Blain | Un directeur de centre de loisirs prend douze ans pour viols sur mineurs

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La cour a été au delà des réquisitions, tenant compte de la dangerosité de l’homme
À l’issue de trois jours de débats, un ancien animateur, directeur de centre de loisirs et élu à Blain, âgé de 53 ans, a été condamné à douze ans de réclusion criminelle. Il est reconnu coupable d’atteintes sexuelles, de viols et de corruption de mineurs. Neuf jeunes garçons sont concernés.

Pardon, pardon, pardon !

Des pleurs dans la voix, l’accusé de 53 ans s’adresse aux jeunes hommes et leur famille, assis sur le banc des parties civiles, avant le délibéré de la cour criminelle. À l’issue de trois jours de procès, Florent Tani a été condamné à douze ans de réclusion criminelle et cinq ans de suivi sociojudiciaire, avec une injonction de soins, à dix ans d’inéligibilité et à l’interdiction définitive d’activité en contact avec des mineurs.

L’ancien animateur et, pour son dernier poste, directeur d’une association de loisirs entre 2014 et 2019, est reconnu coupable de corruption de mineurs, d’atteintes sexuelles et de viols (pour deux victimes). L’ex-élu à Blain et président du club de tennis de table reconnaissait sa responsabilité pour huit des neuf victimes. Avant et après 15 ans. À un âge où on ne comprend pas, appuie l’avocate Solène Beaumont.

“Un engagement dans un suivi thérapeutique l’a amené, petit à petit, à admettre, reconnaître, à être dans l’empathie”, soutient, à la défense, Amel Maugin.

Une démarche de soins, les seuls garde-fous, entamée il y a six ans. Une repentance authentique dont la cour a tenu compte.

« Enfoui au plus profond de lui »

L’accusé, ayant grandi dans un cadre familial complexe, admet une attirance pour les jeunes garçons depuis l’adolescence. Il s’est marié, a eu des enfants et a enfoui au plus profond de lui » cette déviance. Jusqu’à un premier acte : faire visionner à des adolescents des films pornos. “Je m’étais persuadé qu’ils étaient d’accord et que ça allait en rester là”.

Le voisin sympathique et serviable, l’ami a gagné «la confiance des enfants », souligne Maell Pellen, avocate en partie civile, par des activités, des cadeaux, un ciné et même des vacances. Un mécanisme, qui s’est rodé, renchérit l’avocat général, Stéphane Cantero.

L’escalade criminelle a été favorisée par un sentiment d’impunité, a insisté une experte psychologue, pour laquelle “le seul travail qui pourrait l’aider à se dégager de ses fantasmes à vie est de comprendre quelles barrières ont cédé”.

La gravité des faits, leur multiplicité, la durée, leur impact et “la structure d’une personnalité qui témoigne d’une dangerosité” ont incité la cour à aller au-delà des réquisitions de huit à dix ans.

L’accusé a passé sa première nuit derrière les barreaux mercredi 18 février.

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