Var | Retour sur les Treize années de combat judiciaire de l’affaire Cviklinski

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Un cas d’école de l’influence que peuvent avoir les réseaux en France
Jacques Cviklinski Au Lion's Club de Marseille
Jacques Cviklinski, ophtalmo marseillais de 69 ans, condamné pour viol, tentative de viol aggravé et atteintes sexuelles aggravées à 15 ans de réclusion par la cour d’assises du Var, après avoir écopé de 12 ans en première instance avant d’être interpellé et transféré dans plusieurs Maisons d’arrêt.

Article du 5 Novembre 2017:

Jacques Cviklinski, l’ophtalmologue marseillais de 65 ans qui comparaissait libre sous contrôle judiciaire à son procès devant les assises des Bouches-du-Rhône à Aix depuis le 30 octobre dernier, est reparti hier soir menotté du palais de justice à l’issue du délibéré.

Les jurés l’ont reconnu coupable des viols commis sur sa fille et sa nièce et lui ont infligé une peine de douze ans de réclusion criminelle.

Soit trois ans de moins que ce qui avait été requis par l’avocate générale la veille.

Les faits avaient été dénoncés au printemps 2008, par le signalement d’une psychologue de l’association “Parole d’enfant” qui avait recueilli les confidences de la deuxième fille de l’accusé alors âgée de 23 ans.

Elle avait expliqué avoir été victime d’attouchements et de viols de la part de son père à plusieurs reprises pendant son enfance.

À la suite de cette dénonciation, c’est l’une de ses cousines qui avait confié avoir été victime de faits similaires.

Niant farouchement l’ensemble des accusations, Jacques Cviklinski a mis en avant tout au long de la procédure “un complot familial” ainsi que “l’état mental perturbé” des victimes.

Soutenues par les associations “Parole d’enfant” et “Enfance et partage”, ainsi que par leurs avocats, Me Dalançon et Me Moulin, les deux jeunes femmes ont été, hier, reconnues dans leur statut de victime.

Source : La Provence

Article du 6 Mars 2019:

Ce lundi 25 février à Draguignan, s’est ouvert devant la cour d’assises du Var, où il était prévu pour durer jusqu’au 8 mars, le procès en appel d’un sexagénaire, Jacques Cviklinski, condamné en novembre 2017 à Aix-en-Provence par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône à douze ans de réclusion criminelle, notamment pour viol sur sa fille et sa nièce.

Jacques Cviklinski Lion’s club de Marseille

Mise à jour : Suite à l’hospitalisation de l’accusé cette semaine, le procès en appel a été renvoyé.

Il avait été écroué, à l’issue du verdict, mais quelques semaines après avoir interjeté appel, il avait été placé sous contrôle judiciaire.

C’est donc libre que Jacques Cviklinski va comparaître.

Résidant à Marseille mais partageant son temps avec la Corse où se trouve une demeure familiale.

Cet homme de 67 ans, médecin de profession, dont le casier judiciaire ne fait état d’aucune mention, avait été renvoyé devant les assises à la suite d’une longue instruction.

Elle avait démarré au printemps 2008 après le signalement effectué auprès du parquet de Marseille par une psychologue de l’association Parole d’enfant qui avait recueilli le témoignage de la fille de l’accusé.

Le médecin est accusé d’avoir, en 2004 à Paris, violé sa fille, alors âgée de 19 ans, mais aussi de lui avoir fait subir des attouchements sexuels qui auraient été commis entre 1990 et 2004, à Marseille, dans le Var et en Corse.

Les premiers faits imputés au père auraient donc eu lieu alors qu’elle n’avait que 6 ans.

Il est également accusé de viol et de tentative de viol sur sa nièce en 1994 à Marseille où la jeune femme, alors âgée de 19 ans, était venue travailler temporairement à son cabinet.

Les expertises psychiatrique et psychologique diligentées dans le cadre de l’enquête ont attesté que les deux jeunes femmes avaient été victimes d’abus sexuels et jugé leurs témoignages fiables.

D’autres témoins ont fait état de l’emprise qu’aurait exercée Jacques Cviklinski.

La cour d’assises des Bouches-du-Rhône n’avait pas été convaincue par la thèse du “complot familial” invoquée par l’accusé qui avait totalement nié les faits.

Le jury populaire l’avait reconnu coupable des faits de viol et de tentative, et d’attouchements commis, selon l’accusation, entre 1990 et 1999, mais l’avait acquitté concernant ceux qui auraient été perpétrés après.

“Ce procès en appel constitue une nouvelle épreuve pour ma cliente, indique Me Joanny Moulin, avocat de Jessika, la nièce de l’accusé.

L’audience s’annonce âpre et difficile car l’accusé conteste totalement les faits.

Mais il a souvent changé de système de défense alors que les victimes, elles, n’ont jamais varié dans leurs déclarations.”

Au sujet du verdict prononcé en première instance, l’avocat souligne qu’il avait été important pour sa cliente, aujourd’hui âgée de 43 ans et mère de famille, “qui a beaucoup souffert”, que “sa parole soit reconnue et que la culpabilité de l’accusé soit prononcée”.

Qualifiant cette affaire de “significative”, Me Moulin représente également deux associations de protection de l’enfance.

Parole d’enfant, fondée en 1996, développe différents pôles d’activités, dans le but de “contribuer à améliorer les systèmes d’aide et de soin au bénéfice des enfants en difficulté, et particulièrement ceux victimes d’abus sexuels”.

De son côté, Enfance et Partage, qui existe depuis quarante ans, a pour mission de “protéger et défendre les enfants victimes de toutes formes de violences, qu’elles soient physiques, psychologiques ou sexuelles” et inscrit son action dans les principes définis par la Convention internationale des droits de l’enfant.

Pour sa part, la défense a une tout autre approche de ce dossier.

Me Emmanuel Molina n’était pas l’avocat de Jacques Cviklinski. en première instance, mais il est l’un de ses défenseurs en appel.

“La parole des parties civiles n’est pas à ce stade la parole des victimes.

Il appartiendra à la cour d’assises du Var de dire la vérité, ou d’en douter…, signale Me Molina.

L’accusé, dont j’ai obtenu la remise en liberté avant procès, comparaît désormais libre.

Il se défendra.

En innocent d’une accusation aussi douloureuse qu’insupportable.”

Note de WP : Un peu de transparence ne faisant pas de mal nous vous indiquons que comme à son habitude la presse est imprécise, l’accusé n’est pas assisté d’un seul avocat mais de deux.

