Montpellier | Après avoir écopé de prison ferme, ils ont fait appel et on été libéré

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Pédocriminel En liberté

Un acquittement plus de dix ans après, l’État attaqué pour faute lourde
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Deux Montpelliérains, mineurs à l’époque, accusés de viols sur deux lycéennes viennent d’être acquittés pour le premier, en appel. Les parties au procès dénoncent un fiasco procédural.

 

Le verdict rendu en appel par la cour d’assises des mineurs de Perpignan, avec un acquittement à la clé, a fait l’effet d’une bombe. Une décision qui a généré la colère de toutes les parties au procès.

Deux Montpelliérains, âgés de 28 ans et 26 ans étaient jugés pour viols sur deux jeunes filles en 2011, alors qu’ils étaient au lycée. Accusés d’avoir abusé de la première, une lycéenne alésienne âgée de 17 ans, dans les toilettes du Polygone lors d’une visite scolaire à Montpellier.

Des conversations Facebook (fournis par les accusés) avaient montré que le trio avait discuté “d’un plan à trois”, mais une fois sur place, la jeune fille avait indiqué s’être rétractée et avoir été prise de force dans les toilettes alors qu’elle s’y était rendue pour se refaire une beauté

Quelques semaines plus tard, la seconde plaignante âgée de 15 ans à l’époque, désignait les deux mêmes agresseurs pour un viol par l’un d’eux dans le hall d’un immeuble, où elle avait été traînée de force près de l’arrêt Rondelet, pendant que le second faisait le guet.

À l’issue du premier procès à huis clos (comme l’exige la justice des mineurs) qui s’est tenu dix ans après les faits en 2021 à Montpellier, les deux accusés ont été reconnus coupables et avaient écopé respectivement de six ans ferme et cinq ans ferme dont deux avec sursis probatoire avec placement en détention.

Les condamnés ont fait appel et ont, finalement, été acquittés le 8 juillet dernier pour la première affaire de viol, après neuf heures de délibération jusqu’à 2 h du matin.

L’ancienne élève à Jean-Baptiste Dumas, âgée aujourd’hui de 28 ans, indique :

“Je suis dévastée”.

La jeune soignante, assommée par les cinq jours de procès et les cinq heures de témoignage à la barre, dit :

“Je me demande même pourquoi j’ai porté plainte”.

Elle vit un second choc.

La jeune soignante, qui a dénoncé un viol en 2011 alors qu’elle n’avait que 17 ans, et dont les auteurs qu’elle avait désignés viennent d’être acquittés en appel au bénéfice du doute, confie :

“C’est une décision que je ne comprends pas”.

“Je ne m’explique pas ces deux verdicts différents” entre la première et seconde instance, dit-elle, alors que les failles de l’enquête étaient déjà connues au premier procès.

“Je sais ce qui s’est passé, il y avait d’autres preuves, des traces, des témoins, mon témoignage aussi. Le viol parfait, ça n’existe pas !”, s’insurge la jeune femme.

Toujours suivie psychologiquement mais sortie des anti-dépresseurs, la jeune femme souffre toujours de stress posttraumatique et doit faire face, par expertise interposée, aux propos menaçants de ceux qu’elle accuse.

Elle assure :

“Je reste souvent enfermée chez moi, j’ai peur d’aller au travail. Là, je n’ai plus de mesures d’éloignement de mes agresseurs puisqu’ils ont été acquittés”.

“J’aimerais dire aux victimes, homme ou femme, de ne jamais abandonner, on arrive à s’en sortir et il ne faut pas hésiter à se faire aider et ne pas attendre une décision de justice.”

Quant au rôle de celle-ci :

“Pour le moment, je n’ai plus de mots, dit-elle, j’ai été trop affectée par cette attente…”

Selon Me Soulié, son avocate :

“Ma cliente n’a pas été entendue, il aurait mieux valu un non-lieu dès l’instruction dans ce cas.  Là ; elle est condamnée à rester dans ce corps meurtri, dans sa prison de femme.”
Des écouvillons jetés

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