Procès de Michel Cortet à la cour criminelle de Corrèze

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Il droguait, violait et filmait ses victimes
Michel Cortet, jugé à partir du 17 novembre devant la cour criminelle de Corrèze pour sept viols, dont six aggravés, détention d'images pédopornographiques et voyeurisme aggravé | DR Le Parisien
Michel Cortet, 47 ans, comparait pour de multiples crimes sexuels depuis ce lundi 17 novembre devant la cour criminelle de Corrèze. Dans ce dossier, au moins dix victimes ont été recensées. La 1ère journée d’audience est consacrée à sa personnalité, sur laquelle il ne donne pas beaucoup d’éléments.

“Une personnalité construite sur un mode psychopathique, avec peu ou pas de considération pour les victimes”

Malgré les questions de l’avocate générale, celles de la présidente, celles de l’avocate des parties civiles, Michel Cortet n’a pas “fendu l’armure”, comme le lui a pourtant intimé son avocat, Me Brivet-Galaup.

L’homme de 47 ans, né à Perpignan, comparaît aujourd’hui, à Tulle, devant la cour criminelle de Corrèze, pour des faits de viol, de viol sur mineur, d’agressions sexuelles, de détention d’images à caractère pédocriminel et de voyeurisme aggravé.

Une émotion palpable

Sur le banc des parties civiles, les jambes tremblent ou se croisent, alors que sont égrenés chronologiquement, par la présidente, les faits reprochés à Michel Cortet. Certaines quittent la salle, le visage marqué par une certaine détresse, contenue, seule trace apparente d’un déferlement intérieur de sentiments.

Il faut dire que les deux premières heures d’audience se sont déroulées selon la disposition habituelle. L’accusé, d’un côté de la pièce, dans son box, faisant face aux parties civiles. Une mise en situation modifiée dès la première suspension, la presse prenant désormais place face à Michel Cortet.

Les premiers éléments de réponses ne sont pas venus de ses prises de parole, marqué par un phrasé saccadé et des réponses restant à la surface des choses. Si bien que la présidente est obligée de durcir le ton :

“Ça n’est pas à la carte. C’est maintenant votre personnalité.”

Un accusé sur la défensive

Vêtu d’un blouson en cuir, lunettes de vue remontées sur le haut de son front, Michel Cortet, se contente, à l’évocation de ses échecs amoureux, de se décrire comme “pas assez stable”. 

Une dénomination que l’avocate générale aurait aimée expliciter. “Vous êtes stable ou pas ?”, lance-t-elle. Réponse laconique de l’accusé, mains dans les poches : “Je ne sais pas”. 

Michel Cortet, s’épanche ensuite sur plusieurs affaires le concernant dans laquelle “la justice n’aurait pas fait son travail”.

Il évoque successivement un conflit familial en marge de l’enterrement de sa grand-mère, puis une séquestration sous la contrainte d’armes, subie pendant quatre heures, à Rivesaltes, alors qu’il est encore garagiste dans les Pyrénées-Orientales.

“Une espèce de logorrhée”, résume alors l’avocate générale auprès du premier expert psychiatre.

C’est à ceux qui se sont penchés sur la personnalité de Michel Cortet, qu’il a fallu s’en remettre pour tenter de cerner celui qui comparaît ce 17 novembre. 

Le docteur Nikolaos Christidis, qui l’a rencontré alors que Michel Cortet était en détention provisoire depuis 2019 pour une autre affaire de crime sexuel, évoque quelqu’un de “volubile”, un caractère entravant “la communication”.

Michel Cortet a balayé les questions sur la sexualité, il serait bon qu’il puisse parler de tout cela à un spécialiste.

, Dr. Ribeyrol, qui a expertisé Michel Cortet en 2023.

Le Dr. Ribeyrol évoque “une personnalité construite sur un mode psychopathique, avec peu ou pas de considération pour les victimes, et une tendance à adopter une position victimaire”.

Elle évoque un entretien compliqué, marqué par l’attitude “vindicative, agressive et mécontente” de l’accusé. “Il n’y a pas de prise chez M. Cortet, il est fermé”, poursuit-elle, avant de conclure : “Ce serait bien qu’on arrive à ouvrir une brèche.”

