Brest | Un Brestois mis en examen pour avoir eu des enfants avec sa fille qu’il droguait

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Il a contraint leur fils de onze ans à avoir des relations sexuelles avec sa propre mère
Un quinquagénaire a été mis en examen par le parquet de Brest et placé en détention provisoire. Il est suspecté d’avoir eu trois enfants avec sa fille et forcé leur fils à avoir des relations sexuelles avec sa propre mère. La jeune femme est également mise en examen pour des violences.

Actualisation du 12 décembre 2025

C’est une petite impasse dissimulée derrière une barre d’immeubles, dans le quartier du Pont-Neuf, à Brest, à deux pas de l’immense parc et jardin botanique Stang-Alar. Une impasse d’une quinzaine de petites maisons récentes, gérées par le bailleur social Brest métropole habitat (BMH), où règne désormais un silence glacial.

Devant une petite maison désertée, pas ou plus de jeux d’enfants sur la pelouse depuis bien longtemps, ou de semblant de vie de famille ; des caméras de surveillance et des volets fermés demeurant les derniers témoins d’une histoire digne des films d’horreurs les plus glauques.

Le 26 novembre, les services de police sont intervenus pour interpeller et placer en garde à vue, sous la supervision du parquet de Brest, deux personnes résidant dans cette petite maison discrète : un homme âgé de 58 ans et une femme de 33 ans. D’apparence mari et femme.

Dans les faits, un père qui aurait abusé de sa fille (sur une temporalité indéterminée et notamment en lui administrant des antipsychotiques) et qui la présente aujourd’hui comme sa compagne.

Des enfants sont nés de cette union incestueuse : des jumelles aujourd’hui âgées de 8 ans et un garçon de 11 ans. Ce dernier (souffrant d’un handicap mental) aurait même, comble de l’horreur, été contraint d’avoir des relations sexuelles avec sa mère devant son père, ainsi qu’à regarder des films pornographiques… Entre autres violences qui auraient duré des années.

Ces enfants auraient depuis été placés dès 2023, et « leur parole se serait libérée au fur et à mesure, début 2024 », ainsi que nous le confirme Véronique Bourbigot, élue au conseil départemental, en charge, notamment de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) — dont dépendaient les enfants depuis plusieurs années.

En mars 2024, suite au placement des enfants, le couple avait terrifié le tribunal de Quimper lors d’une audience pour laquelle ils étaient tous les deux accusés d’avoir violenté et menacé une magistrate, une greffière ainsi que des assistants socio-éducatifs.

« On a eu beaucoup d’informations qui ont été révélées au fur et à mesure et le sont encore », poursuit Véronique Bourbigot. « Cette famille a vécu recluse, dans le secret pendant des années ».

Le père des enfants ne les a pas officiellement reconnus. Sur l’acte de naissance, il serait même notifié « père inconnu ».

Les enfants avaient « pour consigne de mentir sur l’identité de leur père et de parler de lui comme grand-père », à l’école comme à l’extérieur de la maison.

Il y a quelques années, les enfants ont d’abord été dans « une situation d’assistance éducative en milieu ouvert », avant d’être placés.

Arrivés dans le quartier « il y a deux ou trois ans » selon les voisins, cette famille vivait « les volets fermés ». Des disputes violentes éclataient souvent en journée entre les deux adultes (qui, selon le voisinage, « n’avaient pas l’air de travailler »), « laissant à penser qu’il y avait plus qu’une relation père-fille ». Lui, partait souvent le soir, tard, seul au volant de sa voiturette électrique.

« On en voit, des histoires tristes en protection de l’enfance, mais là… »

Selon nos informations, il semblerait que l’ex-épouse du quinquagénaire, mère de la femme de 33 ans, soit encore en vie ; l’homme aurait révélé au peu de voisinage l’ayant fréquenté qu’il avait également un fils issu d’une autre union, et qu’il avait quitté un autre quartier de Brest avant d’« arriver ici suite à de grosses embrouilles ».

Les trois enfants auraient en tout cas vécu des années sous le sceau du secret dans cette « maison de l’horreur ».

« Les équipes de l’ASE ont été extrêmement perturbées, glisse Véronique Bourbigot. On en voit, des histoires tristes en protection de l’enfance, mais là… C’est clairement un autre niveau ».

À l’issue de la garde à vue du couple incestueux, le père a été déferré et mis en examen pour viol incestueux aggravé commis sur un mineur, viol avec administration d’une substance à la victime à son insu pour altérer son discernement ou le contrôle de ses actes, viol incestueux sur un mineur de plus de 15 ans, agression sexuelle sur un mineur de plus de 15 ans, corruption sur mineur de 15 ans et violences habituelles sur un mineur de 15 ans suivies d’incapacité supérieure à huit jours.

Il a été placé en détention provisoire par le Juge de la liberté et de la détention (JLD), conformément aux réquisitions du procureur de la République, Stéphane Kellenberger.

