Renate Langer témoigne « Roman Polanski m’a violée, c’était horrible »

L’ancienne actrice affirme avoir été violée par le réalisateur en 1972 à Gstaad alors qu’elle avait 15 ans. La justice suisse a déclaré ces accusation prescrites. Elle a de nouveau témoigné dans « Balance ton post ! ».

Source : L’Obs

Une semaine après, la cérémonie mouvementée des César n’en finit pas de faire des vagues. Cette fois, Renate Langer est sortie de son habituelle réserve pour applaudir la sortie fracassante d’Adèle Haenel après l’attribution du prix de la meilleure réalisation à Roman Polanski malgré les différentes accusations de viol qui le visent.

Âgée aujourd’hui de 63 ans, l’ancienne actrice allemande affirme elle aussi avoir été violée par le réalisateur franco-polonais.

« C’est un criminel. Ce qu’il m’a fait et ce qu’il a fait à d’autres femmes… Je pense que pour cette raison, il n’aurait pas du faire d’autres films », réagit-elle au micro de « Balance ton post ! », l’émission de Cyril Hanouna.

Renate Langer a déposé une plainte pour viol en 2017, affirmant avoir été agressée en février 1972 à Gstaad alors qu’elle avait 15 ans.

Deux mois plus tard, la justice suisse déclarait ces accusations prescrites.

Des accusations qu’elle avait déjà évoquées dans le « New York Times » en 2017.

« A propos de la réaction d’Adèle Haenel, je peux donc tout à fait la comprendre. Elle a été violée quand elle avait 16 ans, c’était presque une enfant aussi… », indique-t-elle.

A l’époque des faits présumés, Renate Langer a quinze ans et Polanski, qu’elle a rencontré par l’entremise de son moniteur de ski, lui fait miroirer la possibilité d’un casting.

« Je travaillais dans une boutique de prêt-à-porter à Munich.

Quelqu’un de mon entreprise m’a dit qu’il connaissait le professeur de ski de Roman Polanski.

Celui-ci m’a présenté à Roman Polanski qui m’a parlé de son nouveau film.

Il m’a dit que je serai parfaite pour le rôle principal ».

C’est dans ce contexte, explique-t-elle, qu’elle se serait rendu dans le chalet de Gstaad du metteur en scène de « Rosemary’s Baby » et « Chinatown ».

« J’étais seule dans cette maison avec lui. J’étais dans la chambre et il a soudainement ouvert la porte.

Il m’a attaquée et j’ai vraiment vraiment essayé de me défendre.

Il n’est pas très grand, mais il a une force incroyable, et je n’avais aucune chance. »

«J’ai essayé de le taper avec mes bottes… je l’ai tapé dans l’entrejambe, mais ça l’a rendu encore plus en colère.

Il a attrapé ma main, et il m’a emmenée au premier étage, il m’a jetée sur le lit, il m’a violée, c’était horrible. »

« Je me souviens que j’avais une bouteille de parfum, achetée au duty free.

Il y avait aussi une bouteille de vin.

Jai jeté la bouteille, et après le parfum. Tout était explosé sur le mur.

Mais je n’avais aucune chance de me défendre.

Et quand c’est arrivé, je voulais partir immédiatement.

Je lui ai dit « remmènes moi à l’aéroport, je veux rentrer à Munich », se remémore-t-elle.

Les affaires et accusations impliquant Roman Polanski

Samantha Gailey

Le 11 mars 1977, Roman Polanski (43 ans) est arrêté, accusé d’avoir drogué et violé la veille Samantha Gailey, une adolescente de 13 ans, lors d’un reportage photo dans la villa de Jack Nicholson à Hollywood.

Dans ses « Mémoires » (1984), il reconnaît une relation sexuelle mais dément le viol.

« J’ai été prise en photo par Roman Polanski et il m’a violée », témoignera dans un livre Samantha, aujourd’hui épouse Geimer.

Devant un grand jury, elle affirme qu’il lui a fait prendre un sédatif avant d’avoir des rapports sexuels avec elle.

« Il ne voulait pas me faire de mal […] mais il ne comprenait pas que j’étais trop jeune. Il ne voyait pas que j’avais peur ».

Inculpé le 24 mars notamment pour viol, il plaide non coupable.

En août 1977, pour éviter un procès public, il change de stratégie et plaide coupable de détournement de mineure.

En échange, le juge abandonne les poursuites pour viol avec fourniture et consommation de drogue.

