Bayeux | Le président du club de rugby condamné à 18 mois de sursis pour avoir partagé des fichiers pédopornographiques

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Adepte des sites pédocriminels
Le président du club de rugby de Bayeux a été condamné ce 18 mars à deux ans de prison dont 18 mois avec sursis pour détention et partage de fichiers pédopornographiques. Il avait également conservé des photos de jeunes du club.

En début de semaine, le sexagénaire, président du club de rugby de Bayeux, a été interpellé pour consultation, détention et partage de fichiers pédocriminels.

Trois cent cinquante-cinq en tout, photos et vidéos, dont la plus ancienne date de novembre 2022.

« J’y suis arrivé un peu par hasard, à force d’échanges. C’est un engrenage », tente d’expliquer Christophe C, ce mercredi 18 mars, à la barre du tribunal correctionnel de Caen.

Ses agissements remonteraient même à 2020 selon l’enquête, déclenchée par de récents signalements de Pharos,  la plate-forme gouvernementale de signalement de contenus et comportements illicites en ligne.

Parmi les comptes louches identifiés, une adresse mail faisant allusion au club de rugby de Bayeux.

Et pour cause, cet habitant de Trungy, petit village au sud de la capitale de Bessin, en est le président. Il a même refondé le club en 2008.

Mais après être revenu à une vie de célibataire vers 2019, Christophe C. s’est laissé happer par de sombres penchants sur des sites sulfureux comme Coco (fermé sur décision de justice en 2024) puis Bounty, mais aussi des plates-formes comme Telegram, pour plus de « discrétion », comme en convient le mis en cause, aux réponses laconiques, d’une voix basse et confuse.

Sur ses ordinateurs, tablette et téléphones portables, les enquêteurs ont saisi « des photographies insoutenables », « des scènes humiliantes avec des enfants », « un grand nombre d’agressions et de viols », décrivent le président et la procureure.

Les magistrats lui demandent ce que lui inspire la consultation de ces fichiers, classés dans des dossiers sur son ordinateur. L’homme cherche ses mots.

« C’est pas bien », finit-il par lâcher.

« C’est le moins que l’on puisse dire, rétorque du tac au tac le président, c’est une infraction pénale. »

Christophe C. confesse « être excité par la vision d’enfants prépubères (…) Les enfants sont aussi excitants que les adultes », sans trop pouvoir justifier l’origine de ces penchants et de la consultation de ces fichiers.

« On ne va jamais sur Coco par hasard », tonne la procureure, croyant peu à une découverte fortuite de cet univers.

Au milieu de toutes ces images, certaines sèment un trouble supplémentaire : des photos de jeunes du club de rugby de Bayeux.

Des clichés, sans connotation sexuelle cette fois, récupérés sur des messageries d’équipes du club. Comme le portrait du fils d’un éducateur, ou quelques jeunes filles.

En garde à vue, Christophe C. a reconnu « des fantasmes assez précis » avec ces jeunes.

Poussé dans ses retranchements par la procureure, l’homme à la tête du Bayeux rugby club dit, d’une voix à peine audible « s’être masturbé » devant ces images.

L’enquête n’a toutefois pas mis en évidence d’agression ou de comportement répréhensible dans le cadre du club, où il officie aussi comme arbitre.

Autre élément troublant, l’exhumation d’une conversation, sur un tchat, où Christophe C. dialogue avec un utilisateur se présentant comme mineur et envisage clairement une rencontre et des rapports sexuels.

« La logique, c’était que ça se termine comme ça, avoue le prévenu dans le box. Je recherchais ça à une époque mais ce ne serait pas possible aujourd’hui, je ne pourrais pas. »

Son avocat souligne « son verrou psychologique pour ne pas passer à l’acte ».

Coopératif en garde à vue, Christophe C. répète avoir commis « des erreurs » et « avoir conscience » des faits, allant se qualifier de « gros connard ».

Sans son interpellation, sans doute aurait-il continué, ce qui fait dire au parquet que le prévenu présente une certaine dangerosité.

Le tribunal l’a condamné à deux ans de prison avec sursis, avec interdiction définitive d’exercer une activité en lien avec des mineurs. Il sera inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.

« J’ai besoin de me faire soigner. Je regrette. Je suis prêt à tout pour avancer », lâche-t-il.

Très inséré socialement, il sait qu’il devra démissionner de la présidence du club de rugby :

« C’est nécessaire de m’éloigner de ce genre d’activité ».

Placé sous mandat de dépôt, Christophe C. figure du paysage sportif et associatif bayeusain, fêtera son 61e anniversaire dans trois jours… derrière les barreaux.

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