Perpignan | 12 ans ferme pour le pédocriminel récidiviste qui se présentait comme photojournaliste

Il nie. Ne se souvient pas. Pourtant, les éléments d’enquête, le mode opératoire et le passé en disent presque trop long sur ce Perpignanais de 62 ans, Christian Raquidel,  jugé ce mardi devant le tribunal correctionnel pour agression sexuelle sur une fillette alors âgée de 6 ans le 27 août 2010 à Toulouse mais aussi pour détention, importation et mise à disposition d’images à caractère pédopornographique et pour soustraction de document d’enquête.

PHOTO:DR

Tout débute en 2015 quand la cellule de veille et de lutte de la gendarmerie contre la cybercriminalité donne l’alerte concernant un habitant des P.-O. Une perquisition est lancée à son domicile et confirme les soupçons. Des milliers de photos et de vidéos parfois insoutenables d’enfants nus ou contraints à des relations sexuelles sont saisies. Certaines sont affichées dans sa chambre par “esthétisme” ou parce que “ça (le) fait rire”.

D’autres encore trônent en fond d’écran sur son ordinateur et sur son téléphone portable.
Et ce n’est pas tout. Le suspect, lors de son interpellation, tente de dissimuler un DVD en le glissant dans son pantalon.

Le film est aussitôt récupéré et visionné et le montre en train de commettre des attouchements sur une fillette. Un minutieux travail d’investigations permet finalement d’identifier la petite victime dont les parents découvrent les faits.

Le choc est brutal. L’homme, titulaire d’un CAP en photographie, les avait abordés sur les quais de la Garonne à Toulouse.
“Il s’est présenté comme journaliste pour un magazine national. Il nous a expliqué qu’il faisait un reportage sur les couches sociales défavorisées de la société“, racontent le père et la mère.
La famille, dans une grande précarité, accepte. “Il était tout le temps avec nous.” Séjours offerts en Andorre, au bord de la mer, repas au restaurant… l’inconnu, qui se dit spécialiste et passionné de clichés d’enfants, noue sympathie avec eux. Un jour, le mari est parti au travail et sa femme a également un entretien professionnel.

Le prévenu se retrouve seul avec la petite dans l’appartement, l’abuse, se filme. Elle ne dit rien et refoule les souvenirs au fond de sa mémoire pour se protéger. Le “faux reporter” repart vers d’autres sujets. Et les parents ignorent tout.

Sorti de prison depuis un mois

Surtout que l’individu, défendu par Me Henri Cabanat, vient de sortir de prison, en liberté conditionnelle depuis un mois. Avec 24 mentions à ce jour à son casier judiciaire dont 3 déjà pour des faits de nature sexuelle.

À savoir : une condamnation à 15 ans de réclusion par la cour d’assises du Tarn-et-Garonne pour viol sur mineur et deux pour corruption de mineurs.

Un prédateur sexuel qui a mis en place un vrai stratagème et a choisi des gens dans la précarité“, résume Me Cedrik Bréan, l’avocat des parties civiles.

Un récidiviste dont il faut protéger la société, a martelé le parquet représenté par M. Bret, requérant 14 ans d’emprisonnement, en application de la peine plancher (avant 2013) de deux fois le maximum encouru.

Le tribunal l’a finalement reconnu coupable de l’ensemble des faits et condamné à 12 ans ferme, “la différence de 2 ans étant le reliquat d’espoir qui reste malgré le caractère inquiétant de votre personnalité”, a expliqué le président Dooms “eu égard à votre casier, au renouvellement de ces actes et aux conclusions des experts qui parlent tous de récidive probable”.

En outre, un suivi sociojudiciaire pendant 10 ans a été prononcé, ainsi qu’une interdiction définitive d’exercer une activité en lien avec des enfants et la suppression des droits civils, civiques et de famille pendant 5 ans. 3 000 euros de dommages et intérêts ont été alloués à la fillette et 1 500 euros à chacun de ses parents.

Source: http://www.lindependant.fr/

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