Le deuxième est Florence Rault.
Cette dernière, épaulée par son mari Régis de Castelnau, s’employait à nous traiter de secte, de fanatiques, complotistes, extrême droite, etc, lors du procès de Daniel Legrand à Rennes. Donde Vamos fait également référence à ces énergumènes dans cet article :

http://dondevamos.canalblog.com/archives/2015/06/13/32207234.html

De plus Jacques Cviklinski est assigné dans sa résidence en CORSE, sauf visite médecin ou conseils sur Marseille.

Courage aux victimes.

Source : La Provence

 

Article du 25 Février 2020:

Victimes d’inceste, les Gardoises Caroline Cviklinski, fille de l’accusé, et Jessika Cviklinski, la nièce, font appel aux assises de Draguignan, procès d’une durée inhabituellement long

 

Victimes d’inceste

 

«Il faut que la justice intervienne. On ne peut pas se sortir de ça tout seul.»

«Et pour ceux qui ont su, qui ont vu ou entendu d’autres enfants… Qui ont vu que tout ça était arrivé  … qu’ils ne croient pas qu’on peut vivre avec .»

 

Jessika Cviklinski, nièce de l’accusé, ainsi que son avocat Me Joanny Moulin ont accepté de témoigner de ce long combat dans un documentaire intitulé Une affaire de famille.

Réalisé par Michèle Bourgeot et diffusé sur la chaîne ViaOccitanie, cette interview tirée du documentaire ICI.

mot de passe : jessica

 

Quelles sont vos attentes avec cette nouvelle échéance judiciaire ?

Caroline : J’ai envie que le procès soit terminé et de passer à autre chose. Je veux construire ma vie présente et future, libérée et soulagée du poids de ce parcours. On a déjà été reconnues victimes et cela pose déjà beaucoup de choses. J’aimerais aussi que mes sœurs soient protégées, mais la fin du procès ne signifie pas leur protection.

Jessika : Je veux aussi que la justice soit rendue de manière juste et passer à autre chose. Je souhaite aussi que cela s’arrête pour mes enfants qui vivent avec cela depuis qu’ils sont nés. Le premier signalement au procureur date d’il y a vingt ans. Là, il faut que je les protège de l’état dans lequel la durée des choses me met.

Comment supporte-t-on une attente aussi longue ?

Caroline : C’est très difficile. J’ai failli mourir plusieurs fois. C’est une très grosse pression et cela laisse toujours un lien avec la famille, qui porte une certaine lâcheté, et avec l’agresseur. Cela ne pouvait pas être résolu dans un endroit clôs. Symboliquement, l’autorité de la justice c’est bien. Après, dans les faits, c’est trop long. La justice fait plus attention aux coupables qu’aux victimes.

Jessika : On se demande si cela va se finir. Quelqu’un m’a dit un jour “Tu peux arrêter si tu veux ?” Oui, bien sûr, mais cela a pris tant de place dans ma vie que cela m’a aussi transformée. À la fois, j’ai envie de passer à autre chose, mais je ne sais pas si je vais changer fondamentalement le cours de ma vie après ça.

En tout cas, j’aurai la tête libérée. Malgré tout, il va falloir tout raconter au procès et dans les plus petits détails. Et il n’est pas question de se tromper sur la taille d’un vêtement ou sa couleur. Donc, on est avec le besoin d’oublier, mais la justice, du fait que cela n’aboutit jamais, on ne peut pas, ni ne doit oublier… Ça c’est douloureux !

À force de ne jamais clore les choses, cela fait monter en moi une grande défiance vis-à-vis de la société dans laquelle je vis. Je suis en colère. Il faut que la loi soit appliquée sinon, cette justice qui doit être apaisante et réparatrice produit le contraire et perpétue le sentiment d’injustice.

Par le fait que la justice n’aboutit jamais, on ne peut pas, ni ne doit oublier. Ça, c’est douloureux !

Caroline : Mon enfance a été difficile, violente, et les années de procès, de mes 23 à 35 ans, sont des années où l’on se construit et la présence du procès a été constante. C’est un nouveau préjudice en dehors des faits vécus. Il y a une attente diffuse et il faut avancer avec toujours l’idée d’être rattrapée par cela.

J’ai le sentiment d’avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête, mais je ne suis pas le coupable ! Avec Jessika, on a été dénigrées. Quand j’ai porté plainte, j’étais une gamine et je n’avais pas la notion de la justice.

Après le procès qui a été ajourné, j’ai décidé d’arrêter de sortir des montagnes d’énergie pour ce combat. Cette énergie, je voudrais la mettre ailleurs, même si je serai encore là dans quinze jours. J’ai besoin d’être aidée, car je ne veux plus aller trouver de l’énergie pour me battre.

Un procès qui vous oblige à interrompre votre activité professionnelle… Une cagnotte a été mise en ligne pour vous soutenir.

Caroline : Je suis en formation, en mars, et je ne vais pas pouvoir la suivre. J’apprends la langue des signes en lien avec ma licence en science du langage. Ce n’est pas un luxe de demander une aide financière. Nous n’avons pas les moyens.

Jessika : Les pauses à l’heure du déjeuner, une heure environ, sont les seuls moments où l’on peut discuter avec les avocats. Sur vingt jours, cela à un coût réel. Je suis autoentrepreneur, mais je ne travaillerai pas pendant un mois et la compensation par le tribunal est faible par rapport à la perte de salaire.

Une cagnotte de soutien financier sur la plateforme “Le pot solidaire”

Les Gardoises Caroline Cviklinski, représentée par Me Clément Dalançon, et Jessika Cviklinski, par Me Joanny Moulin, deux avocats qui ont accepté d’être payé via l’aide juridictionnelle, doivent s’engager pour un procès prévu sur vingt jours, du 2 au 27 mars, devant la cour d’assises de Draguignan (83).

Une durée anormalement longue qui résulte des nombreuses utilisations des voies légales par l’accusé, Jacques Cviklinski. Un temps de justice qui nécessite, donc, de se loger, se nourrir et de cesser, temporairement, son activité professionnelle. Jessika Cviklinski exerce une activité dans le domaine du bâtiment et Caroline Cviklinski, diplômée en linguistique, s’est engagée sur une formation en langue des signes.

L’initiative à pour but de poursuivre cette lutte judiciaire nécessitant des frais importants, dont le remboursement, lors de la précédente audience, en février 2019, n’a été que partiel, par le fait de l’ajournement du procès.

Qu’est-ce que le fait de dénoncer ces faits vous a apporté ?

