Saint-Brieuc | Procès d’un ressortissant Afghan jugé pour le viol d’un garçon de 12 ans

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Illustration | Tribunal Saint-Brieuc : Archive Ouest France
Ce vendredi matin a débuté, devant la cour d’assises des Côtes-d’Armor, le procès d’un ressortissant Afghan. Il est jugé pour le viol d’un jeune garçon de 12 ans, le 25 août 2018, dans une maison abandonnée de Saint-Brieuc.

Le 25 août 2018, en fin de journée, les policiers de Saint-Brieuc recueillent les confessions d’un petit bonhomme de 12 ans, qui vient d’être victime d’un viol.

Il leur raconte comment cet inconnu, qui l’avait abordé dans le bus, l’a emmené « dans une maison hantée en le tenant par la main ».

Et quand le garçon a commencé à prendre peur, et à penser fuir, « il a serré plus fort ».

Le crime a eu lieu dans une baraque abandonnée, qui jouxtait le boulevard de Sévigné, dans le centre-ville de Saint-Brieuc.

Pas très loin de l’aire de jeu du parc des Promenades, où l’enfant se rendait initialement.

La bâtisse a été détruite depuis.

Il en reste sans doute quelques fantômes, que la cour d’assises des Côtes-d’Armor a commencé à chasser, ce vendredi 25 juin, à l’occasion du premier jour du procès d’un ressortissant Afghan, accusé du viol de l’enfant.

En fin de matinée, les jurés ont vu les photos de la maison.

Le mur de parpaings éventré servant de point d’entrée pour tout une faune venant là consommer, ou trafiquer des stupéfiants.

L’accusé connaissait l’endroit pour cela.

L’ensemble des pièces est jonché de gravats et de saletés.

Sauf le garage, « éclairé par un puits de lumière », se souvient l’enquêtrice de la police à la barre.

Une trace émotionnelle essentielle

La victime, qui a aujourd’hui 14 ans, est venue répondre aux questions de la présidente, ce vendredi après-midi, pour redire, en quelques mots, cette histoire dont il ne « veut plus entendre parler ».

Elle est pourtant « une trace émotionnelle essentielle », selon l’experte psychologue qui l’avait examiné.

Mais pour le garçon, parler, c’est sans doute replonger.

Il dit qu’il a « tout oublié ». Mais il se souvient.

Notamment de ces jeunes filles, venues à sa rescousse, lorsque les « 10 minutes » de calvaire ont été terminées, et qu’il s’est retrouvé de retour en plein parc des Promenades, main dans la main avec son bourreau.

Deux plaintes avant le viol

La scène fait en effet tiquer des adolescentes.

Elles avaient déjà repéré l’accusé.

La faute à « son comportement avec les enfants », diront-elles.

Cet aspect de la personnalité de l’accusé n’a pas échappé à la cour.

La présidente a relevé l’étrange calendrier pénal qui suit presque immédiatement son arrivée à Saint-Brieuc le 16 avril 2018.

« Dès le mois d’avril, il y a une plainte, déposée par une jeune fille, contre vous ».

Une autre suivra en mai.

Il est aussi suspect d’exhibition sexuelle plage des Rosaires à Plérin.

Et puis le viol.

L’intervention des jeunes filles aura permis à la victime d’être prise en charge rapidement.

Et au suspect d’être interpellé le soir même.

« Quelle attitude responsable et courageuse », les a d’ailleurs félicitées l’avocat général « au nom de la société ».

L’accusé, lui, avait reconnu les faits dans la procédure, mais avec des nuances.

« S’il suit quelqu’un qui n’est pas son frère ou son cousin, c’est qu’il est d’accord », avait-il résumé aux enquêteurs.

« C’était juste un tout petit garçon sans défense », souffle une policière à la barre.

Le verdict est attendu mardi 29 juin.

L’accusé encourt 20 ans de réclusion criminelle.

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