Maroc | Une jeune fille violée, torturée et tatouée par un gang d’au moins 10 hommes près de Beni Mellal

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Dans un enregistrement audiovisuel, elle a raconté avoir été kidnappée, séquestrée,violée et tatouée
Douze suspects âgés de 18 à 28 ans, désignés comme les assaillants de la jeune fille, ont été condamnés pour différents chefs de poursuite selon les informations obtenues par Barlamane.com. Un procès qui a duré deux ans.

Actualisation du 23 Septembre 2021:

Le tribunal de Béni Mellal a condamné, mardi 21 septembre, 11 personnes de 20 ans de réclusion criminelle chacun pour avoir kidnappé, séquestré, violé et martyrisé pendant deux mois une jeune fille nommée Khadija, une affaire qui remonte à l’été 2018.

Quatorze suspects âgés de 18 à 28 ans, désignés comme les assaillants de la jeune fille, ont été condamnés pour différents chefs de poursuite, allant de «traite d’être humain sur mineure», «viol», «torture et usage d’arme causant des blessures et séquelles psychiques», «constitution d’une bande organisée, enlèvement et séquestration» et «non-assistance à personne en danger», selon les informations obtenues par Barlamane.com.

Les premières auditions de ce procès à Béni Mellal avaient été émaillées d’insultes et d’accrochages verbaux des familles des suspects, avant que les autorités les cantonnent à l’extérieur du bâtiment par la suite.

Âgée de 17 ans au moment des faits, Khadija a porté plainte, en août 2018, contre une dizaine d’hommes à Oulad Ayad, une bourgade rurale au pied du Moyen-Atlas.

Dans un enregistrement audiovisuel devenu viral, elle a raconté avoir été kidnappée, séquestrée, violée et grossièrement tatouée sur tout son corps, contre son gré.

Des violences se sont perpétuées durant deux mois.

La jeune fille, issue d’une famille défavorisée, a décrit comment les accusés ont mutilé son corps avec des tatouages obscènes et des traces de brûlures de cigarettes, des révélations qui ont suscité autant de compassion que d’indignation sur les réseaux sociaux marocains.

Plusieurs de ses agresseurs ont reconnu les faits dans leurs dépositions -les viols collectifs, les tatouages forcés, les menaces de mort pour la dissuader de fuir-, selon des sources proches du dossier, mais cela n’a pas suffi à mettre fin aux dénigrements que l’adolescente a subis.

Article du 25 Août 2018:

Khadija, 17 ans, a vécu l’enfer.

Capture d’écran Chouf TV

Une jeune fille de 17 ans, Khadija, a été kidnappée, violée, torturée et tatouée de force pendant plus d’un mois par un gang d’une dizaine d’hommes à Oulad Ayad, dans la région de Beni Mellal, rapportent plusieurs sites locaux. Au moins dix hommes, dont le propriétaire de la maison où la jeune femme a été séquestrée, auraient été arrêtés par la police, mais d’autres seraient encore recherchés.

La jeune fille a été interviewée à visage couvert par Chouf TV à qui elle a raconté l’enfer qu’elle a vécu, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.

Ses ravisseurs l’ont violée, torturée, coupée à l’aide d’objets tranchants et tatouée de diverses sortes de symboles, dessins et insultes, dont une croix gammée.

Ils ont également brûlé sa peau avec des mégots de cigarettes, comme l’attestent plusieurs photos diffusées sur les réseaux sociaux.

Après plusieurs semaines, ses bourreaux ont négocié avec la famille de Khadija pour la libérer.

Ils auraient appelé son père pour qu’il ne les dénonce pas à la police en échange de son retour.

Si au début ses parents ont refusé de répondre aux journalistes, la jeune femme a finalement décidé de briser le silence quelques jours plus tard.

“Mon père leur avait dit de me libérer et il leur a promis de ne rien dire aux autorités.

Mais c’est moi qui ai tout dit aux gendarmes.

Je veux la justice et qu’ils paient pour ce qu’ils m’ont fait”, a-t-elle indiqué.

“J’ai essayé de m’échapper plusieurs fois, mais j’ai été rattrapée et battue.

Ils m’ont torturée, ils ne m’ont pas donné de nourriture ni de boisson, et ils ne m’ont même pas permis de prendre une douche”.

L’affaire n’aurait été signalée à la police qu’après la libération de la victime par les suspects alors qu’elle avait disparu depuis un mois.

L’Association Tahadi pour l’égalité et la citoyenneté, présidée par Bouchra Abdou, a décidé de se porter partie civile dans cette affaire.

Selon un communiqué publié mardi 21 août sur la page Facebook de la militante associative, l’association, qui fournira un avocat et une aide psychologique à la jeune fille, a condamné “ces pratiques barbares et les actes de violence sous toutes leurs formes”, et a appelé les parties concernées à “renforcer les sanctions contre les auteurs de ce crime grave en tenant compte de la santé, notamment psychologique, de la victime”.

L’association a également appelé à “tirer la sonnette d’alarme sur l’avenir de nos filles et de nos femmes”, rappelant la récente adoption de la loi 103-13 relative à la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la nécessité de sensibiliser tout le monde, notamment à travers les médias, à ces formes de violences faites aux femmes.

Selon Alyaoum24, le tribunal pénal de Beni Mellal a prévu l’ouverture du procès des suspects le 6 septembre.

Source : Huff Post Maghreb

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