Rennes | Sortie de prison pour le violeur multirécidiviste
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oui
Pédocriminel En liberté
- 08/05/2026
- 20:42
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Karine Jambu avait 5 ans quand elle a été violée pour la première fois. Pendant des années, elle a été abusée par un pédocriminel récidiviste, sous les yeux de ses parents et des services sociaux.
Un calvaire qui avait duré plusieurs années, jusqu’à ce que son bourreau soit incarcéré dans le cadre d’une autre affaire pédocriminelle.
En 2018, Karine Jambu a alors 20 ans, quand son violeur est enfin condamné dans cette affaire à trente ans de réclusion criminelle, la peine maximale. Dans le box des accusés, Roland Blaudy avait reconnu les multiples viols, expliquant qu’il ne « pensait pas que c’était mal ».
Karine a aujourd’hui 29 ans. Elle qui avait réussi à se reconstruire, a appris en novembre que l’homme qui l’avait violée avait demandé à sortir de prison.
« Je suis effondrée », nous avait-elle confié, ne préférant pas imaginer le pire. Mercredi soir, le pire est arrivé. Karine Jambu a appris que son bourreau sortirait de la prison de Caen (Calvados) le 12 mai.
« Je ne comprends pas comment c’est possible »
La nouvelle se double d’un second choc : dans le courrier du juge d’application des peines, elle apprend que son violeur va s’installer à Rennes, là où elle habite.
« Ça me dégoûte. Je ne comprends pas comment c’est possible. Comment on peut laisser une personne comme ça sortir de prison ? Et s’installer dans la même ville que moi en plus ! », témoigne-t-elle auprès de 20 Minutes.
Dans son courrier, la magistrate précise que le pédocriminel récidiviste « a purgé sa peine d’emprisonnement criminelle ».
Selon elle, « la dangerosité de l’intéressé a été réduite par le travail effectué en détention ». Mais précise que son suivi sera « particulièrement renforcé ».
Confusion de peines
Pour comprendre comment un homme condamné à trente ans de réclusion criminelle en 2018 peut sortir de prison au bout de huit ans, il faut se plonger dans le code de procédure pénale.
Roland Blaudy a profité du principe de « confusion des peines », lui qui avait déjà été condamné en 2007 à dix-huit ans de réclusion pour des viols sur sa fille.
Quand il a de nouveau été condamné en 2018, l’article 132-3 du Code pénal a permis à Roland Blaudy d’exécuter en même temps les deux peines.
En clair : la peine la plus longue a « absorbé » la première, elles ne se sont pas ajoutées.
« La période de sûreté étant achevée, M. Blaudy est juridiquement en droit de déposer une demande d’aménagement de peine », expliquait le procureur de la République de Caen en novembre.
Sollicité, le parquet n’a pas encore répondu à nos questions.
« C’est elle qu’on condamne à nouveau »
Déjà en guerre contre le système judiciaire et l’État, qu’elle a déjà fait condamner de multiples fois, la tante de Karine Jambu, Laurence Brunet-Jambu, ne décolère pas.
« C’est elle qu’on condamne à nouveau. C’est comme si on remettait la victime en prison. Cet homme est un violeur multirécidiviste qui a déjà fait plusieurs victimes. Quand il a violé Karine, il était censé être en soins ! Il n’a jamais écrit, jamais demandé pardon. C’est dégueulasse », s’agace-t-elle.
Roland Blaudy a été condamné à au moins trois reprises pour des faits de viols ou agressions sexuelles sur une quinzaine de mineures. Sa première condamnation remonte à 1997.
« C’est un prédateur, un homme qui a violé sa fille. Qui peut affirmer qu’il ne recommencera pas ? On fait des prisons ultra-sécurisées pour les dealers mais on laisse les violeurs dehors ? », ne décolère pas la tante et principale soutien de Karine Jambu.
Pas de possibilité de recours
Dans son courrier, la juge d’application des peines rappelle que Roland Blaudy a interdiction d’entrer en relation avec sa victime « de quelque manière que ce soit » pendant quinze ans.
Mais comment en être sûr, alors que le violeur de 74 ans vivra à Rennes ?
« Il a bousillé une partie de ma vie et on le libère. Je fais quoi moi ? J’arrête de sortir ? Comment je vais réagir si je dois le croiser ? J’aurais aimé qu’il meure en prison, qu’il disparaisse pour toujours », confie Karine Jambu.
Dans son courrier, la juge justifie cette domiciliation par le fait que « l’intéressé n’a pas d’autre adresse», raison pour laquelle « cette situation inconfortable n’a pu être évitée. » Une « situation inconfortable » : le vocabulaire juridique, par sa froideur, apparaît parfois comme un nouveau coup porté aux victimes.
Anéantie par cette nouvelle, Karine Jambu se retrouve sans recours.
« Je me sens trahie par la justice. Ça sert à quoi de prononcer trente ans de prison si c’est pour le laisser sortir ? C’est pour calmer la victime et la soulager ? », lâche-t-elle, amère.
Le parcours de la jeune Rennaise avait fait l’objet d’un livre intitulé Signalements, puis d’un téléfilm réalisé par Eric Métayer. Des œuvres qui avaient permis de pointer les dérives de la protection de l’enfance, de la justice et des services sociaux, qui ont tous failli à leur mission de protéger Karine.
Dès sa naissance, les sages-femmes avaient donné l’alerte, s’inquiétant du comportement de la mère. Une femme déjà condamnée pour avoir poignardé à mort son bébé avant la naissance de Karine. Mais à qui on en avait laissé la garde.
* Wanted Pedo avait relayé ici le calvaire de la Karine en 2019.
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