
Hauville | Un moniteur d’équitation condamné pour agression sexuelle sur mineure
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
oui
Pédocriminel En liberté
- 03/04/2025
- 18:21
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À l’époque des faits, Angèle, venue du nord de la France avec ses parents, est en vacances dans sa proche famille aux environs d’Hauville (Eure). La proximité du poney-club est l’occasion, pour la jeune fille de 16 ans, de prendre rendez-vous pour une balade à cheval.
Les faits ont eu lieu à Hauville.
« Il m’a dit que j’étais séduisante, que j’avais un corps d’athlète », témoigne-t-elle.
En réalité les étriers ne sont pas réglés à la même hauteur, ce qui provoque le déséquilibre. N’importe quel professionnel sait cela.
La conversation elle-même est déplacée.
« Je serai ton petit ami de deux heures », déclare-t-il dès le départ.
« Puis les propos se font intrusifs, car il me demande si j’ai un petit ami. Cette heure et demie est un calvaire. À la fin de la promenade, alors que je glisse une énième fois, il déclare, en ricanant, je vais profiter de tes fesses une dernière fois », confie Angèle à la barre. « Le pire, poursuit-elle, c’est qu’à la fin de la promenade, il m’a dit que j’aurais certainement des courbatures. Et il a posé sa main sur l’intérieur de ma cuisse gauche. »
Au retour dans la voiture, les parents s’inquiètent du silence d’Angèle qui semble tendue et renfermée.
Finalement, l’adolescente raconte les deux heures détestables qu’elle vient de passer.
Le père demande des éclaircissements au téléphone. Pour le moniteur, rien de particulier à signaler, tout s’est bien passé.
« Pas concerné par l’audience »
À la barre, l’homme de 42 ans, cheveux courts, athlétique, 1 m 70 environ, semble particulièrement détendu malgré le plâtre qu’il porte au pied gauche. Il surjoue le handicap avec ses béquilles. Il fait mine de perdre l’équilibre, sans se départir d’un humour qui ne fait rire personne.
Prolixe, disert, le moniteur a réponse à tout. Il minimise, élude contre les évidences.
« Quand elle arrive, je ne me rends pas compte que c’est une adolescente », prétend-il.
Comme si cela pouvait justifier un langage et des gestes déplacés.
Sur le banc de la partie civile, la jeune fille, âgée aujourd’hui de 19 ans, soutient le regard du hâbleur. Elle ne faiblit pas et reste ferme sur ses accusations.
Lorsque la substitut du procureur, Marie Fraval, énumère les recommandations des professionnels de ne jamais intervenir physiquement sur les cavaliers, mais de s’en tenir à des instructions strictement verbales, le prévenu relativise.
« C’est vrai, mais dans la réalité, on peut poser une main sur la hanche ou sur l’épaule pour rectifier une posture. »
Pourtant, les dépositions d’Angèle font ressortir un caractère ouvertement sexuel dans les interventions du patron du club hippique.
« Peut-être que c’est son vécu à elle. Peut-être qu’elle a eu des traumatismes. Pour ma part, il n’y a rien de sexuel », rétorque-t-il.
L’attitude du quadragénaire que certains témoins qualifient de dragueur et tactile semble être son pire accusateur.
« Le prévenu n’est pas concerné par l’audience », observe le parquet.
Il écoute distraitement la partie civile d’un air amusé et condescendant.
Les psychologues font état d’un léger stress post-traumatique et d’un sentiment d’inquiétude chez Angèle.
En conséquence, l’avocat de la partie civile demande des dommages et intérêts au titre du préjudice moral et psychologique à hauteur de 5 000 € ainsi que 1 500 € en vertu de l’article 475-1
Prison avec sursis
Le parquet requiert des peines sévères qui marquent l’interdit : dix-huit mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans, accompagné d’obligation de soin psychologique et de payer les sommes dues à la victime.
Les peines requises incluent une injonction à cesser une activité équestre ainsi que l’interdiction d’exercer un métier en contact avec des mineurs pendant cinq ans
Me Kamel Bacha plaide la relaxe car, selon la défense,
« c’est un procès de la rumeur initié par la publication d’une page Facebook dénigrante par la cousine de la plaignante dont le mal-être est bien antérieur à la promenade équestre. Elle interprète le comportement de mon client au travers du prisme du harcèlement scolaire qu’elle a subi », conclut l’avocat.
Les arguments de la défense n’ont pas convaincu les magistrats du siège.
Le prévenu est reconnu coupable des faits de la prévention envers Angèle et est condamné à la peine demandée par le parquet. La victime se voit accorder 2 000 € au titre du préjudice moral ainsi que 1 000 € en vertu de l’article 475-1 du code de procédure pénale. En outre, l’inscription du prévenu au fichier des auteurs d’infractions à caractère sexuel est prononcée.
Les condamnations en première instance ne sont pas définitives puisque susceptibles d’appel. Jusqu’à la condamnation définitive, les prévenus sont donc toujours présumés innocents.
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