Nanterre | Prêtre mis en examen pour viol sur mineur
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
oui
Pédocriminel En liberté
- 13/02/2026
- 12:32
Selon nos informations, confirmées par le parquet de Nanterre, un prêtre de 47 ans, le père Alexandre P., a été mis en examen ce vendredi à Nanterre « des chefs d’agressions sexuelles incestueuses sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité, viol incestueux par personne ayant autorité, corruption de mineur, consultation habituelle de service de communication au public en ligne mettant à disposition l’image ou la représentation pornographique de mineur » à l’issue de sa garde à vue dans les locaux de la brigade de protection des mineurs (BPM).
L’ecclésiastique a été placé sous contrôle judiciaire, contre l’avis du parquet, qui avait requis son placement en détention provisoire. Il s’avère que l’homme était déjà inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS).
En décembre 2017, il avait été condamné à trois mois de prison avec sursis pour des attouchements commis sur une jeune fille de 17 ans dont il avait fait la connaissance lors d’un camp scout.
Les faits les plus graves commis sur deux ados de 12 et 15 ans
Les faits pour lesquels il est à nouveau mis en cause apparaissent plus sérieux et s’inscrivent à la fois dans la sphère privée et publique. En août 2023, les parents d’une adolescente de 13 ans alertent la police après avoir découvert le contenu ambigu des échanges entre leur fille et le père P., un proche de la famille.
Le curé, qui a fait la connaissance de cette collégienne durant les vacances, l’interroge par exemple sur sa nudité ou ses menstruations. Une plainte est déposée.
Les investigations vont alors permettre de recueillir d’autres témoignages incriminants. Les accusations les plus graves sont portées par deux membres de sa famille, deux sœurs, pour des faits qui se seraient produits au printemps 2016 alors qu’elles étaient âgées de 12 et 15 ans.
Les agressions alléguées se seraient déroulées deux soirs de suite. Lors du premier épisode, le père P. serait venu les rejoindre dans leur lit alors qu’elles passaient la nuit au presbytère, dans les Hauts-de-Seine. Le prêtre aurait alors commencé à caresser la plus jeune qui aurait réussi à écarter la main insistante de son agresseur.
L’homme d’Église se serait ensuite retourné vers la plus âgée qui n’a pas conservé de souvenirs précis, si ce n’est un sentiment diffus de malaise.
La même scène se serait reproduite le lendemain, au sein de la maison familiale, dans une autre région. Cette seconde nuit a, cette fois, laissé des traces dans la mémoire de la plus âgée des deux sœurs. Aux enquêteurs, elle a dénoncé une pénétration digitale.
Le lendemain, le père P. avait demandé aux deux adolescentes de ne pas raconter à leurs parents ce qui s’était produit et qu’il s’agissait d’un secret.
Il aura fallu attendre l’année 2024 pour que ces douloureux souvenirs remontent à la surface. Cette année-là, le père P. adresse un message aux deux sœurs dans lequel il fait part de sa souffrance et implore le pardon.
Un homme très tactile et intrusif
Les enquêteurs ont recueilli d’autres témoignages provenant d’anciennes élèves du collège Bienheureux Charles de Foucauld de Puteaux (Hauts-de-Seine), où le père P. a officié en tant qu’aumônier à compter de 2015.
Une ex-collégienne décrit un homme très tactile et intrusif, n’hésitant pas à poser des questions sur la vie sentimentale de ses jeunes ouailles.
Cette ancienne élève de l’institution raconte qu’au cours d’une séance de confession, le prêtre lui aurait posé les mains sur les cuisses avant de lui poser des questions très intimes en lien avec la sexualité. Une autre ancienne collégienne, qui n’a pas souhaité porter plainte, a elle aussi décrit le comportement inapproprié de l’aumônier, dans sa gestuelle comme dans ses questions.
Lors de sa garde à vue, le père P. a reconnu les agressions sexuelles sur les deux membres de sa famille mais a nié les viols. L’expert psychiatre a relevé un risque de récidive.
Dans le cadre de l’information judiciaire, les enquêteurs vont exploiter le contenu de l’ordinateur du prêtre qui a reconnu détenir des images pédocriminelles. Les investigations confiées à un juge d’instruction pourraient également identifier d’autres victimes. Contacté, Me Xavier Nogueras, l’avocat du père P., n’a pas souhaité s’exprimer.
Ancien curé de Malakoff, le prêtre avait été suspendu de ses fonctions en janvier 2017 après sa mise en cause dans l’affaire ayant abouti à sa condamnation à trois mois de prison avec sursis. Il officiait à l’époque au sein de la paroisse des Fontenelles à Nanterre. Depuis, il était accueilli au sein d’une congrégation à Paris.
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