Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Châtellerault | 4 ans de prison pour le “ papy respectable ”

Soupçonné de viols et d’agressions sexuelles sur trois mineurs, le sexagénaire a tout nié en bloc.

En garde à vue et face à des juges convaincus du contraire.

Les premiers soupçons avaient été révélés lors d’un repas de famille, en 2012.

Patrick, 66 ans aujourd’hui, le voisin serviable, la grande gueule, le « papy respectable » a-t-il commis des actes incestueux et pédophiles à l’encontre de trois enfants ?

Deux des enfants étaient gardés par le couple, entre 1997 et 2012, à Châtellerault.

On lui faisait confiance. Il présentait bien.

“ Je savais qu’il n’avait pas le droit de le faire ”

Dans la salle d’audience du tribunal correctionnel de Poitiers, jeudi après-midi, il y avait surtout les sanglots permanents, pendant deux heures, de cette jeune femme en pleurs.

Sa nièce. Traumatisée.

« Il a passé sa main sous mes vêtements, il caressait mes fesses et puis mon sexe.

Je savais que ce n’était pas normal, qu’il n’avait pas le droit de le faire. »

Elle en avait parlé des années plus tard à ses parents. Sa plainte avait servi à toutes les victimes.
Placé en garde à vue, Patrick a nié les faits.

A la barre, il explique que les enfants ont confondu cette histoire de « zizi » avec une statue nue présente dans le jardin.

« Mais les témoins n’ont jamais vu les enfants embrasser la statue ? »,

s’interroge la présidente à voix haute. Pas de réponse.
Par tous les moyens, la magistrate a tenté de faire reconnaître ces agressions sexuelles.

Mais Patrick est resté droit dans ses bottes.

« Moi, je ne me suis jamais occupé des enfants. Sauf dans le salon, quand ma femme préparait à manger. »

« Mais comment se fait-il que les enfants parlent de ces atteintes sexuelles ? Votre description n’est pas celle du dossier d’instruction… »

« Je ne suis pas coupable, on essaye de m’assassiner. »

L’avocate d’un des enfants s’énerve :

« Un petit de 3 ans et demi qui explique des faits à connotations sexuelles en réitérant ses propos à plusieurs reprises, c’est anodin ? »

L’avocat de la jeune femme, qui demande 15.000 € de dommages et intérêts évoque le prix de la souffrance :

« Il est dans le déni total parce qu’il estime que c’était anodin. Mais les conséquences de ses actes sont prégnantes. Entendez la douleur de ma cliente… »

Ça faisait bien longtemps que le procureur tendait l’oreille :

« Cette victime a eu un immense courage. Aujourd’hui, sa victoire, c’est de pouvoir entendre dire qu’elle est victime. Elle a subi ce qu’un enfant ne doit jamais subir. »

Malgré une relaxe plaidée par son avocat, les réquisitions du ministère public ont été entièrement suivies par les juges : 4 ans de prison, dont deux avec sursis et mise à l’épreuve pendant trois ans.

Le papy, muré dans ses dénégations, devra se soigner, verser 6.000 € de dommages et intérêts aux deux jeunes enfants ; 2.000 € à la jeune femme.

Il ne devra plus rencontrer ses victimes. Il devra également verser 500 € aux parents qui n’avaient eu qu’un tort, au début des années 2000 : faire confiance au « papy respectable ».

Source : LaNouvelleRépubique