Lorgues | Le moniteur d’auto-école aux 7 victimes n’ira pas en prison

oui

Pédocriminel En liberté

“C’était pour les aider à se détendre”
Une bretelle de soutien-gorge remise en place, une poitrine effleurée, une jupe relevée jusqu’aux hanches “parce qu’on voit mieux les pédales”, des épaules massées avec application, des mains qui s’égarent sur les cuisses graciles “pour indiquer les changements de vitesse”…

Un moniteur d’auto-école a été condamné à 18 mois de prison pour avoir agressé sexuellement plusieurs de ses élèves entre 2018 et 2021.

Un comble pour ce moniteur d’auto-école de 46 ans que d’être jugé pour écart de conduite sur les petites routes de Lorgues.

De 2018 à 2021, dans l’habitacle feutré des voitures, Francis a eu la pédagogie tactile et le dérapage bien contrôlé.

Le moniteur préférait le langage du corps, tout émoustillé par ses jeunes proies au cœur tendre.

Pas moins de sept jeunes élèves ont porté l’affaire devant le tribunal de Draguignan dont sa collègue de travail, pour un baiser volé, coincée derrière un bureau.

Dans sa déposition, celle-ci l’accuse même d’élaborer ses plannings :

“En choisissant les élèves les plus jolies”.

À la présidente, Marie-José Coureau-Vergnolles, qui s’inquiète de cette pédagogie “malsaine”, Francis oppose la promiscuité imposée par l’étroitesse du véhicule. Quant aux massages et aux caresses…

“C’était pour les aider à se détendre”.

La magistrate hausse le sourcil.

“Vous ne pensez pas que c’était plutôt votre comportement qui les mettait en stress?”.

Non, le moniteur, licencié depuis les faits, ne semble pas comprendre qu’il a franchi la ligne blanche.

Le procureur, David Malicot, se fait un devoir de lui lire la définition du harcèlement sexuel. La répétition des gestes, l’absence de consentement. Le magistrat ferraille pour obtenir des aveux francs.

“Elles ont besoin de cette reconnaissance pour se reconstruire!”

Francis tergiverse, il se reconnaît “tactile” mais réfute le côté “prédateur”.

Soutenues par leurs parents, deux jeunes filles, très émues, témoignent à la barre. L’une d’entre elles s’effondre en larmes:

“Il me disait je vais te mettre dans les conditions de l’examen pour que tu gères le stress, il me touchait le ventre, la poitrine, je pensais que j’étais folle!”

Les avocates des parties civiles réclament un préjudice de 2.000 à 7.000 euros.

Me Ducrocq-Schreck dénonce :

“Des heures de conduite cauchemardesques!”

Me Dartois poursuit :

“Il est intelligent, impossible qu’il n’ait pas eu conscience du mal qu’il faisait”

Le procureur se veut cinglant:

“Vos gestes n’avaient rien de ceux d’un enseignant, il n’est plus acceptable qu’un homme considère une jeune fille comme sa chose!”

Et de requérir deux ans de prison dont six mois ferme avec obligation de soins.

L’avocat de la défense, Me Brunet-Debaines, exhibe d’emblée les médailles de son client lorsqu’il était militaire.

“Il a servi la France tout de même. Les faits qu’on lui reproche ne sont pas si graves, ses méthodes n’ont pas été comprises. N’a-t-on pas accusé Sarkozy ou Macron d’être tactile?”

Le tribunal a au final condamné le moniteur à 18 mois de prison dont 12 avec sursis et obligation d’indemniser les victimes.

Francis pourra exécuter les six mois ferme sous forme de bracelet électronique. Et ainsi dégager du temps pour réviser son code de bonne conduite.

Source(s):