Fréhel | Un octogénaire prend 15 ans pour viols incestueux répétés sur sa belle-fille
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 08/05/2026
- 16:10
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À Fréhel, dans la station huppée des Sables-d’Or-les-Pins, on connaissait ce couple de commerçants et leurs enfants. Peu connaissaient, en revanche, le passé judiciaire du chef de famille, qui a frayé avec le grand banditisme français dans les années 70-80.
Mais personne, ou presque, n’était au fait du huis clos incestueux qui a déchiré cette famille recomposée, avant d’être minutieusement étudié par la cour d’assises des Côtes-d’Armor, ces mardi 28 et mercredi 29 avril.
L’accusé, aujourd’hui âgé de 81 ans, répondait de viols répétés sur sa belle-fille. Les faits auraient débuté en 2003, alors que la victime n’avait que 10 ans. Pourtant, les signaux d’alerte n’ont pas manqué : des attouchements signalés dès 2001, puis en 2010.
À l’époque, les enquêtes ont été classées sans suite, la jeune fille s’étant rétractée sous la pression, notamment de sa mère selon son récit. Il aura fallu un nouveau dépôt de plainte, en 2016, pour lancer une instruction criminelle marathon de près de dix ans.
À la barre, le vieil homme reconnaît « plus d’une centaine » de rapports sexuels tarifés avec sa belle-fille. Quelques dizaines d’euros au début et une centaine d’euros à la fin. Pour lui, ce n’est pas du viol, mais une forme de transaction qu’il distingue de la prostitution avec une logique déconcertante :
« Les prostituées, on les paie avant, moi je payais après. »
Il soutient par ailleurs que ces relations n’auraient débuté qu’en 2009, lorsque la victime avait 16 ans.
Quant à la mère, elle ne pardonne rien. Non pas à son époux, qu’elle soutient « pour le meilleur et pour le pire », mais à sa propre fille.
« Elle est née rue des Martyrs, ça lui va bien. Il faut tout le temps la plaindre », lâche-t-elle avec mépris.
Pour elle, sa fille est une « intrigante », une « menteuse vénale » qui aurait « piégé » son mari pour lui soutirer de l’argent.
Avec une violence qui a laissé la présidente de la cour songeuse, la mère a poursuivi son réquisitoire :
« Elle avait le feu au cul. Elle a toujours voulu prendre ma place. »
Si elle concède que l’écart d’âge (44 ans) n’est « pas très normal » moralement, elle se reprend aussitôt : « Il a voulu arrêter, mais elle voulait continuer. »
Elle affirme n’avoir jamais été au courant, bien que le père et la victime se souviennent qu’elle les a surpris une fois. À la suite de cet épisode, l’adolescente avait retrouvé une inscription sur les murs de sa chambre : « Salope. »
Quinze ans de réclusion requis
Le dossier contient pourtant une preuve accablante que la mère, elle-même, avait exigée à l’époque : un enregistrement où la jeune fille confronte son bourreau, lequel admet partiellement les abus commis.
« Il n’est jamais facile de recueillir des preuves dans ces dossiers, surtout quand les faits remontent à plusieurs décennies », a rappelé l’avocate générale.
Estimant que les débats ont permis de « lever les zones d’ombre », elle a conclu que l’accusé « a profité de l’autorité qu’il avait pour abuser d’elle. »
Face aux 15 ans de réclusion criminelle requis, la défense, portée par Me Jérôme Stephan, a plaidé l’absence de preuve de la contrainte, élément nécessaire pour caractériser le viol.
la cour d’assises des Côtes-d’Armor a rendu son verdict ce mercredi 29 avril, peu avant minuit, après deux jours de débats d’une rare violence psychologique. Angelo Sivilla, l’ancien membre du grand banditisme âgé de 81 ans, a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour les viols répétés qu’il imposait à sa belle-fille depuis son enfance
Le jury a ainsi choisi de suivre les réquisitions de l’avocate générale, écartant la ligne de défense de l’accusé. Durant le procès, cet ancien membre du grand banditisme repenti avait tenté de requalifier les faits en simples « rapports tarifés », affirmant qu’ils étaient consentis.
Soutenu par la mère et le beau-frère de la victime, il affirmait également qu’elle cherchait avant tout à lui soutirer de l’argent. Une version balayée par la cour, qui a retenu la contrainte psychologique et l’abus de l’autorité exercée par l’octogénaire pour caractériser les multiples viols.
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