Mons-en-Barœul | Gérard Fouteret écope de 6 ans de prison pour viol incestueux et agression sexuelle

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Il ne voyait pas d’interdit puisque selon lui sa petite-fille avait des gestes sexués
Gérard Fouteret est venu avec un sac de vêtements pour le dernier jour de son procès. Cet octogénaire savait qu’il risquait de partir en prison. Il a été condamné et ses victimes peuvent désormais avancer dans la vie avec le sentiment que justice a été rendue. Enfin.

Six ans de prison pour Gérard Fouteret, 80 ans,de Mons-en-Barœul. Il a violé sa petite-fille en 2008 et agressé sexuellement sa petite voisine.

La présidente de la cour, Sylvie Karas, a insisté, jeudi 28 mai, pour que l’accusé explique ce qui l’a poussé à agresser des fillettes de 7 et 9 ans, dont sa propre petite-fille.

Mais c’est ce vendredi qu’elle a eu une réponse. Pas de Gérard Fouteret, mais de l‘experte psychologue qui l’a examiné en 2020.

Elle a expliqué que cet homme, de 74 ans à l’époque, était hypernarcissique, avait des difficultés à se remettre en cause, ne voyait pas, dans les faits, de caractère interdit. Il considérait qu’il n’y avait pas eu viol, puisque (dixit) sa petite-fille avait des gestes sexués.

Son avocate, Mathilde François, a expliqué pourquoi il n’a pas pu répondre :

« Il n’a pas évolué en sept ans, si ce n’est hier. Parce qu’il a dû mettre une autre histoire que celle qui est dans sa tête. Il n’a pas été soumis à des soins depuis 2019. »

Alors, la justice a-t-elle failli ? L’accusé aurait-il exprimé de remords, compris les conséquences de ces actes s’il avait été soigné ?

Thierry Vandermeeren, l’avocat de la petite voisine et de sa mère, le pense :

« J’ai une colère envers la justice ! Ma cliente a parlé en 2019 et on est en 2026 ! Et M. Fouteret n’a pas eu de contrôle judiciaire, pas d’obligation de soins, d’interdiction d’entrer en contact avec les victimes ! On marche sur la tête ! Elle, à chaque fois qu’elle sort de chez elle, elle a peur. Pourquoi il n’a pas déménagé ? »

Sa consœur, Marie-Ange Nicolis, défendait la petite fille de Gérard Fouteret. Elle a parlé de la souffrance de la jeune femme et de sa culpabilité, encore très forte. D’ailleurs, lorsque l’avocat général a présenté ses réquisitions, elle est tombée en larmes.

Des excuses du ministère public

Il a commencé par un mea culpa adressé aux victimes.

« Ce qui est choquant dans ce dossier, c’est que M. Fouteret n’a été soumis à aucune mesure de justice pendant sept ans. En tant que représentant du ministère public, je présente mes excuses parce que nous avons contribué à votre souffrance. »

Pour lui, l’octogénaire n’a pas cédé à des pulsions, a choisi d’abuser des fillettes et s’est dérobé à ses responsabilités.

Il a requis 13 ans de réclusion, un suivi sociojudiciaire de 7 ans, avec injonction de soins et interdiction de contact avec victimes.

Mathilde François a rappelé qu’il s’était passé quelque chose au cours du procès.

« Je défends un coupable qui est sur le chemin de la reconnaissance. Il a fallu sept ans pour qu’il prononce le mot inceste ! Il est resté dans la position, facile, de celui qui ne sait pas. Ici, il a été secoué. La peine doit favoriser les soins. »

La cour criminelle a condamné Gérard Fouteret à six années de réclusion et trois ans de suivi sociojudiciaire.

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