Il ne reste désormais plus que quatre jours et demi pour le faire. Le compte à rebours est d’ores et déjà lancé.

Source : France 3

Le profil d’un “chasseur” : procès pour viols en Corrèze, comment une enquête pour agression sexuelle sur mineur permet d’identifier dix victimes

Suite du procès de Michel Cortet, comparaissant pour de multiples crimes sexuels devant la cour criminelle de Corrèze. L’après-midi de la première journée d’audience a permis de se plonger dans le déroulé de l’enquête et le récit de souffrance d’une première victime de viol.

La reprise des débats après une première matinée difficile a été marquée par l’entrée dans la salle d’audience de l’officier en charge de l’enquête, Bruno Pacheco. Démarche altière, solidement amarré à la barre, il va faire le récit, dans un long exposé de plus d’une heure, des dessous de l’enquête qui a permis de constituer le dossier présenté, ce 17 novembre, à la cour criminelle de Corrèze.

Premier signalement en 2022

S’appuyant sur le signalement du père d’une jeune mineure, en octobre 2022, pour des faits d’agression sexuelle, Bruno Pacheco n’est qu’aux prémices des horreurs que l’on reproche à Michel Cortet. Alors qu’il est interpellé, quelques jours plus tard, dans le cadre de cette affaire d’agression sexuelle, est présente à son domicile, quai Victor Continsouza, une jeune femme âgée de 18 ans.

“Un lourd dispositif de captation vidéo est également présent”, souligne l’officier. La saisie de celui-ci, permet de mettre la main sur plusieurs vidéos. Sur celles-ci, l’enquêteur Pacheco découvre des vidéos de la jeune femme, inerte, dénudée par moments, et abusée par Michel Cortet.

L’exploitation de l’intégralité des vidéos met en évidence d’autres films, sur lesquelles apparaissent d’autres femmes, elles aussi par moment inertes, elles aussi voyant leurs parties intimes parcourues par les mains de Michel Cortet. Certaines concernent une deuxième jeune victime datant de 2013 ou d’autres d’une troisième jeune femme datant de 2011.

Toutes deux, mineures au moment des faits reprochés, ont pris connaissance de ces vidéos par l’intermédiaire de Bruno Pacheco, dans un commissariat.

Concernant la jeune victime de 2013, l’enquêteur raconte le “cri intense du fond des entrailles” durant “plusieurs minutes”. “Elle fixe la fenêtre et on se demande si elle ne va pas se jeter à travers”, relate-t-il, visiblement ému par ce récit.

Quant à la confrontation de Michel Cortet avec les éléments vidéo, Bruno Pacheco évoque son “manque d’empathie” et brosse le portrait d’un “chasseur” avec, comme “mode opératoire”, le fait qu’il prenne le sexe des victimes en photographie.

“Il se présente toujours comme un bon samaritain”, pour l’une d’elle, “il disait qu’il voulait la sevrer”

, poursuit l’enquêteur.

“On ne peut pas oublier”

En tout début de soirée s’avance à la barre une autre victime déclarée. Cette grande femme, cheveux courts, rouge carmin, est la plus ancienne victime identifiée par l’enquête.

Les faits remontent à 2009. Cette dernière se souvient bien, ce matin du 26 septembre, alors qu’elle se rendait à son travail, musique dans ses oreilles, une main l’agrippe, la jetant au sol. Un homme déboutonne son pantalon, pratique une pénétration digitale et une pénétration pénienne.

Un enchaînement des faits que ne manquera pas de relever la présidente, tentant de mettre dans les cordes Michel Cortet, dont la présence d’ADN a été retrouvée sur le sous-vêtement de la victime.

Seize ans plus tard, cette femme l’assure, avec dignité et émotions :

“on ne peut pas oublier, j’avais quand même tout mis dans une case, mais elle a explosé et tout est ressorti.”

C’est en 2024 que la justice la recontacte pour lui signaler qu’on aurait potentiellement retrouvé son agresseur.

