France | La prostitution des mineures continue de progresser en France

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L’exploitation sexuelle, loin de reculer.
L’Observatoire national des violences faites aux femmes recense ce vendredi 10 avril 704 victimes en 2025, dont 94 % sont des filles, contre 659 en 2024.

Entre 2021 et 2025, la hausse atteint 43 %, selon la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof).

Parmi les 704 victimes, 416 sont victimes de proxénétisme et 288 victimes de recours à la prostitution.

A titre de comparaison, elles étaient 659 en 2024, dont 435 victimes de proxénétisme et 224 victimes de recours à la prostitution.

«Amélioration des conditions d’accueil des victimes»

«L’exploitation sexuelle, loin de reculer, se reconfigure et la prostitution des mineurs en constitue aujourd’hui l’une des manifestations les plus alarmantes», estime la ministre déléguée à l’Egalité femmes-hommes, Aurore Bergé. Ce sont «des femmes, très majoritairement, des filles de plus en plus jeunes, des personnes en situation de vulnérabilité, dont les corps deviennent une ressource exploitée, contrôlée, monétisée»,

ajoute-t-elle.

Pour la Miprof, cette hausse des victimes mineures enregistrées est entre autres due au travail de repérage et d’accompagnement par les associations de terrain et à «l’amélioration des conditions d’accueil des victimes par les forces de sécurité».

1 442 clients verbalisés en 2025 (ndlr : alors qu’ils sont des centaines de milliers ….)

Le rôle du numérique s’accroît également. En 2025, pour 86 % des jeunes accompagnées par l’Amicale du Nid, la mise en contact avec les clients s’est faite au moins en partie via les outils numériques, notamment Snapchat et des annonces sur des sites internet, relève la Miprof.

Concernant les personnes majeures en situation de prostitution enregistrées par les forces de l’ordre, leur nombre a lui baissé de 8 % entre 2021 et 2025, pour atteindre 880 l’an dernier. Cette baisse peut notamment «s’expliquer par une priorité des forces de l’ordre axée sur d’autres types de délinquance», souligne la Miprof.

Au cœur de la loi de 2016 sur la pénalisation des clients, la verbalisation de ces derniers reste, quant à elle, faible – seulement 1’442 contraventions dressées en 2025 – et varie fortement d’un territoire à un autre.

Le nombre de condamnations définitives prononcées pour proxénétisme, proxénétisme aggravé, recours à la prostitution, recours à la prostitution aggravé et tenue d’un lieu de prostitution a pour sa part doublé entre 2017 et 2024.

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