Evreux | Un grand-père condamné pour agression sexuelle incestueuse sur sa petite fille

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Encore et toujours une justice laxiste
photo d'un homme de loi la main sur un épais dossier dans une salle d'audience
Mardi 16 décembre, un grand-père incestueux a comparu devant le tribunal pour répondre d’agressions sexuelles sur sa petite fille alors âgée de 11 ans, commises à Évreux durant l’année 2024.

Après un cours sur l’inceste, le 25 juin 2025 au collège de Damville, la professeure est stupéfaite lorsqu’une de ses élèves lui demande en aparté.

« Quand mon grand-père me touche sur le sexe et la poitrine, est-ce que c’est un inceste ? »

Dans le bureau du principal adjoint, Emilie (prénom modifié) insiste pour rendre compte elle-même de la situation à ses parents.

Lorsque le principal appelle la maman, celle-ci tombe des nues.

« J’avais oublié » , dira l’adolescente.

Dans la famille, c’est le choc.

Dès le lendemain, le papa de la jeune fille demande à son propre père s’il faut croire les déclarations d’Emilie.

L’absence de réaction du septuagénaire sonne comme un aveu.

La grand-mère incrédule interroge son mari.

Il acquiesce.

Le soir même, elle part vivre chez son fils.

On ne saura trop dire que la hiérarchie du collège et les instances sociales qui y demeurent – infirmières, assistantes sociales, psychologues – a été exemplaire et en premier lieu, la professeure qui a su recueillir les confidences d’une jeune fille en détresse.

A la barre du tribunal d’Evreux mardi 16 décembre, le maçon retraité de 73 ans, en instance de divorce, semble animé de tremblements compulsifs.

Menton tremblotant, il sort la langue, la malaxe entre ses dents, la roule dans une sorte de rumination irrépressible et incessante.

S’il a la langue bien pendue, il parle peu et surtout minimise.

« Ce sont juste des attouchements. C’est arrivé quatre ou cinq fois » , admet-il en parfaite contradiction avec les déclarations d’Emilie.

La jeune victime rapporte « un nombre de fois énorme » les mercredis et pendant les vacances.

« Ça arrivait dans le canapé en regardant la télévision » , dit-elle.

Lorsqu’elle lui repoussait la main, il lui saisissait le poignet en disant, « t’inquiètes pas, ça fait du bien. »

Le septuagénaire admet du bout des lèvres mais nie catégoriquement les caresses sur la poitrine.

Le grand-père n’explique pas ses gestes qui, selon lui, « ne lui procuraient pas d’excitation » .

Le tribunal n’en saura pas plus.

« Si seulement je pouvais faire marche arrière » , se désole-t-il, tout en mesurant les conséquences de ses actes.

« Maintenant, ça va être difficile. Ils m’en veulent » , explique le prévenu ostracisé qui vit seul dorénavant et ne voit plus ses petits-enfants.

Une prise de conscience tardive, mais insuffisante au regard du ministère public qui ne constate « pas un mot de compassion pour la victime » .

La sanction familiale a, en quelque sorte, précédé la sanction judiciaire que requiert le parquet sous la forme d’un an de prison aménageable en détention à domicile sous bracelet électronique, accompagné d’un suivi sociojudiciaire, d’obligations de soins et d’une inscription au fichier des délinquants sexuels.

Maitre Taffou, en conseil de la défense, plaide pour un accompagnement envers un homme qui « ne peut pas s’exprimer et ne possède pas les outils intellectuels » pour formaliser la portée de ses actes.

Douze mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans accompagnés d’obligations de soins psychologiques donneront l’occasion au prévenu de réfléchir.

Le tribunal prononce, en outre, une interdiction de contact avec la victime pendant deux ans et de contact avec des mineurs pendant dix ans.

Il devra également dédommager Emilie à hauteur de 3 500 € au titre de son préjudice moral, de 200 € pour son frère aîné et de 800 € pour chacun des parents.

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