Caroline : Quand j’ai été considérée victime, cela m’a permis d’être reconnue. Ensuite, quand j’ai parlé à des personnes, c’était important, mais cela dépend de l’écoute en face… Le viol, l’inceste, fait peur. Ce sont des questions complexes. Pour moi, il n’était pas question d’accepter, c’était viscéralement impossible. J’ai eu un sentiment de justice, un courage et moins d’importance accordée à la bienséance sociale. C’est ma famille, mais j’ai brisé les lignes. C’est ce que j’avais à faire, mais cela me fatigue.

Jessika : Je n’ai aucun regret. Je pense réellement que l’on peut mourir de ne rien dire. Mais quand on dénonce, on est mis au ban et j’ai eu la chance d’avoir eu des soutiens dans ma famille, car on se retrouve à naviguer tout seul. C’est très dur de ne pas mourir de tristesse et d’autres choses…
Une procédure depuis 2008

Condamnation en première instance, en 2017.

Caroline Cviklinski (35 ans), fille de l’accusée, et Jessika Cviklinski (44 ans), la nièce, ont été reconnues victimes par la cour d’assises d’Aixen-Provence, en 2017. L’accusé, Jacques Cviklinski, ophtalmologue à Marseille, a été condamné à 12 ans de réclusion pour tentative de viol par personne ayant autorité, viol par personne ayant autorité, attentats à la pudeur sur mineure de moins de 15 ans par ascendant, atteintes sexuelles incestueuses sur mineurs de moins de 15 ans par ascendant.

Après huit mois de détention, il obtient sa mise en liberté, moyennant une caution de 300 000 €. En février 2019, le procès en appel devant la cour d’assises de Draguignan est interrompu à la suite de l’hospitalisation de l’accusé. Le procès est ajourné et l’accusé sort libre des urgences. Une plainte a également été déposée pour non-respect du contrôle judiciaire.

source : midilibre

 

Article du 3 Mars 2020:

Un procès est en cours d’appel, contre l’accusé Jacques Cvinlinsky, pour le viol de sa fille et agression sexuelle de sa nièce alors qu’elles étaient mineures lors des premiers faits

 

 

À compter d’aujourd’hui, cette femme de 44 ans sera, de nouveau, assise, au côté de sa cousine Caroline, 35 ans, sur le banc des parties civiles, au palais de justice de Draguignan.

Elles sont respectivement nièce et fille de l’accusé, Jacques Cviklinski, âgé de 68 ans, jugé en appel jusqu’au 27 mars par la cour d’assises du Var, notamment pour viol par personne ayant autorité et viol par ascendant. Il avait été condamné en novembre 2017 à 12 ans de réclusion par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône.

Cet ophtalmologue, qui réside à Marseille mais partage son temps avec la Balagne où il a des attaches et où se trouve une demeure familiale, est accusé d’avoir, en 2004 à Paris, violé sa fille alors âgée de 19 ans, et de lui avoir fait subir des attouchements sexuels au cours d’une période s’étalant sur 14 ans à Marseille, dans le Var et en Corse.

Les premiers faits auraient eu lieu alors qu’elle n’avait que six ans. Il est également accusé de viol et de tentative de viol sur sa nièce en 1994 à Marseille, elle avait alors 18 ans.
Les expertises psychiatriques et psychologiques attestent que les deux plaignantes ont été victimes d’abus sexuels et ont jugé leurs témoignages fiables.

La cour d’assises avait rejeté la thèse du “complot familial” avancé par l’accusé, qui nie catégoriquement les faits. Il avait été reconnu coupable par le jury populaire de viols et tentative et d’une partie des attouchements incriminés (il avait été acquitté pour les autres).

“Une durée de procédure anormale”

L’enquête avait démarré en 2008 à la suite d’un signalement à la justice par une psychologue de l’association Parole d’enfant, qui avait recueilli le témoignage de la fille de l’accusé.

Jessika Cviklinski considère comme “anormale la durée du traitement de cette affaire, car il y avait eu un premier signalement à la justice huit ans auparavant”, mais elle veut “garder confiance dans l’institution judiciaire” car elle a constaté, en première instance et en appel, “le travail de personnes compétentes et intègres.”

Un premier procès en appel à Draguignan avait eu lieu l’an dernier, mais il “avait dû être renvoyé au bout de quatre jours” en raison de problèmes de santé invoqués par l’accusé (les parties civiles ont, par la suite, déposé plainte pour “non-respect de son assignation à résidence en Corse” prévu par son contrôle judiciaire).

Cette nouvelle audience est donc “une épreuve supplémentaire” pour les parties civiles, car elles doivent “défendre à nouveau (leur) statut de victimes”, reconnu en 2017 par les assises des Bouches-du-Rhône.

Jessika Cviklinski souligne l’importance du soutien moral qu’elle reçoit de sa famille, de son compagnon, de ses trois enfants âgés de 18, 16 et 10 ans et demi, d’amis, et d’associations. Mais c’est aussi une épreuve sur le plan matériel, cette mère de famille devant mettre entre parenthèses son activité d’auto-entrepreneur dans le bâtiment.

“Ma cousine et moi, nos proches, mes enfants, nous avons grand besoin que cela se termine, que la justice soit rendue de manière définitive, afin de pouvoir passer à autre chose”
déclare Jessika Cviklinski.

Par ailleurs, comme en première instance, les associations Parole d’enfant et Enfance et partage se sont constituées parties civiles.

L’accusé, qui comparaît libre, conteste les faits.

Me Emmanuel Molina, son avocat, déclare :

«À l’heure du MeeToo et du combat que chacun peut au demeurant partager en faveur de la lutte contre les violences faites aux femmes, porter une parole de défense digne et forte est une exigence démocratique et judiciaire qui n’a jamais été aussi nécessaire afin d’éviter les erreurs judiciaires.

J’ai l’honneur de défendre cet homme qui est libre, clame sincèrement son innocence, et conteste les dires de celles qui l’accusent.”»

 

source : corsematin

 

Article du 21 Mars 2020:

Un ophtalmologue marseillais aux attaches balanines, Jacques Cviklinski, a été reconnu coupable des faits incriminés par la cour d’assises d’appel du Var. Le jury a suivi les réquisitions de l’avocat général et a prononcé une peine plus lourde que celle rendue en première instance

Le verdict est tombé mardi au terme de douze jours de débats. La cour d’assises du Var, statuant en appel, a condamné Jacques Cviklinski à 15 ans de réclusion criminelle. Le jury populaire a suivi les réquisitions de l’avocat général.

Le procès avait débuté le 2 mars au palais de justice de Draguignan.

Jacques Cviklinski, 68 ans, était jugé notamment pour viol par personne ayant autorité et viol par ascendant.

