Saint-Quentin | Elle viole sa fille de 6 ans et prend deux ans sous bracelet

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Pédocriminel En liberté

On reproche à la mère l’insertion d’une capsule de bière : « Sous l’alcool, peut-être. »
Poursuivie pour des actes d’une rare gravité sur sa fillette, une femme a été condamnée, ce mardi 3 mars, pour le viol de sa fille de 6 ans. Même si le dossier est classé, des zones d’ombre perdurent concernant son père et quatre hommes. Seule la mère comparaissait.

À la barre du tribunal de Saint-Quentin, ce mardi 3 mars, la prévenue s’étonne de sa solitude. Dans ce dossier de viol correctionnalisé concernant sa fille de 6 ans, ils étaient quatre suspects au départ. « C’est un dossier un peu particulier », souligne l’avocate de la fillette, Maître Fanny Villermaux.

Une ordonnance de non-lieu avait été rendue.

«Quand nous l’avons reçue au cabinet, il nous paraissait inconcevable de ne pas faire appel », précise-t-elle. La chambre d’instruction a annulé l’ordonnance et réduit le périmètre des poursuites à la mère. C’est pour cette raison qu’elle comparaît seule face aux juges. Une situation dont elle se plaint à plusieurs reprises.

La fillette n’en démord pas

L’affaire éclate après le placement en famille d’accueil de la petite fille fin 2019, d’abord pour des faits de violence. En juin 2020, la mère d’accueil découvre sur son téléphone une photo prise par l’enfant elle-même : elle y apparaît les jambes écartées, le sexe dénudé.

Si ce comportement, souvent révélateur de faits sordides, pousse la mère d’accueil à effacer le cliché par mauvais réflexe, la parole de l’enfant, elle, se libère.

Face à sa famille d’accueil, puis devant la gendarmerie, les psychologues et le gynécologue, ses propos restent constants. Elle dénonce des attouchements sexuels commis par sa mère :

« Ma maman a mis un doigt dans le trou du pipi. »

Des accusations visent également son père.

« Son sexe mou frottait contre mon ventre et devenait tout dur ».

Des amis et des voisins sont aussi mis en cause. Au total, la fillette affirme que quatre hommes l’auraient touchée.

Une mère entre déni et amnésie

Face à ces révélations accablantes et à l’avancée de l’enquête, la mère est placée en garde à vue en juin 2021. Lors de sa quatrième audition, elle finit par lâcher :

« Ma fille ne ment pas, mais ces vérités-là, je ne m’en souviens pas. »

Lorsqu’on lui reproche l’insertion d’une capsule de bière, elle se retranche derrière son addiction passée : « Sous l’alcool, peut-être. »

À l’audience, la prévenue — sobre depuis cinq ans — évoque son propre passé de fille abusée, tentant de s’en servir comme circonstance atténuante. Elle va jusqu’à émettre l’hypothèse qu’un autre enfant placé dans la famille d’accueil pourrait être à l’origine des actes.

Une esquive qui provoque l’exaspération du parquet : « C’est tout le monde sauf vous ! Clarifiez les choses, madame. »

Le ministère public avait requis cinq ans d’emprisonnement. Les magistrats condamne finalement la mère à quatre ans de prison, dont deux ans assortis d’un sursis probatoire. La partie ferme de la peine sera purgée sous le régime du bracelet électronique.

Le retrait de l’autorité parentale pour une durée de 5 ans est prononcé pour la même période. Son nom est inscrit au Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS).

Elle devra verser 10 000 euros de dommages et intérêts à sa fille, reconnue victime.

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