Laon | Un homme condamné pour agression sexuelle 10 ans après les faits

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La partie ferme de la sanction sera effectuée en détention
Dominique Legrand a imposé un étrange massage à la fillette de 10 ans qui dormait chez lui après avoir gardé ses enfants. Dix ans plus tard, cet ami de la famille a répondu de ses actes. Les juges du Tribunal judiciaire de Laon ont condamné le prévenu à’un an ferme à effectuer en détention

Une nuit entre le 1er juillet et le 31 août 2015, dans une commune au sud de Laon.

Juliette (prénom d’emprunt) est venue garder les petites de Dominique Legrand, un ami de la famille.

Juliette n’a que 10 ans mais Dominique est un cousin éloigné de la famille, un ami.

Surtout, il incarne une figure paternelle alors que le père de la petite est parti vivre sa vie quelque part en Normandie.

La jeune femme masque comme elle le peut tout signe de féminité

« Il était environ 4 heures. Je sentais que quelque chose d’effrayant allait se passer. J’ai vu la porte de la chambre dans laquelle je dormais s’ouvrir et M. Legrand apparaître en peignoir bleu marine. J’ai fermé les yeux », conte la jeune femme.

L’homme est là, ce jeudi 4 septembre à la barre du tribunal judiciaire.

Il comparait pour agression sexuelle.

« Je reconnais ce que j’ai fait », explique-t-il aujourd’hui.

« Mais pour moi, ce n’était pas une agression sexuelle », tempère-t-il.

L’homme est nu sous son peignoir.

Il caresse une joue de la petite réveillée et lui annonce qu’il va l’apaiser et lui prodiguant un massage.

À califourchon sur ses jambes alors que Juliette est sur le ventre, il lui masse le dos, les épaules et les fesses.

« Uniquement le haut de fesses », reprend-il.

Les jambes aussi. Et l’intérieur de cuisses, selon les dépositions de l’adulte que Juliette est devenue.

« J’ai senti son sexe sur mes jambes » précise-t-elle aussi.

C’est l’année dernière que la victime du papa de substitution dépose plainte.

Depuis les faits, sa vie d’enfant, d’adolescente et de jeune adulte – Juliette a désormais 21 ans — ne cesse de se fissurer.

Tentatives de suicide, scarifications, séjours en psychiatrie, bref, la jeune femme qui arbore aujourd’hui cheveux courts et tenue de garçon, masque comme elle le peut tout signe de féminité.

Ses blessures sont profondes et les larmes coulent quand l’exploration des faits se précise.

« Elle n’attend qu’une chose, une seule : c’est que vous déclariez son agresseur coupable. Ce n’est qu’à cette condition que la page pourra être tournée et que la reconstruction pourra s’opérer », plaide Me Bouchaillou.

L’avocat tance le prévenu qui a choisi, lui, de se défendre seul.

« Reconnaître les faits mais pas l’agression sexuelle, c’est essayer de vous perdre dans un embrouillamini qui n’a pas de sens », prévient la défense à l’adresse du tribunal.

Le parquet est sur la même ligne qui requiert deux ans de prison dont 14 mois avec sursis.

Au terme d’un long délibéré, les juges ont condamné le prévenu à une peine principale de trois ans d’emprisonnement dont deux ans sursis.

La partie ferme de la sanction sera effectuée en détention.

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