Cet ophtalmologue, qui réside à Marseille mais partage son temps avec la Balagne où il a des attaches et où se trouve une demeure familiale, est accusé d’avoir, en 2004 à Paris, violé sa fille alors âgée de 19 ans, et de lui avoir fait subir des attouchements sexuels au cours d’une période s’étalant sur 14 ans à Marseille, dans le Var et en Corse.

Les premiers attouchements auraient eu lieu alors qu’elle n’avait que six ans.

Il est également accusé de viol et de tentative de viol sur sa nièce en 1994 à Marseille, elle avait 18 ans.

Le sexagénaire avait été condamné le 10 novembre 2017 à 12 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône (le ministère public avait, là aussi, requis 15 ans).

Verdict dont il avait fait appel.

Il avait été reconnu coupable par les jurés de viols et tentative et d’une partie des attouchements sexuels incriminés (il avait été acquitté pour les autres).

« Un immense soulagement pour les victimes »

Mais mardi, la cour d’assises d’appel du Var l’a condamné pour la totalité des faits.

L’enquête avait démarré en 2008 à la suite d’un signalement à la justice par une psychologue de l’association Parole d’enfant, qui avait recueilli le témoignage de la fille de l’accusé.

Une affaire qui vient donc de trouver son épilogue.

Au bout de 12 années de procédure.

Une durée jugée « anormale » par les parties civiles, Caroline Cviklinski, 35 ans, et Jessika Cviklinski, 44 ans, respectivement fille et nièce de l’accusé.

D’autant que l’affaire a été citée à quatre reprises devant les assises.

En première instance, l’audience de la cour d’assises à Aix-en-Provence avait été inscrite une première fois au rôle en 2016 avant d’être renvoyée à 2017.

L’an dernier à Draguignan, le procès en appel, quelques jours après avoir débuté, avait dû être ajourné en raison de problèmes de santé invoqués par Jacques Cviklinski, et renvoyé donc à mars 2020.

« Les débats ont été très tendus et intenses et cette conclusion constitue un immense soulagement pour les victimes », déclare Me Joanny Moulin, avocat de Jessika Cviklinski et d’Enfance et partage, association de défense des droits des enfants qui s’était également constituée partie civile comme en première instance.

Me Clément Dalancon représentait, quant à lui, Caroline Cviklinskli.

«Elles sont apaisées, sereines.

Elles ne cherchaient pas vengeance mais seulement que justice soit rendue dans cette procédure qui a duré douze ans, ce qui est très long pour un tel dossier, poursuit Me Moulin.

C’était la quatrième fois qu’elles se préparaient pour un procès devant les assises, c’était une nouvelle épreuve.

C’est pourquoi il est important pour elles que tout cela soit terminé. »

L’accusé se pourvoit en cassation

La défense, cependant, n’a pas dit son dernier mot.

L’avocat de Jacques Cviklinski, Me Emmanuel Molina, estime que « sans même entendre le directeur d’enquête, ni l’ensemble des témoins, la cour d’assises du Var, qui avait prévu un mois d’audience, a jugé ce dossier en douze jours et en a précipité l’issue pour cause de coronavirus alors même que la Chancellerie recommandait l’annulation des sessions d’assises…

Le droit au procès équitable de cet homme très injustement condamné n’est donc pas respecté.

Une procédure en cassation est engagée.

Force ne restera pas à cet inadmissible verdict dicté par une forme de vendetta familiale qui n’honore personne. »

Source : Corse Matin

 

Article du 23 Février 2021:

Treize années de combat judiciaire

Un lien actif permet de se connecter au site Vimeo afin de visualiser le documentaire relatant le parcours judiciaire de Jessika : “Une affaire de famille”

Jessika Cviklinski image midi libre – Stéphane Barbier

 

Interrogée par Midi libre, Jessika raconte,

Jessika, quel est votre sentiment après ce nouvel épisode judiciaire ?

Lors de la demande d’expertise médicale, nos avocats ont demandé qu’elle ne soit pas réalisée par un médecin de la région marseillaise, afin d’éviter qu’elle soit faite par une connaissance de Jacques Cviklinski.

Fâcheusement, un médecin de La Timone a été désigné, or c’est un hôpital où mon oncle a exercé.

Ce médecin expert appartient à un service qui est dirigé par un professeur avec qui mon oncle a mené une action au Lions Club de Marseille, et cela avec un troisième médecin de ce même service. Ils ont tous les trois tenu une conférence au Lions pour l’occasion, en 2016.

Le troisième médecin (qui n’est pas l’expert) a fourni une lettre de soutien à mon oncle lors du second procès d’Aix-en-Provence, en 2017.

Dans cette lettre, il dit que Jacques Cviklinski, président du Lions Club, s’est beaucoup démené pour collecter un don qu’il a fait au service de chirurgie infantile et orthopédique du Professeur J., à La Timone, etc.

La cour dit que l’intégrité du médecin expert ne peut pas être mise en doute.

Pourquoi cet expert a-t-il accepté d’effectuer l’expertise dans ces conditions ?

Pourquoi n’avoir pas dépaysé cette expertise ? Là, je ne crois pas au hasard.

Je demande aussi par qui et pourquoi l’accès à la salle des pas perdus a été interdit à la presse au premier procès d’Aix-en-Provence, en 2017.

Pourquoi une personne qui assistait au procès s’est vue arracher les pages de son carnet de notes par un policier ? Je suis atterrée.

Mon oncle est devenu président du Lions Club Lacydon de Marseille en 2015 et 2016, alors que la procédure était en cours depuis 2008, et, en 2016, devait avoir lieu son premier procès aux assises d’Aix-en-Provence.

Comment comprendre qu’après deux condamnations, à 12 ans, puis à 15 ans de prison ferme en appel, il soit toujours au bureau du Lions ? (L’accusé a décidé de se pourvoir en cassation NDLR).

Est-il toujours inscrit à l’ordre des médecins ?

Nous avons démontré qu’il bafouait son contrôle judiciaire en se rendant à l’anniversaire de sa loge maçonnique à Marseille, alors qu’il était à l’époque assigné à résidence en Corse.

Pourquoi cela n’a servi à rien ?

Mon oncle, Jacques Cviklinski, est un criminel condamné pour viols incestueux, mais, ce qui ajoute au crime aujourd’hui, c’est qu’il arrive à s’extraire des différentes condamnations de la justice.

C’est curieux de constater qu’en 2021, La Fontaine soit toujours d’actualité :

“La justice et l’application de ses peines sont différentes selon qu’on est puissant ou misérable.”

Cela suscite dégoût et colère.