L’accusé, dans son box, nie en bloc et s’agace. Quand les planches photographiques, sur lesquelles la victime le reconnaît, défilent, il évoque des images “générées par IA”. Me Brivet-Galaup, son avocat, tentera de le ramener à la raison.

De son côté, la présidente lâche :

“en espérant que la nuit lui porte conseille”

, avant de suspendre la séance jusqu’au lendemain matin.

Source : France 3

Michel Cortet se frappe violemment la tête contre le box, l’audience momentanément suspendue

Mardi 18 novembre, à la cour criminelle de Corrèze, s’ouvrait la deuxième journée d’audience du procès de Michel Cortet pour de multiples viols, certains commis sur mineurs. Mais l’audience a été suspendue seulement 1 h 30 après l’ouverture des débats, l’accusé s’étant violemment frappé la tête contre son box.

Prostré dans son box, Michel Cortet a passé la première heure d’audience, assis, le dos voûté, penché sur ses genoux, fixant ses chaussures.

Alors que débute le difficile récit de la première victime de la journée, évoquant comment Michel Cortet a abusé d’elle quand elle avait neuf ans et qu’elle était gardée chez sa grand-mère, l’accusé a usé de ses mains pour faire écran, y plongeant sa tête, bouchant d’abord ses oreilles puis se cachant les yeux.

Une attitude immédiatement signalée par l’avocate générale. Réponse de l’accusé, sorti de sa torpeur :

“Je demande à rentrer dans ma cellule ainsi qu’à voir un psychiatre”.

Une déclaration prise à la volée par la présidente, sèchement, elle lance :

“Qu’en est-il de cet engagement que vous avez pris hier ?!”

Car la veille, quand bien même Michel Cortet ne s’était pas montré très coopératif, l’homme dans le box avait avancé, dans les quinze premières minutes de l’audience, qu’il “reconnaissait partiellement” des faits lui étant reprochés, et disait qu’il “s’expliquerait au fur et à mesure”.

Un accusé sourd au récit des victimes

Ce rappel à l’ordre effectué, le récit reprend, délivré par la jeune femme de 23 ans, aux cheveux rouge violacé, accompagnée à la barre par Me Elsa Matl. Elle évoque ses “flash-back” qu’elle a “la nuit”, de cette journée en compagnie de sa cousine – elle aussi plaignante contre Michel Cortet – où il ne l’a pas écoutée quand elle lui demandait “d’arrêter et qu’elle avait mal”.

Ses yeux sont rougis. Elle s’interrompt pour se moucher.

Il est déjà 10 h 40. Cela fait 1 h 30 que les débats ont débuté. Face aux questions de la cour, Michel Cortet se contente de répondre :

“Je n’ai rien à dire.”

Alors la présidente durcit la partie. Elle évoque l’âge de la victime au moment des faits, et suppose :

“Nous pouvons envisager que ce soit trop dur pour vous”.

Violence dans le box

À ces mots, Michel Cortet empoigne le plexiglas du box, et vient y frapper sa tête à plusieurs reprises. Dans la foulée, les policiers, positionnés derrière, se ruent sur lui pour mettre un terme à cette automutilation.

“Vous voulez que je m’éclate, c’est ça ?”

, lance-t-il, alors qu’il est évacué, un filet de sang coulant sur son front. L’audience est suspendue, l’accusé étant emmené aux urgences.

Dans la salle des pas perdus, Me Christine Marche, avocate des parties civiles, reconnaît qu’elle s’attendait à ce que ce coup de sang intervienne plus tard, notamment lors de la diffusion des vidéos saisies à son appartement.

De son côté, Me Brivet-Galaup, avocat de la défense, évoque : “un comportement (de son client) qui le désole”.

“J’aurais aimé qu’il soit là, qu’il assume devant les victimes”

, poursuit le Perpignanais. Il réitère , rien ne sera possible tant qu’il « n’aura pas fendu l’armure ».

Source : France 3

“Même me prendre en photo, je n’y arrive pas”, le fort témoignage d’une victime violée et filmée à son insu

Après une première matinée de débats marquée par l’automutilation de Michel Cortet, au deuxième jour d’audience de son procès devant la cour criminelle de Corrèze à Tulle, l’après-midi a été le théâtre d’un début d’aveu de l’accusé.

