Niort | Un prof écope de 3 ans de sursis pour avoir entretenu des relations « amoureuses » avec trois lycéennes
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 02/06/2026
- 10:26
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Le visage marqué et le teint pâle, cet homme aujourd’hui âgé de 52 ans ne cherche pas à réécrire l’histoire.
J’aurais dû dire non. “J’ai honte. Mais jamais je n’ai cherché à user de ma position “, explique-t-il, jeudi 21 mai 2026, à la barre du tribunal correctionnel de Niort.
Sous contrôle judiciaire depuis 2019, suspendu à titre conservatoire par l’Éducation nationale, l’intéressé était un professeur d’histoire-géographie épanoui, respecté, en poste dans un lycée des Deux-Sèvres.
Au cœur de cette vie normale s’est invitée une attirance pour trois de ses élèves, toutes mineures, qu’il peine encore à expliquer.
“Vous ne vous êtes pas dit que votre boulot de prof, ça allait être terminé ?”, lui demande le président.
“Si, des tonnes de fois. Je regrette et je pense très souvent aux victimes”, s’entend répondre Igor Souchu.
Venu embrasser, chez elle, l’une des lycéennes dont il s’était rapproché, l’enseignant est rattrapé par la colère de ses parents.
Leur fille leur a tout dit. Ils rencontrent le professeur, le préviennent que ça ne se fait pas, mais ne déposent pas plainte.
C’était un avertissement fort.
“Sauf qu’il n’en a pas tenu compte”, souligne l’avocat d’une des victimes, Me Sébastien Rey.
À l’origine de cette procédure, il y a deux autres élèves qui ont fini par raconter ce qu’ils savaient.
“Sans eux, le prévenu aurait-il continué sur sa lancée ?”, s’interroge le conseil.
Trois mois après avoir été recadré par les parents de sa première « conquête », celui qui était alors quadragénaire franchit un nouveau cap avec une autre élève.
Fragilisée par des relations compliquées avec ses parents, cette dernière croit vivre avec lui une grande histoire d’amour. Les caresses se multiplient au sein même de l’établissement, puis au domicile du prévenu lorsque son épouse est absente.
“Je m’enfermais dans l’idée que j’étais amoureux d’elle. Nous échangions beaucoup. Il n’y avait pas que du sexe”, affirme le mis en cause.
Alors qu’il est pratiquement devenu l’amant de l’adolescente, le prof bascule dans le même temps avec une troisième lycéenne. Elle lui enverra des photos d’elle dénudée.
Cela vaut à l’enseignant d’être aussi poursuivi pour corruption de mineure.
“Il ne peut pas y avoir de relations sentimentales entre un élève et son professeur. Ils ne sont pas sur un pied d’égalité”, rappelle le vice-procureur de la République.
“Les faits se sont déroulés sur une période de deux ans. Malgré l’avertissement venu des parents de l’une des victimes, il a été dans l’incapacité de mettre un terme à ses agissements. Son positionnement à cette barre est en revanche aujourd’hui adapté”,
poursuit Nicolas Leclainche avant de réclamer, outre une peine de dix-huit mois de prison avec sursis, une interdiction d’exercer, à titre définitif, une activité impliquant des contacts avec des mineurs.
“Nous ne sommes pas dans un dossier de pédophilie. Mon client a violé une règle déontologique. Un professeur ne peut pas entretenir une relation amoureuse avec un élève”, souligne la défense.
“Il traversait une sorte de dépression, a eu envie, à 40 ans, de plaire de nouveau. L’instruction a été longue. Cela lui aura au moins permis de mettre en place des soins, de comprendre que c’est lui le fautif”, poursuit Me Olivier Martinez.
“L’administration est déjà au courant de tout. Elle attend le résultat de ce procès pour le convoquer devant un conseil de discipline qui décidera de son avenir. Je vous demande de pouvoir le défendre devant ce conseil. Il a réfléchi. Il n’est plus un danger. Ne lui interdisez pas de pouvoir un jour reprendre sa carrière. Laissez à l’administration la responsabilité de trancher”.
« Interdiction définitive d’exercer »
Reconnu coupable, le professeur d’histoire-géographie a été condamné à trois ans de prison avec sursis.
Il sera inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais).
Le tribunal a par ailleurs prononcé à son encontre une interdiction définitive d’exercer une activité impliquant des contacts habituels avec des mineurs.
Et a rejeté sa demande de non-inscription de sa condamnation au volet B2 de son casier judiciaire.
Il devra verser 6 000 € à l’une des lycéennes au titre de son préjudice moral, et 880 € pour les frais de santé qu’elle a dû engager après les faits.
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