Quel regard portez-vous sur la justice ?

Les condamnations m’ont rendue confiante, elles m’ont apaisée.

Je me suis battue, nous nous sommes battus pour une cause juste.

La reconnaissance des violences qu’on a subies et de la gravité des faits a été réparatrice.

Malheureusement, le processus judiciaire semble ne jamais pouvoir définitivement aboutir.

Il fait un pourvoi en cassation.

Il faut attendre encore, et recommencer peut-être un nouveau procès.

Je voudrais plus que tout qu’on en finisse, et qu’il ne puisse plus nuire.

Pour cela, j’en viens à souhaiter qu’il meure des maladies qu’il dit avoir. Ce n’est pas normal d’en arriver là.

Il semble avoir les moyens d’user de tous les recours possibles. Il n’arrêtera pas tant qu’il aura de l’argent, de l’entregent, et encore des recours.

De plus, nous savons que la justice manque de moyens, or une personne comme lui fait reporter les procès à répétition, à la dernière minute, ou bien en cours.

Combien cela coûte-t-il à la communauté, au détriment des autres affaires ?

Quel coût psychologique, de santé et financier pour les victimes ?

Votre action en justice demeure-t-elle positive ?

C’est un élan vers la lumière que peuvent voir des victimes encore dans le silence.

Mais le processus n’est pas terminé, j’attends de voir la suite.

Pour l’heure, elle m’a libérée de l’emprise familiale.

Elle a reconnu ce que mon oncle nous a infligé.

Cette reconnaissance est nécessaire pour se réparer, retrouver une dignité et une place dans la société.

Mais l’action juridique ne suffit pas.

Il faut pouvoir trouver de l’aide psychologiquement, par exemple.

Pour tenir la route, il faut être solidement accompagné.

C’est mon cas, je considère que j’ai beaucoup de chance.

Quand ce processus arrivera à son terme, je pense qu’il sera riche d’enseignements. Il l’est déjà.

Quel témoignage faites-vous de votre combat ?

À 45 ans, j’ai parcouru un long chemin.

D’abord isolée, abîmée, et en survie, j’ai cherché de l’aide et du soutien à l’intérieur de ma famille (parmi les personnes de ma génération) et aussi à l’extérieur, j’en ai trouvé.

J’ai trouvé des personnes dotées de grandes qualités humaines, constantes, en qui j’ai eu confiance et qui ne m’ont jamais déçue.

Parmi elles, il y a mon avocat, Me Joanny Moulin.

Il est payé par l’aide juridictionnelle pour mon affaire.

À mes côtés depuis le début, il n’a jamais baissé la garde, disponible, réactif, compétent.

Je ne me bats pas seule.

Cependant, cette affaire est un dossier sur son bureau. Pour moi, c’est une part douloureuse de ma vie. Je veux pouvoir tourner cette page.

Je n’imaginais pas un tel combat, mais il est salutaire.

J’encourage vivement les victimes à parler et à s’entourer pour se reconstruire et retrouver la liberté.

Aussi, je souhaite que les événements de l’actualité lèvent enfin le tabou de l’inceste, c’est vital.

Il faut se former, faire de la prévention très tôt, et protéger ceux qui signalent.

Tous les enfants, quelle que soit leur condition sociale, doivent être protégés dès leur naissance.

Mon engagement, ma participation pour un changement de société, est visible dans le documentaire réalisé par Michèle Bourgeot et produit par Thierry Maisonnave.

 

Me Moulin rappelle l’enchaînement des faits ayant conduit à la libération de l’accusé

Me Joanny Moulin, avocat de Jessika Cviklinski, revient sur “les trois épisodes” qui se sont conclus, le 11 janvier, par un arrêt de la chambre de l’instruction ordonnant la remise en liberté de Jacques Cviklinski.

Une décision motivée par le rapport de l’expert concluant que “l’état de santé de Jacques Cviklinski est incompatible avec son maintien en détention”.

Placé sous contrôle judiciaire, avec obligation de ne pas sortir du territoire national métropolitain, de s’absenter de son domicile, de remettre au greffe son passeport, Jacques Cviklinski vit actuellement à Marseille.

“Il y a eu trois audiences. Une demande de mise en liberté formulée par l’accusé disant que son état était incompatible avec une détention.

Cela a été plaidé et je m’y suis opposé en disant que rien ne le prouvait.

Et en expliquant surtout qu’il avait été pincé une fois en violation de contrôle judiciaire, en train de gambader dans les rues de Marseille alors qu’il avait comparu avec une espèce de fauteuil roulant devant la cour d’assises. Là, on avait gagné.”

Un premier refus qui n’arrête pas Jacques Cviklinski, puisqu’il entame une deuxième procédure, “une expertise cette fois-ci”, souligne Me Joanny Moulin.

“La cour a désigné un expert qui a rendu un rapport assez fourni, indiquant que son état actuel n’était plus compatible avec la détention. À cause du diabète, qu’il est en fauteuil roulant, qu’il est en train de perdre un œil, etc.”

La cour procède alors à sa libération et renvoie sur une troisième audience, en janvier.

Celle-ci devait décider “si on le plaçait sous contrôle judiciaire ; lui souhaitait partir en Corse ; nous souhaitions le bracelet électronique, sachant que son port ne peut aller au-delà de 2 ans et qu’il avait déjà fait 15 mois de bracelet pendant l’instruction. Il a donc été placé sous contrôle judiciaire à Marseille.”

Si Me Moulin “aurait préféré qu’il reste en prison” l’avocat évalue que “compte tenu de ce rapport d’expertise, le maintien en détention aurait été irrémédiablement censuré par la cour de cassation via l’article 3 de la déclaration des Droits de l’Homme.

Mais le fait qu’il ait été mis sous contrôle judiciaire strict à Marseille, je ne suis pas si déçu que ça.”

Conscient de l’amertume des plaignantes, Me Moulin souligne qu’”il ne faut pas se tromper de combat : l’important, c’est la culpabilité.

Je comprends qu’elles soient déçues et considèrent le fait qu’il sorte comme victorieux. Je peux l’entendre.

Mais, techniquement, sur le dossier, en état du rapport d’expertise et dans l’hypothèse d’un pourvoi en cassation contre un arrêt de la chambre d’instruction qui aurait refusé la remise en liberté, la cassation aurait été certaine. La cour avait dit 15 ans et il n’a fait que deux ou trois années. Je comprends la dose d’amertume.”

Une libération via le rapport d’un expert que les avocats des parties civiles souhaitaient hors du ressort de la cour d’appel d’Aix, “dans la mesure où il est grand maître d’une loge maçonnique, ex-président d’un Lions Club, médecin ophtalmologue à Marseille et très introduit.