Le témoignage poignant d’une des victimes y a grandement contribué.

Si elle ne s’est pas fendue, l’armure de Michel Cortet s’est au moins ébréchée.

“Avez-vous imposé des rapports auxquels elle ne pouvait consentir ?”

, questionne la présidente.

Réponse de Michel Cortet, sanglotant : “oui”.

Il aura fallu la force d’une prise de parole. La victime est venue à la barre, accompagnée de Scout, le golden retriever d’assistance du tribunal de Tulle.

“Il savait que je n’allais pas bien. Il m’a proposé son aide”

, commence celle qui a rencontré Michel Cortet par l’intermédiaire de sa belle-mère, sœur aînée de l’accusé, au début des années 2010.

Rapidement, elle mentionne les multiples “douleurs à la tête”, le lendemain des soirées passées, alors qu’elle n’a que seize ans, en compagnie de Michel Cortet. Elle attribue ces douleurs à “l’effet du cachet” administré par l’intermédiaire de boisson alcoolisée.

Un témoignage difficile

Son récit est marqué par une voix remplie de larmes. Elle marque des pauses, pendant lesquelles elle expire longuement.

“Sur une vidéo, on me voit émerger, et là, on me voit m’évanouir”

, raconte-t-elle, la voix chevrotante, mentionnant le moment où elle apprend, dans un commissariat, sa présence sur une des vidéos en la possession de Michel Cortet.

Je le voyais comme un sauveur. Je pensais qu’il allait me sortir de la vie que j’avais.

Quant aux conséquences des actes reprochés à Michel Cortet, la femme de 29 ans détaille : “J’étais dans le déni de la vérité. Même si les faits datent d’avant, le ressenti est d’aujourd’hui. Je ne sors plus toute seule. J’ai peur quand je vois un camion. Même me prendre en photo, je n’y arrive pas”, poursuit-elle.

“J’aimerais dire que son comportement, depuis ce matin, est irrespectueux, que ce serait bien qu’il reconnaisse sa part de responsabilité”, lance-t-elle à l’attention de Michel Cortet et poursuit : “La seule personne dans cette salle qui lui a fait du mal, c’est lui-même.”

Un changement d’attitude initiée en début d’après-midi

Ce début d’aveu a été en partie rendu possible à la reprise d’audience, en début d’après-midi. Car Michel Cortet a habilement été ménagé par la cour. D’abord par la présidence qui décide de ne pas diffuser une vidéo sur laquelle on le voit abuser d’une jeune fille de douze ans. Ont été projetées des captures d’écran, et une lecture du déroulé de cette dernière a été faite.

Ensuite, c’est l’avocate générale qui a pris le relais. Sa verve acerbe a laissé place à des phrases plus rondes. Elle le laisse s’exprimer lorsqu’il s’épanche sur sa relation avec une ancienne compagne s’étant constituée partie civile. Elle lui ouvre une porte : “La vie ne s’arrête pas là”.

Malgré les premières avancées de l’audience. Michel Cortet, face à l’avocate générale et aux avocates des parties civiles, a repris la fâcheuse habitude de se réfugier derrière ses multiples digressions. Notamment lorsque la question de la soumission chimique est abordée…

Une question qui pourrait certainement être au cœur des débats des prochains jours, une volonté en tout cas des avocates des parties civiles.

Source : France 3

“Vous êtes manipulée comme une poupée de chiffon”, la diffusion des vidéos de viols en question

La matinée de la troisième journée d’audience du procès de Michel Cortet, à Tulle, a été marquée par la diffusion, devant l’accusé, de l’une de ses vidéos. Jusqu’alors, elles n’avaient été décrites que d’après les comptes-rendus d’enquête.

L’accusé prétextant qu’il n’était pas en mesure de supporter leurs diffusions.

Une énième suspension d’audience vient mettre un terme aux débats, en cette matinée du troisième jour du procès de Michel Cortet. Comme souvent jusque-là, ces interruptions interviennent pour permettre à la présidente et à ses assesseurs de délibérer.

