Suisse | Inceste, un maçon portugais de 45 ans viol sa fille pendant 7 ans

 

C’était quitte ou double pour Nino*, maçon portugais de 45 ans. Début 2015, sa fille Carla* portait plainte contre lui pour viol. Les faits se seraient déroulés sur une période de sept ans, jusqu’en 2008 (la plaignante avait alors entre 10 et 16 ans), dans leurs lieux de vie successifs.

Principalement dans un hameau du Jura français, mais aussi en Suisse, entre un village des Franches-Montagnes et La Chaux-de-Fonds.

À leur domicile – parfois en visionnant un film pornographique –, au volant, mais aussi dans les bois, ou encore lorsque l’homme accompagnait sa fille au catéchisme. Toujours en l’absence de son épouse, y compris lorsque cette dernière était hospitalisée.

Tout au long des deux ans d’enquête pénale, Nino a nié en bloc. Malgré l’absence de preuve matérielle ou de témoin, la procureure chaux-de-fonnière, Sylvie Favre, a cru la jeune femme sur parole, et mis son père en accusation.

Le quadragénaire a cependant pu rester en liberté jusqu’à son procès. Lequel s’est tenu hier devant le Tribunal criminel des Montagnes et du Val-de-Ruz.

Déclic à la naissance de sa nièce

Assise face à lui, sans paravent: Carla (aujourd’hui âgée de 25 ans, devenue mère à son tour il y a 11 mois). Dans les rangs du public: son compagnon et sa maman (l’ex-femme du Portugais).

«Je l’ai mise au courant en janvier 2015, au cours d’une dispute où elle me reprochait de ne plus prendre contact avec lui»,

a déclaré la jeune Chaux-de-Fonnière.

«Quelques semaines plus tard, ma nièce est née. Quand j’ai vu son petit visage, ça m’a fait un déclic pour aller à la police. C’est un bébé innocent, heureux, je ne voulais pas qu’elle subisse ce que j’ai subi…»

À la fin de son interrogatoire, en matinée, Carla a lancé aux trois juges qu’elle ne pourrait pas laisser Nino ressortir du tribunal

«sans qu’il ne se passe rien»: «Il m’a volé mon enfance, ma virginité. Ma vie.»

Pas incarcéré après le verdict

«Que pensez-vous avoir fait à votre fille pour qu’elle vous accuse si fortement?»

a lancé le président, Christian Hänni, au quadragénaire.

«Peut-être de les avoir abandonnés, elle et son frère (le couple s’est séparé en 2009, ndlr)», a marmonné l’accusé (lui-même abusé dans son enfance, tout comme son épouse).

«Et de lui avoir dit que j’aimais davantage ma nouvelle compagne que leur mère. Ma fille m’avait répondu que je le paierai très cher, mais je n’aurais jamais imaginé ça…»

Une thèse de la vengeance balayée par les juges à l’heure du verdict.

«Ce conflit conjugal était terminé depuis quelque temps, et les aveux sont venus en deux temps, en 2012 (uniquement à une psychologue, ndlr), et en 2015»,

a décrété le président Hänni, tout en soulignant que le récit de Carla est

«riche, cohérent, spontané, et contient de nombreux détails»: «Nous n’avons pas senti de tendance à l’exagération.»

La Cour a ainsi prononcé une peine de 3 ans et demi de prison ferme, comme l’avait requis la procureure Favre, et alloué le montant de 10 000 fr. demandé par la jeune plaignante.

Les trois magistrats ont en revanche renoncé à prononcer une incarcération immédiate en attendant que Nino décide s’il recourt contre sa condamnation.

En dépit du risque de fuite vers le Portugal, où sont restées ses sœurs et sa mère.

«Je ne pense pas qu’il partira, mais je ne peux pas mettre ma main à couper»,

nous confie son avocate, Me Béatrice Haeny, qui met en avant le fait que son client perdrait sa place de travail fixe qu’il a obtenue il y a quatre mois seulement – onze ans après être venu en retrouver en Suisse. (Le Matin)

Source : Lematin.ch

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