La cour a répondu que le fait même d’être inscrit sur la liste des experts fait acte de probité ipso facto.

La chambre a pourtant repris tous nos arguments.

Je prouve que le médecin expert fait partie du service dont le chef a témoigné en faveur de Jacques Cviklinski.

Que le second du service était en lien avec l’accusé.

En revanche, je n’ai pu prouver que l’expert lui-même avait des liens directs avec l’accusé.

Ils s’étaient beaucoup rencontrés dans le cadre d’action par le Lions Club, mais la cour disait que l’on ne pouvait suspecter la validité du rapport d’expertise.”

Stéphane BARBIER
Sur le site Vimeo, un documentaire réalisé par Michèle Bourgeot, produit par France THM productions, intitulé “Une affaire de famille” relate le long parcours de Jessika Cviklinski, nièce de l’accusé, ainsi que son avocat, Me Joanny Moulin, membre de l’association “Parole d’enfant”.
Contact : jessikalinski.uneaffairedefamille@protonmail.com

Article du 22 Mars 2021:

Dernièrement, Jacques Cviklinski a été remis en liberté après avoir écopé de 15 ans de réclusion criminelle pour viols sur sa fille et sa nièce.

Une décision qui a suscité la colère des victimes. L’une d’elles s’insurge aussi contre la stèle dédiée à deux membres de cette famille à Calvi

L’affaire éclate en 2008. La fille de Jacques Cviklinski, porte plainte contre son père pour viol quand elle était âgée de 19 ans ainsi que pour attouchements sexuels qui auraient été commis pendant près de quatorze ans, notamment en Corse.

Il est par la suite accusé de viol et de tentative de viol sur sa nièce alors qu’elle avait 18 ans.

Aujourd’hui, âgé de 69 ans, cet ophtalmologue à la retraite, partageant sa résidence entre Marseille et Calvi a été condamné pour ces faits en première instance en 2017 à 12 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône avant de faire appel.

Lors de son second procès, en 2019, à Draguignan, il a écopé de 15 ans de réclusion criminelle. Une affaire qui aurait pu s’arrêter là.

Mais Jacques Cviklinski a formé un pourvoi en cassation contre le verdict en invoquant la dégradation de son état de santé (diabète, problèmes oculaires) et le fait qu’il soit obligé de se déplacer en fauteuil roulant.

Il a été remis en liberté le 7 janvier dernier par la chambre de l’instruction et a été placé sous contrôle judiciaire.

Cette décision a provoqué une vague de colère et d’indignation chez les parties civiles comme l’écrit la nièce de l’accusé, Jessica Cviklinski dans un post sur Facebook.

“Mon oncle a fait presque un an de prison mais déjà trois demandes de sortie. Il l’a finalement obtenue pour raisons médicales le 7 janvier, sous contrôle judiciaire, assigné à résidence à Marseille. Il voulait être assigné à résidence en Corse mais… il serait si malade qu’il ne l’a pas obtenue car, dans son état, la justice a décidé qu’il valait mieux être à Marseille près des hôpitaux. Il aurait voulu pouvoir continuer à vivre comme après sa première condamnation”

Puis, elle souligne également que :

“Cet homme ne manifeste aucun remords pour ceux qu’il a trahis et détruits.”

Dans ce même courrier, elle dénonce aussi l’absence d’une contre-expertise médicale demandée par les parties civiles et considère que son oncle a “obtenu sa sortie de prison en trichant”.

Son avocat, Me Joanny Moulin, également conseil de l’association Enfance et Partage, avait émis des réserves auprès de la chambre de l’instruction du fait des réseaux professionnels et associatifs dont fait partie l’accusé.

Il lui avait signifié qu’il “était plus prudent de désigner un médecin expert hors du ressort de la cour d’appel d’Aix-en-Provence” observant notamment que l’expert en question “fait partie du service médical dont le chef a témoigné en faveur de l’accusé lors de son procès.

La chambre de l’instruction a répondu que son inscription sur une liste d’experts judiciaires est un gage d’objectivité.

Me Moulin comprend ainsi “l’amertume des parties civiles” devant cette remise en liberté mais il fait remarquer que “le vrai combat” était d’obtenir “la reconnaissance de la culpabilité” de l’accusé.

Pour sa part, Me Emmanuel Molina, l’avocat de Jacques Cviklinski, précise qu’en raison du pourvoi en cassation en cours d’examen, son client :

“Demeure présumé innocent. Sa remise en liberté est conforme à nos règles et n’est que justice au regard de sa situation personnelle et d’une accusation qu’il continue de contester avec force”.

En 1996, la municipalité de Calvi inaugurait une stèle en la mémoire de deux navigateurs disparus en mer, Marc et Jacques Cviklinski, frère et père de l’ophtalmologue.

Il y a quelques jours, la municipalité de Calvi a enlevé la stèle en mémoire aux navigateurs Marc et Jacques Cviklinsky. Tous deux accusé de viols incestueux par Jessica Cviklinski et ses soeurs. Olivier Sanchez-Crystal Pictures

 

Un hommage leur avait été rendu, en présence du ministre Bernard Pons, sur le quai d’honneur de la ville. Mais vingt-cinq ans après, cette stèle fait polémique.

Pour Jessica Cviklinski :

“Cet hommage est insoutenable. Mon oncle Marc m’a lui aussi violée quand j’avais 16 ans ; il a violé une de mes sœurs quand elle avait 14 ans dans la maison de nos grands-parents à Lumio. Mon grand-père m’a agressée un été où je travaillais à Lumio. Cette stèle en l’honneur des Cviklinski est d’un grand cynisme, elle ressemble à un couteau dans la plaie des victimes de cette famille, et de toutes les victimes de viols incestueux”.

Touchées par ce témoignage, plus de 270 personnes ont signé une pétition en ligne lancée par Donne in Lotta et demandant le retrait immédiat de cette stèle.

Le maire de Calvi, Ange Santini, a choisi de faire enlever la stèle il y a quelques jours en attendant la suite de cette affaire. Il explique :

“Au moment de l’inauguration de cette stèle en hommage à ces deux navigateurs renommés à l’échelle nationale, les accusations n’étaient pas encore connues. À l’époque, nous avons pensé de manière naturelle à honorer la mémoire de ces deux hommes. Cependant, en raison de ces graves accusations, le conseil municipal et moi-même avons pris la décision d’enlever cette plaque commémorative qui pouvait également prêter à confusion. En effet, le navigateur Jacques Cviklinski porte le même prénom que son fils condamné à 15 ans de réclusion criminelle.”

