Marseille | Cour d’assises : Il avait tué “un pédophile dégoûtant”

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Pour Matthieu R*., “débarrasser la terre d’un pédophile” était “un peu comme un devoir de citoyen”
Illustration | Cour d'assises d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône)
Matthieu R., 18 ans au moment des faits, est accusé d’avoir tué un septuagénaire avec lequel il s’était prostitué. Accompagné de son jeune frère de 14 ans, il avait quasiment décapité sa victime.

Âgé de 18 ans au moment des faits, le jeune homme est jugé depuis hier par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence, pour l’assassinat d’un septuagénaire avec lequel il s’était prostitué en août 2023, à Marseille.

Après une première rencontre, il était retourné au domicile de la victime, dans le 10e arrondissement, accompagné de son jeune frère de 14 ans, jouant les appâts. Ensemble, les garçons avaient poignardé le “pédophile dégoûtant” à dix reprises avant de le traîner dans la baignoire et de lui asséner une ultime et profonde entaille, “proche de la décapitation”.

“Perdu pour perdu, je vais lui trancher le cou”

“Je reconnais les faits et je les regrette”, a déclaré l’accusé à la cour à l’ouverture de l’audience.

Jugé en mai 2025, son cadet a été condamné en appel à quinze ans de réclusion criminelle. Interpellés une semaine après l’assassinat, les deux jeunes hommes ont livré aux enquêteurs un récit détaillé de la scène et de leurs motivations.

Le plan était bien rodé. 

Après avoir eu une première relation sexuelle consentie et tarifée, Matthieu R. avait accédé à la demande du septuagénaire qui souhaitait rencontrer son jeune frère.

Les garçons s’étaient alors rendus chez la victime dans l’intention de la tuer “sans la moindre douleur”. Mais quand cette dernière s’était jetée sur le plus jeune pour l’embrasser, l’aîné l’avait saisie par le cou pour qu’elle relâche son étreinte. Les coups de couteau avaient alors commencé à pleuvoir. 

“Il est poignardé, donc quoi qu’on fasse, on est dans une mauvaise posture. Donc on va limiter les dégâts et on va faire en sorte qu’il meure le plus vite possible”, a déclaré l’accusé aux enquêteurs.

“Du coup, j’essaie de l’étrangler et de l’asphyxier pour qu’il meure le plus vite possible. Mais je n’arrive pas à l’achever par étranglement. Je me suis dit perdu pour perdu, je vais lui trancher le cou pour qu’il se vide de son sang plus rapidement.” 

Trois jours après l’assassinat, les deux frères étaient revenus sur les lieux du crime, dans le 10e arrondissement de Marseille, munis d’un couteau, d’une scie, de gants, de sacs-poubelle et de matériel de nettoyage afin de faire disparaître le corps.

Les garçons avaient prévu de transporter les membres dans des sacs à dos et de mettre le reste dans le four “pour éviter les odeurs”.

Constatant que les volets de l’appartement du septuagénaire étaient ouverts, ils avaient rebroussé chemin.

Décrite comme “généreuse” et attirée “par les jeunes”, la victime était considérée comme le “papa de coeur” d’un témoin qu’elle hébergeait après avoir eu des relations tarifées avec lui. 

Ancien visiteur de prison et entraîneur de foot, il avait été licencié du club où il officiait après avoir envoyé des messages à un mineur de 13 ans.

“Ça ne fait absolument rien ressentir”

Expertisée par deux psychiatres, la personnalité de Matthieu R. a révélé “de solides éléments pervers”, ainsi qu’une fascination pour “le fait de découper des chairs” pour l’un, quand l’autre, diagnostiquant un trouble du spectre autistique, a estimé qu’il présentait “une dangerosité criminologique modérée”.

Passionné d’armes, l’accusé avait reçu une éducation “viriliste” tout comme son jeune frère, souffrant du syndrome d’Asperger.

Déclarant regretter le meurtre, mais pas d’avoir tué un pédocriminel, l’accusé avait justifié son acte par sa conviction que “la pédophilie est le pire crime de l’humanité”.

Quant à la raison pour laquelle il n’avait pas dénoncé le septuagénaire à la police, le jeune homme avait expliqué : “Je voulais savoir ce que ça faisait. J’étais déçu, ça ne fait rien. Ça ne fait absolument rien ressentir. Rien.”

Le verdict est attendu en fin de semaine, Matthieu R. encourt la réclusion criminelle à perpétuité. 

* La loi interdit de divulguer le nom DE l’accusé Afin DE protéger l’identité de son frère mineur au moment des faits et également mis en cause dans cette affaire.

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