À quel propos ? Sur la pertinence de diffuser les vidéos enregistrées par l’accusé.

Par trois fois, la présidente et ses assesseurs avaient refusé un visionnage. L’argument avancé étant que, dans une cour criminelle départementale (lancée le 1ᵉʳ janvier 2023), il n’y a pas de jury populaire.

Or, dans le cadre d’une cour d’assises, ce dernier n’a pas accès à l’intégralité des pièces de l’instruction justifiant la diffusion d’éléments pendant l’audience.

“Confronté à ses actes”

L’objectif est également pour la présidente de garder M. Cortet dans les débats, lui qui s’est violemment frappé la tête contre le plexiglas du box, la veille, alors que se posait déjà la question du visionnage des vidéos.

Avec le témoignage d’une quatrième victime, identifiée sur l’un des films de l’accusé, la question s’est de nouveau présentée.

“Il est important que Monsieur Cortet soit confronté à ses actes”

, tonne, Me Mylène Orliaguet, alors que sa cliente explique sa rencontre avec l’accusé.

Il s’était proposé pour l’aider dans ses déboires avec son conjoint de l’époque, neveu par alliance de l’accusé.

Michel Cortet l’a véhiculée jusqu’à chez lui. Elle y a passé une nuit.

“Je me suis réveillée fatiguée, comme si j’avais fait du sport toute la nuit”

, raconte-t-elle à la cour.

Elle fait partie des dernières victimes identifiées pendant l’instruction, en 2024.

“Je pensais que je n’avais rien vécu”

, poursuit-elle, car les actes de viols, elle n’en a pas le souvenir.

“Je n’ai vu qu’une image, je n’ai pas vu la vidéo en entier jusqu’à présent”

, explique-t-elle.

À sa cliente, Me Mylène Orliaguet demande : “Pensez-vous qu’il soit pertinent de diffuser la vidéo ?”

Réponse : “Oui”.

Au retour de la suspension de séance, pour la première fois depuis le début des débats, la présidence fait droit de la volonté des parties civiles. À une seule condition, la vidéo est diffusée à huis clos.

“C’est même pire”

À la reprise de la publicité des débats, Michel Cortet demande de nouveau “à retourner dans sa geôle”, adoptant de nouveau une position réfractaire, se bouchant d’abord les oreilles, puis, plongeant sa tête dans son bras.

C’est alors que l’avocate générale, Myriam Soria, s’adresse en ces mots à la victime, toujours présente à la barre : “Maintenant, vous savez”. “C’est même pire”, répond-elle, le visage fermé.

Poursuivant sa tirade, l’avocate générale, décrit méthodiquement pour l’audience les éléments de la vidéo. Elle mentionne d’abord : “les ballerines”, “le jogging avec empiècements” précédemment évoqués par la victime.

Multipliant les allers-retours sur l’estrade surplombant les parties civiles, elle s’attarde sur l’état de la jeune fille, 19 ans au moment des faits, dans la vidéo.

“On vous voit dans un état de sédation artificielle. Il n’y a pas le moindre mouvement. Vous êtes manipulée comme une poupée de chiffon”

, décrit-elle avec précision.

On ne peut pas qualifier cela comme autrement qu’un viol

, poursuit l’Avocate générale

Enfin, son propos se concentre sur les actions de Michel Cortet, son attitude, questionnant la victime : “A-t-il été tremblant ? Hésitant ?”

À la barre, la jeune femme répond :

“Il était précis dans ses gestes, il a l’air serein, habitué dans ce qu’il fait.”

Depuis, Michel Cortet, s’est de nouveau figé. Se réfugiant dans une certaine torpeur. Évitant d’entendre et de voir, réclamant son retour en cellule. L’audience reprendra à 14 heures ce mercredi.

Source : France 3

“Des choses ignobles” : le travail de la cour amène Michel Cortet à formuler des aveux

Après une matinée marquée par la confrontation de Michel Cortet à l’une de ses vidéos, l’après-midi de ce troisième jour d’audience aura été marquée par une légère avancée. Michel Cortet a reconnu sa responsabilité et son intention de commettre des viols sur deux victimes, mineures de plus de 15 ans au moment des faits.