À l’heure où la parole des femmes devient de plus en plus libre, et où des affaires d’agressions sexuelles sur mineurs occupent le devant de l’actualité, Jessica Cviklinski considère que :

“Les victimes d’inceste et de pédocriminalité devraient toutes pouvoir sortir du silence, être entendues et écoutées. La honte est en train de changer de camp. Ce qui se joue en ce moment est un tournant historique pour la protection des enfants”.

 

 

Article du 19 Avril 2021:

Les accusations d’inceste de Jessica Cviklinski à l’encontre Jacques et Marc Linski, ayant abouti, depuis, au retrait de la stèle à leur mémoire du port de plaisance de Calvi, continuent à faire des remous.

Vladimir Cviklinski, qui réside à Patrimoniu a, en effet, décidé, à son tour, de s’exprimer après la réaction des enfants et frères des accusés, souhaitant “rétablir la vérité” sur ces accusations d’inceste…

En réponse à l’article paru dans votre édition du Corse Net Infos du 22 mars 2021 portant sur la stèle Cviklinski à Calvi.

“Pour commencer, je dois dire que la douleur du décès de mon grand-père et de mon oncle, je l’ai aussi vécue, mais elle ne justifiera jamais que les victimes se taisent. Il y a une légitimité à la libération de la parole pour que les victimes se reconstruisent, encore faudrait-il qu’elles soient écoutées et entendues, ce qui n’est toujours pas le cas dans notre famille incestueuse.

Sortir de ce silence mortifère est incontournable pour stopper la transmission transgénérationnelle de l’inceste. Un grand problème de société.

Je tiens à remercier l’association Corse Donne in Lotta pour son courage dans l’accompagnement de la parole des femmes victimes de violences.

Les propos de mon père, Luc Cviklinski et de sa fratrie à l’encontre de cette association sont déplacés. Une fois de plus ils se permettent une injonction au silence. Ils ne portent que leur propre voix.

Quelle légitimité ont-ils pour juger publiquement avec si peu de nuances le travail de cette association ?

Je prends la parole parce que dans l’article du 22 mars mon père et sa fratrie m’accusent entre autre « d’allégation colportée » et de « propos calomnieux » notamment dans le film « Une affaire de famille » de Michèle Bourgeot sur Vimeo.

Je leur réponds qu’ils sont encore une fois dans le déni des incestes dans notre famille et je les invite à lire les publications de mes sœurs Jessica Cviklinski, Emilie Cviklinski et Virginie Cviklinski sur leurs pages publiques Facebook.

Ces pages, ainsi que le témoignage d’un de mes cousins, sont la choquante et triste réalité des comportements incestueux de mon oncle et de mon grand-père.

Cette réalité, ils ne la supportent pas.

L’opprobre n’est pas jeté sur toute une famille comme ils le disent mais sur les quatre personnes qui le verbalisent. Ils ne sont pas représentatifs dans leur déni d’une famille de plus de 55 personnes vivantes, dont de nombreuses victimes.

Qu’ont-ils à se reprocher ? Quelle honte portent-ils ? Sont-ils uniquement dans le déni ou aussi peut être dans l’amnésie traumatique ? Je dois dire que je me pose la question.

Ils se défendent d’avoir été des victimes (comme au procès de leur frère Jacques Cviklinski à Draguignan en 2019) alors que le propos est la stèle du quai d’honneur de Calvi.

Pourquoi ? La honte d’être un maillon transgénérationnel ?

Puis ils parlent aux noms de tous leurs enfants: les 23 enfants n’ont pas été consultés ! Pourquoi parlent-ils en nos noms ? Je ne leur permets pas.

Pour moi, on touche à une des problématiques de notre famille, à savoir le fonctionnement patriarcal et autoritaire. Cette autorité toute puissante des hommes de la famille, sur les femmes et les enfants, on la retrouve dans leur article. Il y a de manière accablante le non-respect de l’altérité. Le non-respect de l’autre, de sa parole et de sa souffrance. On ne leur a pas appris que l’amour passe par l’écoute et que les femmes et les enfants ne leur appartiennent pas que ce soit au niveau des corps ou des paroles. Ce système d’oppression et de domination a été le lit de l’inceste.

L’image parfaite qu’ils veulent renvoyer à la société de notre famille, n’est pas représentative de la réalité. Ils veulent la préserver à tout prix, quelles qu’en soient les conséquences pour les victimes. Mais comment peuvent-ils persévérer dans le déni alors qu’ils ont tous été convoqués comme témoins dans les procès de leur frère Jacques Cviklinski. Ils savent.

De nombreuses victimes ont parlé, même s’il y a prescription pour certaines.

Alors, pourquoi aucun mot pour leur frère Jacques condamné à 15 ans de prison ferme en appel pour viols incestueux ?

Pourquoi aucun mot pour les victimes reconnues dans les procès ? Ce sont pourtant les voix de leur enfant, leurs nièces et filleules.

Leurs mots et leurs silences parlent d’eux, de leur positionnement familial, de leurs conflits de loyauté et de leurs hontes. En tant que parents ils DEVAIENT protéger leurs enfants et ceux de la famille.”

Vladimir Cviklinski

 

Article du 3 Septembre 2021:

Jacques Cviklinski aurait été interpellé dans sa résidence secondaire à la sortie de Calvi.

Cette affaire de viol sur sa fille Caroline et sur sa nièce Jessika qui défraie la chronique judiciaire depuis plusieurs années vient de connaître un nouveau rebondissement ce mercredi 1er septembre à Calvi où à l’initiative d’une vingtaine de personnes, dont le neveu du condamné, Vladimir Cviklinski, venu tout spécialement du Cap Corse où il réside, se sont rassemblée à l’entrée de la route menant vers la plage de Sainte-Restitude à Calvi où se trouve la résidence secondaire de Jacques Cviklinski dit « Carolin ».

La présence sur les lieux de ce dernier, laissé en liberté pour raison médicale et assigné à résidence à Marseille avec interdiction de sortir en dehors des rendez-vous médicaux et consultation de ses avocats explique la présence de ce groupe brandissant des panneaux où on pouvait notamment lire :

« Stop au monde patriarcal », « Inceste, brisons le silence », « Violences, briser le silence » ou encore « La colère est grande derrière nos masques », « Attention violeur en liberté »… ;

Sur la boîte au lettres de Jacques Cviklinski on pouvait lire le mot « Prison ».

Sur place, ils étaient accueillis par les Gendarmes qui barraient la route d’accès à la villa, ce qui ne manquait pas de surprendre les participants à ce rassemblement spontané.

