
Champs-sur-Marne | 12000 photos retrouvées sur l’ordinateur d’un exhibitionniste
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 15/05/2024
- 20:11

Thierry* faisait presque pitié à voir à la barre du tribunal correctionnel de Meaux, ce mercredi.
«Il y a ce qui relève de votre sexualité et ce qui relève du pénal. »
Maigre, blafard, la voix mal assurée. Mais en entendant le président Stéphane Léger lui rappeler les raisons de sa comparution, le regard sur lui se modifiait.
Le trentenaire était jugé pour exhibition sexuelle et consultation d’images pédopornographiques.
Les balades en forêt avec ses godemichés et son appétence pour les maillots de bain de femme, le tribunal s’en fichait.
Mais en se masturbant à proximité du groupe scolaire Langevin, à Champs-sur-Marne, le 11 mars, Thierry a basculé.
Une femme, témoin de la scène, avait donné l’alerte.
Les policiers de Torcy avaient interpellé l’exhibitionniste dans la foulée, avec difficulté, alors que le jeune homme — pantalon baissé — s’était réfugié, après avoir traversé le théâtre de verdure, dans un renfoncement du parc, baptisé « la grotte ».
Lors de la perquisition au domicile de sa mère, les enquêteurs avaient découvert 12 000 photos et des vidéos à caractère pédopornographique sur son ordinateur.
« Insoutenable »
Lorsque le président a abordé cet aspect de la procédure, la chute de Thierry s’est avérée vertigineuse.
Un point à porter à son crédit, tout de même : il a répondu aux questions sans les esquiver, en livrant des réponses toutes plus inquiétantes les unes que les autres.
Thierry n’a pas caché qu’il téléchargeait des images à caractère sexuel d’enfants depuis l’âge de 18 ans.
Le président Stéphane Léger n’a pas mâché ses mots : « Le tribunal a l’habitude d’en voir. Mais là, c’est insoutenable. Comment pouvez-vous télécharger ces fichiers ? Ces enfants ne sont pas consentants. C’est une marchandisation de leur corps pour satisfaire le plaisir d’adultes.Ce sont des viols d’enfants. En téléchargeant ces vidéos, vous êtes complice. ».
Le summum de la stupeur est arrivé lorsque Thierry a lancé, d’un ton neutre : « J’aurais aimé être à la place de ces enfants. »
Comme personne ne comprenait le sens de sa phrase, il s’est montré plus précis : « C’est ce que j’aurais voulu, quand j’étais enfant ».
La question brûlait les lèvres du président : « Vous avez subi des abus sexuels dans votre enfance ? » Réponse alambiquée de l’intéressé : « Sûrement par mon père… Peut-être… des caresses… pas que je me souvienne. »
Le trentenaire, qui n’a jamais eu de liaison sentimentale, a répété à l’audience ce qu’il avait déjà dit aux policiers : il aimerait avoir des relations sexuelles avec des adultes… ou des enfants.
« Dites-le que vous n’aimez pas votre vie. Dites-le que vous avez pris rendezvous avec un psychiatre », l’a exhorté Me Evelyne Janelli, son avocate.
« J’aimerais me sortir de cette situation. Je n’ai rien. Je ne sais pas si je mérite d’être aidé », a murmuré Thierry, sans emploi, socialement isolé, accro aux jeux vidéo.
Le procureur Éric de Valroger a estimé que ses déclarations étaient une forme d’appel à l’aide.
Il a requis deux ans de prison avec sursis probatoire, avec obligation de soins et de travail, ainsi qu’un suivi sociojudiciaire d’une durée de cinq ans.
Les juges ont prononcé une peine de deux ans de prison avec sursis simple, assortie d’un suivi sociojudiciaire d’une durée de cinq ans.
« Saisissez cette chance, il n’y en aura pas deux », a martelé le président.
Thierry est désormais inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais) et a interdiction de paraître aux abords des établissements accueillant des mineurs.
* Le prénom a été modifié
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