Tours | Placé en détention pour “enlèvement, séquestration, viol et agressions sexuelles”

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Ses « pulsions » et ses agissements ont convaincu la cour de le renvoyer en détention
Photo d'illustration
Accusé de viol par deux mineures, un jeune homme âgé de 19 ans avait d’abord obtenu une remise en liberté.

Le parquet a fait appel d’une ordonnance de mise en liberté d’un jeune homme placé en détention provisoire pour « enlèvement, séquestration, viol, agressions sexuelles, corruption, en récidive ».

Deux jeunes mineures originaires du Lochois avaient été agressées dès l’âge de 12 et 14 ans par un jeune de 19 ans – au moment des derniers faits – qui lui ont valu une plainte des parents des victimes.

Séquestration menottes sex-toys et anxiolytiques. La première, âgée d’un an de moins que le suspect, avait déjà déposé une main courante en classe de 3e, quand son condisciple lui avait demandé une photo de nu.

En décembre 2020, il reprenait contact avec elle et obtenait un rendez-vous. Il se faisait passer pour « aide-soignant », pour avoir effectué un stage de deux mois comme agent de soins dans un Ehpad du Lochois.

Avec l’adolescente, il procédait à une « consultation médicale », lui administrant un anxiolytique, la séquestrant à l’arrière d’un véhicule avec des menottes, un masque, lui tirant les cheveux lorsqu’elle le suppliait de la détacher.

L’auteur avait filmé la « consultation ».

Le 5 janvier 2021, la jeune victime, examinée à Tours, présentait des lésions aux poignets, à la cuisse gauche et un anxiolytique était détecté dans son sang.

Le jeune mis en cause était interpellé le 6 janvier et incarcéré le lendemain. Les perquisitions chez lui et dans son véhicule permettaient de saisir des tensiomètres, des stéthoscopes mais aussi des sex-toys et une paire de menottes.

La jeune fille avait fait une tentative de suicide et il le savait.

Une autre jeune fille de 14 ans s’est plainte d’agressions sexuelles et d’exploitation photographique.

Les deux jeunes filles qualifient l’auteur des faits :

« D’obsédé par le sexe ».

Les parties civiles – non présentes – craignaient une libération du suspect. Julien Le Gallo, avocat général, au nom du parquet, a fait part de ses vives inquiétudes quant à cette libération « prématurée » et préconisé une infirmation de l’ordonnance de mise en liberté.

Il a mis en avant les risques d’interférence, l’intéressé ayant déjà pris contact avec celle qui a fait une tentative de suicide. Il a évoqué le risque de réitération des faits en raison de ses pulsions sexuelles, et pointé ses explications fantaisistes des passages à l’acte.

À la suite d’une condamnation pour un incendie allumé en 2020, alors qu’il était pompier volontaire, le pyromane n’avait pas suivi les soins prescrits. Dès lors, une injonction de soins en milieu ouvert semblait compliquée pour cet homme « dans le déni de ses pulsions ».

La cour a estimé qu’il présentait un risque de trouble à l’ordre public en raison de la vulnérabilité des jeunes victimes et de ses mises en scène dans le milieu médical.
Son conseil, Me Modestie Corde, a avancé que « dix-huit mois de détention, cela suffit », rappelant, au passage, que son client « a reconnu les faits les plus graves ».

Sa détention est chaotique, mal vécue. Son père est prêt à l’héberger et un emploi dans le décolletage l’attendrait.

« Je tiens à reprendre ma vie en main », a déclaré le mis en cause en fin d’audience.

La cour a finalement décidé de maintenir en prison.

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