Un accord juridique est passé avec le consentement de la famille

Roman Polanski est néanmoins condamné à trois mois de prison puis est libéré pour conduite exemplaire au bout de 42 jours.

Mais la veille de l’audience pour homologuer l’accord, le juge fait volte-face, estimant la sentence insuffisante.

Roman Polanski, qui a appris qu’il risquait la peine maximum, s’envole pour Paris le 31 janvier 1978.

La justice américaine délivre un mandat d’arrêt international.

Samantha Geimer, à qui le cinéaste a envoyé une lettre d’excuses et versé 225.000 dollars pour mettre un terme au procès civil, réclame à plusieurs reprises l’abandon des poursuites.

Lors de ses voyages à l’étranger, la justice américaine tente de mettre la main sur le réalisateur.

La France et la Pologne (il possède la double nationalité) refusent de l’extrader.

Le 26 septembre 2009, il est arrêté à Zurich.

Il passe deux mois en prison puis est assigné à résidence pendant huit mois dans son chalet à Gstaad.

En juillet 2010, la Suisse rejette finalement la demande d’extradition.

En août 2017, un juge de Los Angeles refuse de clore l’affaire comme le demandaient l’accusé et sa victime.

Valentine Monnier

Le 9 novembre 2019, une Française, Valentine Monnier, accuse Roman Polanski de l’avoir violée en 1975 en Suisse alors qu’elle avait dix-huit ans, dans un témoignage publié par le journal Le Parisien à quelques jours de la sortie du nouveau film du cinéaste sur l’affaire Dreyfus.

Elle indique ne pas avoir déposé plainte pour ces faits, prescrits.

L’avocat du cinéaste, Hervé Temime, affirme que son client « conteste fermement toute accusation de viol ».

Charlotte Lewis

En mai 2010, en plein festival de Cannes, l’actrice britannique Charlotte Lewis accuse le réalisateur d’avoir « abusé sexuellement » d’elle lors d’un casting organisé chez lui en 1983, alors qu’elle avait 16 ans.

« M. Polanski savait que je n’avais que 16 ans quand il m’a rencontrée et m’a forcée », déclare-t-elle lors d’une conférence de presse.

« Robin »

Une seconde femme, identifiée comme « Robin », l’accuse en août 2017 d’agression sexuelle lorsqu’elle avait 16 ans.

Les faits qui auraient eu lieu en 1973 sont prescrits.

Renate Langer

En septembre 2017, Renate Langer, une ancienne actrice, dépose une nouvelle plainte pour viol, affirmant avoir été violée en 1972 à Gstaad alors qu’elle avait 15 ans.

La justice suisse déclare ces accusations prescrites.

Marianne Barnard

Marianne Barnard, une artiste californienne, a confié au « Sun » que le réalisateur l’avait agressée, en 1975, sur la plage de Malibu.

Elle avait alors 10 ans.

Mallory Millett

Elle raconte au « Sun » avoir été violée par Polanski dans un hôtel à New York, en février 1970, juste après le meurtre brutal de Sharon Tate.

Elle avait 29 ans.

5 femmes anonymes via un site internet

En 2017, une plateforme sécurisée vise à rassembler des témoignages d’autres victimes du cinéaste.

Nom du site : Imetpolanski.com.

« Toutes les contributions, une fois vérifiées, seront envoyées aux autorités judiciaires et, avec leur permission, seront partagées anonymement sur ce site », y lit-on.

A l’origine de cette initiative : Matan Uziel, 32 ans.

Le créateur de la chaîne YouTube Real Woman Real stories, qui met en avant la parole de femmes abusées, se décrit comme « militant féministe ».

Les cinq victimes anonymes avaient entre 9 ans et 15 ans lors des faits qui se seraient déroulés entre 1969 et 1972.

« Elles nous ont écrit sous leur nom. A l’époque, elles avaient entre 9 ans et 15 ans. Nous avons vérifié qu’il s’agissait de personnes réelles, que c’était crédible. Mais elles veulent rester anonymes, ne souhaitent pour l’instant pas contacter la presse. Quant à porter plainte, elles n’en sont pas du tout là », raconte-t-il à « l’Obs » en 2017.

Sur Twitter, Matan Uziel a promis une récompense de 20 000 dollars à quiconque fournirait un témoignage permettant d’incriminer le réalisateur, mais il explique alors qu’il n’a en fait pas de quoi les payer.

Roman Polanski a porté plainte pour « diffamation » contre Matan Uziel. Une plainte finalement retirée quelques mois plus tard par le réalisateur.

Source : L’Obs

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