« La mère, par ailleurs elle-même victime, a été mise en examen (…) pour violences habituelles sur un mineur de 15 ans suivies d’incapacité supérieure à huit jours et corruption de mineur de 15 ans », précise-t-il.

Elle a été placée sous contrôle judiciaire.

Dans le quartier du Pont-Neuf, aujourd’hui, on ne parle presque plus de l’affaire.

« C’est tellement atroce. Pauvres enfants et pauvre femme ! Qui pourrait imaginer un scénario pareil ? », glisse la tenancière d’un bar à proximité. « Tout le monde n’a parlé que de ça pendant deux-trois jours, mais plus maintenant. Il y a une certaine pudeur, presque une honte. L’innommable, ça, c’est arrivé près de chez nous… »

Article du 7 décembre 2025

C’est à la suite d’un signalement émis par le conseil départemental du Finistère, qu’un homme de 58 ans, a été interpellé le 26 novembre à son domicile à Brest.

“Le signalement rapportait un climat incestueux, des violences et déviances au sein de la famille”, rapporte le parquet de Brest dans un communiqué de presse.

Pendant plusieurs années

Lors de sa garde à vue, le quinquagénaire aurait indiqué être “en couple” avec sa fille, aujourd’hui âgée de 33 ans.

Il aurait reconnu plusieurs faits, notamment le viol de sa fille.

“Les faits révélés se seraient déroulées à Brest sur plusieurs années”, précise le procureur de la République de Brest, Stéphane Kellenberger.

Ensemble, le père et la fille auraient eu trois enfants : un garçon de onze ans et deux filles, des jumelles de huit ans.

Droguée à son insu

Le mis en cause aurait indiqué avoir drogué sa fille à son insu avant de la violer.

Il lui aurait administré un antipsychotique c’est-à-dire des neuroleptiques prescrits pour traiter les symptômes de troubles psychiatriques, tels que la schizophrénie et les troubles bipolaires.

L’homme aurait également avoué avoir contraint leur fils de onze ans à avoir des relations sexuelles avec sa propre mère.

“Les auditions des trois enfants, pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance et placés, permettaient a priori de confirmer” les faits, relate le parquet de Brest.

Violences sur les enfants

Le garçon s’est vu prescrire une Incapacité Totale Temporaire (ITT) de 30 jours, et ses cadettes une ITT estimée à huit jours.

Après deux jours de garde à vue, l’homme a été mis en examen, selon le procureur de la République, pour “viol incestueux commis sur un mineur” ; “viol avec administration d’une substance à la victime à son insu” ; “viol incestueux sur un mineur de plus de quinze ans” ; “corruption de mineur de 15 ans” ; “agression sexuelle incestueuse sur mineur” et “violences habituelles sur mineur“.

Il a été placé en détention provisoire.

La fille du mis en cause, également mère des trois enfants, a elle aussi été interpellée et placée en garde à vue.

Considérée comme victime, elle a également été mise en examen pour les délits de “violences habituelles sur un mineur de 15 ans suivies d’incapacité supérieure à huit jours” et pour “corruption de mineur de 15 ans”, c’est-à-dire sur mineur de moins de 15 ans.

La jeune femme a été placée sous contrôle judiciaire.

Le parquet précise que “les investigations se poursuivent dans le cadre de l’instruction, les mis en examen restant présumés innocents.”

Actualisation du 05/01/2026

Âgée de 33 ans, la mère des trois enfants avait été placée sous contrôle judiciaire pour corruption de mineur.

Elle a de nouveau agressé une personne chargée d’une mission de service public et se retrouve, ce lundi 5 janvier 2026, en détention provisoire, comme son père, à la maison d’arrêt de Brest.

Cette famille a vécu dans le secret pendant des années : l’homme, âgé de 58 ans aujourd’hui, a eu trois enfants, aujourd’hui placés, avec sa fille.

Il ne les avait pas reconnus à la naissance.

En grandissant, les enfants, un garçon et des jumelles, qui ont aujourd’hui 8 ans, avaient eu pour consigne de mentir sur l’identité du père. Qui leur demandait de l’appeler « papy » en public.

Il contraignait son fils, aujourd’hui âgé de 11 ans, à avoir des relations sexuelles avec sa propre mère.

Pas la première fois qu’elle agresse des travailleurs sociaux

La mère des trois enfants, elle, avait été placée sous contrôle judiciaire.

Elle est mise en examen pour corruption de mineur et violences habituelles sur mineur.

En février 2023, devant le tribunal des enfants, qui devait statuer sur le placement de son fils et de ses filles, elle avait attrapé par les cheveux une travailleuse sociale.

Et elle lui avait frappé deux fois la tête contre un bureau.

Elle avait aussi mis des coups de sac à main à une assistante sociale, avant d’être ceinturée par un éducateur.

Le père, lui, s’était distingué en menaçant de mort la magistrate et la greffière.

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