Semble-t-il qu’une certaine fluidité ait touché la cour criminelle de Corrèze, à la reprise des débats, en cet après-midi du 19 novembre, à l’occasion du procès de Michel Cortet. Ce dernier a fait un (petit) pas de plus. Non sans détours, non sans ses circonvolutions qui ont jusque-là tant agacé la cour.

Mais ce “pas”, il n’est pas le seul fait de Michel Cortet. Ce sont d’abord les avocates des parties civiles qui, par l’intermédiaire de Me Christine Marche, ont réussi à interpeller Michel Cortet sans qu’il ne se recroqueville comme “l’escargot” qu’il se dit être. Ce travail a permis à sa consœur, Me Mylène Orliaguet d’apostropher l’accusé.

“Ces vidéos, vous les avez vues ?”

, questionne-t-elle.

“Elles montrent des choses ignobles”

, répond l’accusé, regardant son interlocutrice dans les yeux.

Au tour de Me Patricia Charmey :

“Sur les extraits, on voit que vous prenez du temps à bien disposer les caméras. Ces vidéos, vous les regardez, vous les diffusez ?”

Cortet cornaqué par l’avocate générale

“Je suis coupable”, lâche Michel Cortet, avant de se perdre de nouveau en mots et paroles superflus, expliquant qu’il ne se souvient plus des moments où sont tournés ces films.

Il est rapidement interrompu par l’avocate générale. Myriam Soria, va, sans relâcher la pression, gagner du terrain, poussant le curseur en douceur.

“Vous venez de reconnaître successivement les faits de viol sur mineur de plus de 15 ans”

, reprend-elle, avant de marquer une pause.

“Il y a quelque chose qui me gêne un peu. À vous entendre, vous reconnaissez la matérialité des faits, mais quand vous développez votre vision (celle où il ne se souvient plus, où il était sous produits toxiques), on entend l’absence d’intention”

, interpelle l’avocate générale.

Il y a dans les êtres humains, le meilleur comme le pire. Pour pouvoir ramener la personne dans le meilleur, il faut lever la part d’ombre

, Myriam Soria, Avocate générale

Poursuivant son méthodique exposé, elle amène Cortet face à ses propres contradictions.

“Vous présentez des excuses aux victimes, mais si vous voulez qu’elles soient prises en compte, il faut aller au bout de la reconnaissance. La reconnaissance sincère, c’est le début de la reconstruction”

, conclut-elle.

Un propos appuyé par l’avocat de la défense.

“C’est vous qui avez les clefs de la reconstruction. Pour elles et pour vous”

, incite Me Brivet-Galaup.

“Je ne vois que le noir”, répond, depuis le box, son client.  

“Il n’y a que vous qui puissiez nous apporter la lumière”

, termine l’avocat perpignanais.

Filant la métaphore, la présidente va proposer à Michel Cortet, ce qu’elle appelle “un silex mal taillé “. Elle va lui demander de s’imaginer “endormi, dans une situation de soumission chimique, et que l’on abusait de lui”. Michel Cortet, regarde ses chaussures.

La présidente en profite pour demander, simplement :

“Est-ce que vous en avez conscience au moment où vous le faites ? Vous reconnaissez bien avoir agi intentionnellement ?”

Par deux fois, Michel Cortet opine du chef.

Source : France 3

Michel Cortet condamné à 20 ans de prison assortis d’une peine de sûreté

Cinquième et dernier jour du procès pour viols de Michel Cortet, l’avocate générale a procédé à de lourdes réquisitions, pointant la « dangerosité » de l’accusé. Ces réquisitions ont été reprises quasiment intégralement par la cour, condamnant Michel Cortet à 20 ans de prison.

Du haut de son estrade, l’avocate générale, Myriam Soria, s’est adressée aux victimes de Michel Cortet. À l’approche de la fin de ses réquisitions, elle leur rappelle qu’elles ont à leurs côtés une « armée de robes noires » prête « à amener le législateur à évoluer ».