Un rassemblement qui se voulait pacifique. Photo Kevin Guizol / Eyefinity Prod

Les manifestants apprenaient sur place que Jacques Cviklinski était bien arrivé en fauteuil roulant à l’aéroport Calvi-Balagne avec sa compagne et qu’il se serait bien installé dans sa résidence secondaire mais que les événements se seraient précipités ces dernières 24 heures avec l’interpellation hier de l’homme condamné à 15 ans de réclusion. Une interpellation suivie de son incarcération à la Maison d’arrêt de Borgo.

Une information qu’il convient toutefois de prendre au conditionnel.

Comme expliqué plus haut en effet, « Carolin » Cviklinski condamné en appel à 15 ans de réclusion, avant d’être remis en liberté pour raison médicale et assigné en son lieu de résidence à Marseille avec interdiction de sortir à l’exception de ses rendez-vous médicaux et avec ses avocats s’était pourvu en cassation.

Depuis, on sait que le pourvoi en cassation a été rejeté.

Du même coup, suite à ce dernier volet de cette affaire qui déchire toute une famille, l’assignation à résidence à son domicile de Marseille n’avait plus cours et « Carolin » Cviklinski était libre de voyager et de se rendre dans sa résidence secondaire en Corse où il a effectivement été vu avec sa compagne.

On sait aussi que les avocats des parties civiles ont été informés de cette présence du condamné en Corse et que depuis, la justice est à nouveau saisie.

Une affaire qui est appelée à de nouveaux rebondissements.

Source: Stampa pease

 

Article du 6 Septembre 2021:

Jacques Cviklinski, condamné pour viol et tentative de viol aggravé et atteintes sexuelles aggravées sur sa propre fille Caroline et sur sa nièce Jessika; à 15 ans de réclusion par la cour d’assises du Var, après avoir écopé de 12 ans en première instance, libéré il y a quelques mois pour raison de santé avait regagné sa résidence secondaire de Calvi, avant d’être interpellé et transféré à la Maison d’arrêt de Borgo. Hier on apprenait que finalement l’homme a été transféré vers la prison de Draguignan.

Nouveau rebondissement dans cette affaire Jacques Cviklinski, ophtalmologue marseillais condamné à 15 ans de réclusion criminelle en appel, avant d’être remis en liberté pour raison médicale et assigné à son domicile de Marseille avec interdiction de sortie, à l’exception de ses visites médicales et rendez-vous avec ses avocats.

On l’a dit, le rejet de son pourvoi en cassation a fait tomber du même coup sa remise en liberté pour raison médicale et son assignation à résidence.

Jacques Cviklinski  a semble t-il profité de cette période compliquée de la pandémie et des vacances judiciaire pour finalement se rendre à Calvi où il a été vu en fauteuil roulant à l’aéroport, puis dans la maison familiale au bord de la mer, lieu-dit Sainte Restitude à Calvi, en compagnie de sa compagne Pascale.

Cette affaire de viol sur sa fille Caroline et sur sa nièce Jessika qui défraie la chronique judiciaire depuis plusieurs années vient de connaître un nouveau rebondissement ce mercredi 1er septembre à Calvi où à l’initiative d’une vingtaine de personnes, dont le neveu du condamné, Vladimir Cviklinski, venu tout spécialement du Cap Corse où il réside, se sont rassemblée à l’entrée de la route menant vers la plage de Sainte-Restitude à Calvi où se trouve la résidence secondaire de Jacques Cviklinski dit « Carolin ».

La présence sur les lieux de ce dernier, laissé en liberté pour raison médicale et assigné à résidence à Marseille avec interdiction de sortir en dehors des rendez-vous médicaux et consultation de ses avocats explique la présence de ce groupe brandissant des panneaux où on pouvait notamment lire : « Stop au monde patriarcal », « Inceste, brisons le silence », « Violences, briser le silence » ou encore « La colère est grande derrière nos masques », « Attention violeur en liberté »… ;

Sur la boîte au lettres de Jacques Cviklinski on pouvait lire le mot « Prison ». Sur place, ils étaient accueillis par les Gendarmes qui barraient la route d’accès à la villa, ce qui ne manquait pas de surprendre les participants à ce rassemblement spontané.

Les manifestants apprenaient sur place que Jacques Cviklinski était bien arrivé en fauteuil roulant à l’aéroport Calvi-Balagne avec sa compagne et qu’il se serait bien installé dans sa résidence secondaire mais que les événements se seraient précipités ces dernières 24 heures avec l’interpellation la veille de l’homme condamné à 15 ans de réclusion. Une interpellation suivie de son incarcération à la Maison d’arrêt de Borgo.

Une information qu’il convient toutefois de prendre au conditionnel.

Comme expliqué plus haut en effet, « Carolin » Cviklinski condamné en appel à 15 ans de réclusion, avant d’être remis en liberté pour raison médicale et assigné en son lieu de résidence à Marseille avec interdiction de sortir à l’exception de ses rendez-vous médicaux et avec ses avocats s’était pourvu en cassation.

Depuis, on sait que le pourvoi en cassation a été rejeté.

Du même coup, suite à ce dernier volet de cette affaire qui déchire toute une famille, selon nos informations, l’assignation à résidence à son domicile de Marseille n’avait plus cours et « Carolin » Cviklinski était libre de voyager et de se rendre dans sa résidence secondaire en Corse où il a effectivement été vu avec sa compagne.

On sait aussi que les avocats des parties civiles ont été informés de cette présence du condamné en Corse et que depuis, la justice est à nouveau saisie.

Selon les dernières informations, l’arrivée de cet individu à la Prison de Borgo n’a pas été du goût des détenus. De plus, cette Maison d’arrêt n’est pas adaptée pour apporter les soins nécessaires à son état de santé.

Décision a donc été prise par la justice de transférer Jacques Cviklinski, dit « Carolin » sur le continent, avant son incarcération à la Maison d’arrêt de Draguignan.

Selon nos dernières informations, ses avocats ont déposé une nouvelle demande de remise en liberté pour raison de santé. Si celle-ci est acceptée, on ne sait encore le lieu de l’assignation.

Mais, ce qui est certain, c’est qu’en Corse, « Carolin » Cviklinski est devenu un personnage indésirable et que tout sera mis en œuvre pour qu’il ne puisse revenir habiter dans sa résidence secondaire.

Publication Facebook de Jessica Cviklinski du 23 Octobre 2021:

 

Décision d’exclusion et de déchéance des droits maçonniques de Jacques Cviklinski

Article du 25 Octobre 2021:

 

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