Haute-Corse | Deux hommes condamnés à cinq ans de prison par la cour criminelle
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 11/02/2026
- 09:36
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Le détail des responsabilités établit des distinctions précises entre les deux accusés, estime la cour. Ilyes Oueslati est reconnu coupable de viols, ainsi que de la captation, de la transmission et de la détention d’images à caractère pédocriminel de mineure, bien qu’il soit acquitté pour leur acquisition.
De son côté, Mourad Halim bénéficie d’un acquittement pour la captation et l’acquisition des contenus, mais la cour le déclare coupable de la transmission et de la détention de ces fichiers illicites.
Une culpabilisation “abjecte”
Pour l’avocat de la victime, ce dossier est un “labyrinthe de contradictions” où la vérité semble fuyante. Tout au long des débats, le conseil de la jeune fille s’est appliqué à témoigner de sa souffrance, toujours vive cinq ans après les faits.
La partie civile dénonce une stratégie de culpabilisation “abjecte” visant à présenter la collégienne comme une “fille facile”.
“Elle a 13 ans, ils en ont 18. Elle est une enfant, ils sont adultes”,
rappelle le conseil, estimant que les deux accusés ont utilisé “la force et la peur” tout en ayant conscience de la portée de leurs actes.
“Sidération face à l’ultra-connexion”
Dans son réquisitoire, l’avocate générale pointe une “fâcheuse tendance à l’amnésie” et la mauvaise foi des deux mis en cause. Elle fait part de sa “sidération face à une génération de l’ultra-connexion”, décrivant un mécanisme criminel où le groupe est utilisé pour dominer et rabaisser la victime.
Selon le ministère public, les deux accusés ont coordonné leurs méthodes, mêlant flatteries et chantage aux photos dénudées pour obtenir des faveurs sexuelles.
Estimant que les faits sont caractérisés par une contrainte morale et un abus d’immaturité, le parquet requiert 10 ans d’emprisonnement pour Ilyes Oueslati et 8 ans pour Mourad Halim.
La défense plaide l’acquittement
En réponse, la défense pilonne un dossier jugé fragile et incomplet. Me Sara Lorre, avocate de Mourad Halim, rappelle qu’aucune vidéo n’a été retrouvée dans le téléphone de son client. Elle plaide l’acquittement au nom du “doute raisonnable”, affirmant que “c’est là la grandeur de la justice”.
Pour Me Wajdi Daagi, conseil d’Ilyes Oueslati, l’absence de la victime à l’audience a empêché toute confrontation nécessaire avec ses propres incohérences. Évoquant l’histoire d’une “génération désabusée et sans limites”, il réclame également l’acquittement.
Invités à s’exprimer une dernière fois avant que la cour ne se retire pour délibérer, les deux accusés maintiennent leurs positions.
“J’ai très peur de tout, je vous demande de me croire et de me laisser le bénéfice du doute”, glisse Mourad Halim.
Ilyes Oueslati, de son côté, qualifie l’affaire de “regrettable”, persistant à dire que la jeune fille était consentante tout en admettant qu’il “n’aurait pas dû aller la voir”.
Des arguments qui n’ont donc pas convaincu la cour criminelle de Haute-Corse. Les accusés ont dix jours pour faire appel.
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