La Roche-sr-Yon | Le beau-père écope de 13 ans de prison ferme pour des viols incestueux

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« Il me faisait comprendre que c’était normal »
M.-P.D.
L’affaire commence à l’été 2013, lorsque le prévenu a rencontré la mère de la victime. Il a emménagé chez elles quelques semaines plus tard. Début 2014, le prévenu est entré dans la chambre de la jeune fille et l’a violée. La cour l’a déclaré coupable et l’a condamné à 13 ans de prison.

Vendée : condamné à 13 ans de prison pour avoir violé sa belle-fille pendant plus de deux ans

Du 21 au 23 juin, la cour d’assises de La Roche-sur-Yon a condamné un homme à 13 ans de prison pour avoir violé sa belle-fille fréquemment entre 2014 et 2016.

Le prévenu, sous contrôle judiciaire, est âgé d’une cinquantaine d’année. Du côté opposé de la salle, sur le banc de la partie civile, son ex-compagne, qui accompagne sa fille de 19 ans. Au moment des faits, elle avait entre 12 et 14 ans.

Lors de son témoignage à la barre, elle déclare :

« Je veux me sentir libérée, c’est pour ça que je parle aujourd’hui ».

Même s’il est « compliqué » de le faire.

Les faits se sont déroulés en Vendée, entre 2014 et 2016.

Aujourd’hui, la victime a quitté le département « pour fuir [son] passé ».

L’affaire commence à l’été 2013, lorsque le prévenu a rencontré la mère de la victime. Il a emménagé chez elles quelques semaines plus tard.

Lorsque la présidente du tribunal a demandé comment la cohabitation se passait, la jeune femme a expliqué à la barre que :

« Tout était normal au début ».

Avec son frère jumeau, ils le trouvaient « plutôt bien pour maman ».

À l’époque, l’adolescente a vu en l’homme une figure paternelle, qui venait en remplacement de son père biologique, avec lequel elle ne s’entendait plus du tout.

«J’avais besoin d’affection d’un homme âgé, dans le sens où je cherchais un père. Tout ce que je voulais, c’était de l’affinité paternelle. Je voulais quelque chose qu’un père normal, entre guillemets, ferait».

Début 2014, le prévenu est entré dans sa chambre et l’a violée.

La victime, la voix tremblante et en larmes, a expliqué :

« Tout s’est fait très vite ».

L’adolescente, perdue, n’a pas compris immédiatement ce qu’il se passait. Elle ne connaissait pas « ce monde-là ».

« Il me faisait comprendre que c’était normal. Mais je me posais des questions. S’il me disait que c’était normal, c’est que c’était normal. Mais il me disait qu’il allait me tuer si j’en parlais, donc ce n’était pas normal ».

La présidente du tribunal a lu la première audition de la victime par les gendarmes, lorsque qu’elle avait cité une de ses menaces :

« Si tu dis quelque chose, je te tue. Et je me tue moi après, comme ça je n’irais pas en prison ».

Un mois plus tard, l’adolescente, qui n’arrêtait pas de se « poser des questions » sur ce qui était arrivé, est parvenue à comprendre en interrogeant ses amies sur leur relation avec leur père.

Après le premier viol, un climat d’emprise et de manipulation s’est mis en place : chantage, contrôle des sorties, de la façon dont elle devait s’habiller :

« Tout devait passer par lui ».

Pendant plus de deux ans, les faits se sont répétés trois à quatre fois par semaine.

« J’avais peur de rentrer à la maison ».

La victime a déclaré en avoir des « souvenirs vagues ».

« Je me demandais si c’était de ma faute ».

Une culpabilité constante, encore présente aujourd’hui.

« Je culpabilise pour le jugement, alors que je ne devrais pas ».

Elle a déclaré ne pas pouvoir « le dire à [sa] mère » à l’époque, par peur qu’elle culpabilise de n’avoir rien vu et « s’effondre ».

En 2016, la mère de la victime s’est séparée du prévenu, à cause d’une « mésentente » de plus en plus forte. Elle a ensuite porté plainte à son encontre pour harcèlement moral, et sa fille a été convoquée par les gendarmes en tant que témoin. Lors de son audition, elle a avoué ce qu’il s’est passé. Une plainte a été déposée dans la foulée.

« Je n’arrivais pas à aller à la gendarmerie. Il fallait que quelqu’un d’autre alerte sur ce qu’il se passait, et prévienne les gendarmes pour qu’ils viennent me chercher ».

En avril 2016, un gynécologue, agréé pour les affaires judiciaires, a examiné l’adolescente et confirmé une rupture de l’hymen survenue il y a longtemps.

Lors de son audition par la présidente du tribunal, le prévenu a déclaré qu’il s’agissait d’une :

« Relation qui n’aurait pas dû exister, mais il y avait des sentiments ».

Il évoque une « relation consentie ».

La cour l’a déclaré coupable et l’a condamné à 13 ans de prison, avec effet immédiat. Il devra suivre des soins et aura interdiction d’entrer en contact avec la victime, et de travailler ou de faire du bénévolat en contact avec des mineurs. Il devra également réparer les dommages causés et sera inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.

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