Car Myriam Soria n’a pas pu demander plus que ce que la loi envisage pour des faits de viol aggravé.

« Je requiers 20 ans de réclusion criminelle, pour la sérialité, la gravité, la durée dans le temps et le cumul infractionnel »

, a-t-elle lancé à la présidente et ses assesseurs.

Des réquisitions axées sur la sérialité

« Il est nécessaire que cette peine soit longue. C’est la sanction à la hauteur de la gravité des faits »

, justifie-t-elle, rappelant qu’elle serait prononcée « non pas pour rattraper les gens et leur faire du mal, mais qu’elle est nécessaire pour travailler sur soi ».

Alors, Myriam Soria a chargé la mule, requérant, en plus, « une période de sûreté », de deux tiers du temps de la condamnation, « un suivi socio-judiciaire sur l’intégralité de sa peine, accompagné d’une injonction de soins », qui, s’ils ne sont pas respectés, menacent Michel Cortet de « sept ans » de prison.

Non sans émotion, elle évoque :

« Un dossier extraordinaire, par le nombre de crimes et de victimes, (par) le continuum des méfaits, établi entre 2009 et 2022 (et cette) cette sérialité que le législateur n’a jusque-là pas prise en compte ».

La rigueur de l’avocate générale

Usant de ses mains, comme pour restituer physiquement les briques structurant sa pensée, l’avocate générale a assuré que Michel Cortet représentait « une extrême dangerosité criminologique et sociale », demandant que sa culpabilité soit reconnue dans l’intégralité des affaires pour lesquelles il est jugé cette semaine.

Prenant sa suite, Me Brivet-Galaup, avocat de la défense, a usé d’une rhétorique très fortement empreinte des valeurs de l’humanisme chrétien. Ont été cités par l’intéressé, Saint-Exupéry et le Nouveau Testament. « Il nous faut, dans la nuit, lancer des passerelles », pour le premier, et « Non possumus (sic) », pour le second.

Un plaidoyer pour entretenir la lumière

En mobilisant ces références, Me Brivet-Galaup, a souhaité démontrer toute la bonne volonté de son client, et la nécessité de l’accompagner, de « lui prendre la main et le tirer vers la lumière ». Défendant sa capacité à aller dire « oui », à opiner de la tête, de faire cette première étape de reconnaissance, lors de cette semaine d’audience où il a avoué sa responsabilité.

Il a également eu des mots pour les victimes, rappelant leur droit le plus légitime de penser ou de crier : ‘”A mort Cortet”, tout en rappelant que la Justice ne doit pas se résoudre aux mêmes velléités. Rebondissant sur la mention de l’Aigle noir de Barbara, la veille, par les parties civiles, il en a appelé à un autre classique du répertoire de la chanteuse.

Enfin, il s’en est remis à la cour pour juger de la culpabilité de Michel Cortet dans l’affaire de 2009, celle du viol sous la menace d’une arme, et a demandé l’acquittement dans le cadre de l’agression sexuelle de la fillette de six ans.

Il n’a pas remis en cause les propos de l’enfant, mais considère pleinement plausible une altération de situation du fait de sa situation familiale délicate, soulignant également que « le mode opératoire » de Michel Cortet, pointé du doigt par l’avocate générale pour justifier sa dangerosité, ne collait pas avec cette affaire.

Une condamnation à 20 ans de prison

Malheureusement pour l’avocat, « la main qu’il a tendue n’a pas été saisie ».

La cour a repris quasiment l’intégralité des réquisitions de l’avocate générale. Michel Cortet a été condamné à 20 ans de prison assortis d’une période de sûreté. 

Me Christine Marche est sortie de la salle d’audience avec le sourire.

« Nous sommes très satisfaites de cette décision qui va permettre aux victimes d’entamer leur reconstruction »

, a déclaré l’avocate des parties civiles.

Michel Cortet devra de nouveau se présenter face à la justice, la semaine prochaine, à Perpignan. Il comparaîtra pour des faits de viol sous la menace d’une arme, datant de 2019.

Source : France 3

 

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