqu’à leurs 13 ans et elles n’ont aucun souvenir de leur enfance. Ces faits n’ont pas été portés à la connaissance de la justice. Je ne les blâme pas. Chacun se reconstruit comme il peut”, observe Olivier Dubief.

Une enquête pour les viols de son ex-compagne est en revanche bien ouverte.

Face aux lourdes réquisitions du ministère public, 18 ans de réclusion criminelle, Anne Laporte tente de dresser un portrait plus humain de son client.

“La colère, je l’entends. Mais la justice et la raison doivent l’emporter. Il n’est pas jugé pour les viols supposés de ses filles. Il n’est jamais fait mention de la notion de prédateur dans le dossier. C’est un homme seul, qui a toujours cherché à combler un vide. Il est devenu pervers. Mais depuis son incarcération, il y a une vraie évolution. Il veut s’en sortir.”

La cour criminelle a condamné “papy pervers” à 15 ans de réclusion criminelle, avec 10 ans de sûreté. À sa sortie de détention, il devra se soumettre à un suivi socio judiciaire pendant dix ans, sous peine de repartir 5 ans en prison. Il aura l’interdiction de paraître en Vendée et d’entrer en contact avec sa petite fille. Il devra aussi suivre des soins.

“L’expert psychiatre préconise la castration chimique, qu’en pensez-vous”, questionne Olivier Dubief.

“Je vais peut-être finir ma vie comme ça”, murmure l’accusé.

Et l’avocat général de lancer, implacable : “Ça serait peut-être mieux pour tout le monde.”

*Ouest-France ne divulgue pas l’identité des personnes condamnées pour viol sur ascendant afin de protéger les mineurs victimes.

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