Saint-Laurent-de-Brèvedent | Une adolescente fugueuse d’un foyer pour l’enfance grièvement agressée

 

Après la découverte d’une jeune fille de 15 ans grièvement blessée sur un chemin à Saint-Laurent-de-Brèvedent près du Havre vendredi midi, les enquêteurs cherchent à connaître l’emploi du temps de la victime, la veille.

Une marque est visible sur le chemin herbeux qui termine la rue de l’Épine, en lisière de forêt, à Saint-Laurent-de-Brèvedent près du Havre.

Cette marque, c’est l’endroit où une jeune fille de 15 ans a été découverte, grièvement blessée et recroquevillée au sol, par un habitant qui se baladait, vendredi midi (lire nos éditions d’hier).

« Je suis sorti pour promener mon chien quand j’ai entendu un quadragénaire qui réside dans la commune m’interpeller.

Il m’a dit qu’il venait de tomber sur une jeune fille en sang et qu’il n’avait pas de téléphone pour appeler les secours », raconte un riverain qui décrit la victime comme « complètement hagarde ».

« Un acharnement »

Une fois les pompiers alertés, la femme de ce dernier vient sur les lieux pour prendre en charge la victime en attendant l’arrivée des secours.

« Elle était sur le flanc, tremblante et en hypothermie. J’ai essayé de la faire parler pour qu’elle reste éveillée », explique, hier, la quadragénaire encore sous le choc.

Elle se rappelle d’une fille « coquette et notamment vêtue d’un blouson en cuir ».

Selon nos informations, l’adolescente, qui ne se souvient de rien à compter de minuit, aurait passé la nuit dehors à l’endroit où elle a été découverte.

Elle a été victime de violents coups portés au niveau « des membres supérieurs », indique le commandant Anthony Albert, chef d’escadron de la compagnie de gendarmerie du Havre qui n’hésite pas à parler d’« acharnement ».

« Elle souffre de nombreuses fractures aux poignets, aux bras et aux épaules.

Elle a des plaies à la tête et a son nez décalé », poursuit le militaire qui n’exclut pas que les coups ont pu être portés avec un objet.

« Mais ce n’est qu’une hypothèse ».

Aurait-elle été victime de violences sexuelles ? Le commandant ne veut pas s’avancer même si un préservatif usagé et son emballage ont été retrouvés à 150 mètres de la victime, rue de l’Épine.

Effectuées, les analyses toxicologiques et une expertise gynécologique, dont les résultats ne sont pas encore tombés, permettront d’en savoir davantage.

 

Fugueuse et en foyer

Hier, la victime était toujours en soins intensifs à l’hôpital Monod au Havre.

Son pronostic vital n’était pas engagé. Une interruption totale de travail (ITT) a été fixée « à au moins trente jours », rapporte le commandant.

« On ne pourra l’entendre que dans quelques jours » pour comprendre ce qu’il s’est vraiment passé dans la nuit de jeudi à vendredi.

Parce que c’est bien la question. « On essaye d’établir le parcours qu’elle a effectué et avec qui elle a passé la soirée », indique le chef d’escadron.

Cette adolescente « au contexte familial difficile » vit en foyer depuis plusieurs années.

D’abord à Rouen, ensuite au Havre avant de retourner à Rouen, il y a une semaine et demie, selon le commandant qui affirme qu’elle « est habituée aux fugues ».

D’après nos informations, elle aurait pris le train de Rouen jeudi en fin de journée pour rejoindre à la gare du Havre deux garçons, dont un qu’elle connaissait.

C’est aux enquêteurs de la brigade de recherche de la compagnie du Havre, appuyés par la section de recherche de Rouen, de faire la lumière sur cette violente et mystérieuse agression.

Source : Paris Normandie

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