Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Nantes | 12 ans de prison pour enlèvement séquestration et viol sur mineur

« La victime est ferrée, n’a aucune issue possible »

Jérôme Coupanec, 51 ans a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle par la Cour d'Assises pour avoir enlevé et séquestré, le 2 juillet 2022, dans le quartier Malakoff, à Nantes, une fillette de 11 ans.

Il l’a violée en lui imposant une fellation, « dans sa voiture, aux abords d’une forêt », à Basse- Goulaine.

Il encourait 20 ans de prison

Un fantasme enfoui, mis en sourdine, jusqu’à ce matin du 12 juillet 2022 où Jérôme Coupanec, alors âgé de 49 ans a croisé le chemin d’une enfant de 11 ans « joyeuse et pressée d’aller à la fête de son école ».

Ce samedi-là, la petite fille « un peu dans son nuage » « ne sourit pas à un inconnu :

elle est vue par un inconnu ! Un magicien maléfique qui veut se l’approprier », insiste Olivier Méchinaud, avocat de la partie civile.

À partir du moment où elle est embarquée de force dans la Golf grise, « la victime est ferrée, n’a aucune issue possible. Elle va se heurter à la détermination de Monsieur ».

Pour l’avocate générale, Sophie Husson, le passage à l’acte, s’il s’inscrit « dans une volonté de jouissance, de domination, de toute-puissance », reste « une énigme ».

Elle voit chez l’accusé « une personnalité moins lisse que celle qu’il veut bien admettre ».

Pour preuve, pointe-t-elle, l’extrait filmé sous la jupe d’une femme trentenaire, à son insu, dans un magasin, que les enquêteurs ont découvert sur son téléphone, et les recherches de vidéos pornographiques à partir de mots-clés ambigus.

Dans son réquisitoire, Sophie Husson a aussi relevé « la réelle prise de conscience de la gravité des faits » du quinquagénaire et son suivi psychologique régulier entamé depuis son incarcération en maison d’arrêt.

La défense renchérit.

« Il a reconnu les faits dès les premiers instants, a parlé de sa victime en premier », le 26 août 2022, lors de son interpellation.

Et, estime l’avocate Amel Maugin, Jérôme Coupanec, « clair, droit dans ses bottes », a livré « un récit digne » et « un maximum d’éléments pour que cette petite-fille puisse peut-être avoir des réponses ».

Selon l’avocate, ses addictions à l’alcool, au cannabis et à la pornographie ne sont qu’une conséquence de ses failles narcissiques majeures.

Cet homme, dont « l’absence d’amour, le rabaissement, les tartes dans la gueule, la peur, les violences conjugales, les tentatives de suicide de sa mère » ont marqué son enfance, « considère qu’il doit payer ».

L’accusé s’est exprimé dans ce sens et a, à plusieurs reprises, présenté ses excuses à la victime, assise dans la salle d’audience, près de sa mère.

« Je mettrai tout en place pour ne plus jamais faire ça. »

Quand il sortira de prison, Jérôme Coupanec sera soumis à un suivi socio-judiciaire durant six ans avec une injonction de soins.

Il a l’interdiction d’entrer en contact avec la victime, qu’il devra dédommager, et d’exercer une activité en lien avec des mineurs.