Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Lureuil | Un homme condamné à 5 ans de prison pour agression sexuelle sur sa fille

L'homme reconnait tout au plus, des « violences à caractère éducatif ».

Lorsque le président Lapeyronnie communique le jugement au prévenu, ce mercredi en milieu d’après-midi, celui-ci fond en larmes.

Le président du tribunal judiciaire de Châteauroux conclua:

« Le tribunal vous condamne à cinq années d’emprisonnement avec un maintien en détention, ainsi que quatre ans de suivi socio-judiciaire et le retrait de l’exercice de l’autorité parentale. »

Auparavant, pourtant, cet habitant du secteur de Lureuil avait farouchement nié toute agression sexuelle sur sa fille, alors âgée de 6 ans.

Tout au plus, des « violences à caractère éducatif ».

Évoquant même devant les enquêteurs, « un complot de sa propre mère, afin de récupérer sa petite-fille ».

Une piste peu crédible et vite abandonnée par les magistrats.

Tout va débuter par les confidences de l’enfant à sa grand-mère:

« Papa a caressé ma titite. Il m’a fait mal et m’a dit : “ Chut. ” »

Puis, quelques instants plus tard :

« Mais Mamie, c’est un secret. Je ne veux pas que Papa aille en prison. »

Lourd secret que cette grand-mère n’allait pas pouvoir garder pour elle.

Quelques jours plus tard, elle était devant les gendarmes…

La mère, l’enfant et enfin, le père étaient à leurs tours entendus.

Le président:

« Votre fille a répété ces propos aux gendarmes, précisant que cela se passait dans le lit conjugal, le soir ou lorsque Maman préparait le petit-déjeuner. Il m’enlève le bas de pyjama, il enlève son slip et après, il fait ça. »

Sur l’écran de la visioconférence, le prévenu s’étonne :

« Tout se passait bien à la maison, je ne sais pas pourquoi elle dit ça. Tout ce qui est vrai, c’est qu’elle n’aimait pas dormir seule. »

Outre ces agressions sexuelles, l’homme est également poursuivi pour des coups de pieds et des claques donnés à cette petite fille.

« Ces choses-là ne s’inventent pas »

Pour Me Brice Tayon de la partie civile et représentant l’Udaf:

« Les déclarations de la victime sont constantes et ces choses-là ne s’inventent pas. D’ailleurs, la conjointe du prévenu a indiqué aux enquêteurs avoir vu des traces de sperme sur le pyjama de l’enfant ».

Pour le ministère public:

« Les agressions sexuelles sont bien caractérisées. Souvent la mère se couchait plus tard, alors que la petite fille était dans le lit avec son père ». Parfois, « il se mettait sur elle et frottait son sexe sur l’enfant ».

Et puis, cette phrase de la mère, rappelée par le ministère public :

 « Ce qu’a fait ma belle-mère, j’aurai dû le faire moi-même. »

D’autant que celui qui se dit « ne pas être un pédophile » avait déjà été condamné pour de mêmes agissements sur une autre de ses filles.
Me Nathalie Gomot-Pinard eut, ensuite, la lourde tâche de défendre… l’indéfendable:

« Mon client reconnaît les gestes de violence qu’il a vécus lui-même, lorsqu’il était enfant. En revanche, il nie les agressions sexuelles. »

Quant au pyjama recouvert de sperme elle rajouta:

« Il n’a pas été expertisé et aucunes traces de lésions traumatiques n’ont été relevées chez cette petite fille ».

Enfin:

« aucune alerte en dehors du cercle familial n’a été donnée et mon client reste convaincu d’une cabale intra-familiale ».

À l’issue de ces échanges, le quadragénaire qui a fondu en larmes, a donc été condamné à cinq années d’emprisonnement avec un maintien en détention.