Saint-Omer | Un père incestueux prend un an ferme

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Sept de ses enfants ont subi des attouchements sous la douche
Le 17 mars au tribunal correctionnel de Saint-Omer, un prévenu de 53 ans, originaire d’Aire-sur-la-Lys, était accusé d’avoir agressé sexuellement sa fille, alors âgée de 7 à 9 ans, entre 2020 et 2022 dans l’Audomarois.

Le 17 mars au tribunal correctionnel de Saint-Omer, un prévenu de 53 ans, originaire d’Aire-sur-la-Lys, était accusé d’avoir agressé sexuellement sa fille, alors âgée de 7 à 9 ans, entre 2020 et 2022 dans l’Audomarois.

Il s’agit d’une audience qui s’inscrit dans un contexte très particulier. Le prévenu a déjà été jugé en 2024 pour des faits identiques sur six autres de ses enfants et beaux-enfants au sein d’une famille recomposée, sur une période de dix ans.

Il avait été condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis. C’était durant cette audience qu’il avait spontanément avoué l’existence d’une septième victime et déclenché une nouvelle procédure.

Interrogé sur cet aveu tardif, il s’explique.

« Je ne pouvais pas le garder en moi, il fallait que je le dise. »

Un repentir qu’il exprime à plusieurs reprises pour des faits qu’il reconnaît en intégralité, « je regrette, c’est intolérable, c’est injuste ». Au sujet de sa fille, présente quelques mètres derrière lui, « j’espère qu’elle me pardonnera un jour ».

L’audience revient sur la description des faits, comment et pourquoi le prévenu profitait de l’excuse de la douche pour procéder à des attouchements sur ses jeunes enfants. Quand ils grandissaient, il se tournait vers un ou une plus jeune.

Il se dit « attiré par les petits, par les jeunes », prisonnier de ce qu’il appelle « un rituel » qui le poussait à toujours recommencer.

Au sujet de sa précédente incarcération, il explique avoir subi de nombreuses violences, sans rentrer dans les détails de peur d’éventuelles représailles, « je l’ai très mal vécu en prison ».

Sincère ou non, cet appel à la sympathie est froidement accueilli par les juges qui lui rappellent la détresse de la jeune victime.

« Qu’est-ce que vous pensez qu’elle a pu ressentir pendant toutes ces années ? »

Pour l’avocate de la partie civile déjà présente en 2024, cette audience ne révèle rien de neuf, mais reste primordiale pour la victime « pour se reconstruire. Elle a besoin de cette reconnaissance de qualité de victime ».

Elle insiste également sur les dommages infligés au-delà de l’agression, en particulier l’éclatement de la fratrie entre plusieurs familles d’accueil. Restés solidaires malgré la distance, les dix membres de la fratrie sont présents à l’audience pour soutenir leur sœur.

En toute fin d’audience, le prévenu s’adresse d’une voix tremblante et à peine audible à celle qui fut sa fille avant d’être sa victime. « Pardon. » En pleurs et serrée dans les bras de ses proches, la jeune fille âgée à présent de 14 ans lui répond directement.

« Tu es impardonnable, je ne veux plus te voir. »

Le prévenu est condamné à douze mois ferme, à trois ans avec sursis soumis à la condition d’un suivi sociojudiciaire et devra verser 5 000 euros de réparation.

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