Clermont-Ferrand | Un policier condamné à seulement 1 an de prison avec sursis pour viol

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Condamné pour avoir agressé sexuellement une pré-adolescente de 13 ans
Les échanges sur Internet entre le jeune policier de 22 ans et l’ado ont débouché sur un rapport sexuel. Il écope d’1 an de prison avec sursis.

Il donne du « votre honneur » à la présidente de l’audience, comme dans les séries américaines. Françoise Chadefaux-Gallay, la procureure, corrige aussitôt le prévenu, étonnée de voir un policier aussi mal connaître les mots de la justice. Plus grande encore est sa stupeur face aux manques de discernement dont ce représentant de la loi a fait preuve, le 31 juillet 2017, à Clermont-Ferrand.

Il descend spécialement de Paris pour abuser d’une enfant de 13 ans

Ce jour-là, il descend spécialement de la région parisienne, où ce jeune homme de 22 ans est en poste, pour rejoindre une pré-adolescente avec laquelle il échange sur le web depuis plusieurs mois. Le père de celle-ci s’est absenté.

Cette première rencontre débouche très rapidement sur un rapport sexuel avec fellation, pénétrations vaginale et anale. Pour la victime, c’est la « première fois ». Elle avait 13 ans et révélera plus tard qu’elle ne voulait pas.

« Je ne l’ai pas repoussé mais ma tête disait non »,

confiera-t-elle à un psychiatre.

« Vous vous rendiez bien compte, étant donné de la différence d’âges, qu’elle était placée dans une situation impossible ! Quand vous la voyez, qu’est-ce qui fait que vous puissiez avoir de telles envies avec une gamine de 13 ans ? »

Présidente de l’audience

Tête baissée, le jeune prévenu n’en finit pas de se dire « désolé ».

« Ça s’est passé assez vite, je ne me suis pas rendu compte, je reconnais mon erreur »,

regrette-t-il. Il est poursuivi pour agression sexuelle sur mineur. Selon le parquet et la partie civile, il aurait aussi pu comparaître devant une cour d’assises, pour viol.

« Le consentement, dans la tête de la victime, n’existe pas. Le fait de le faire venir, ce n’était pas la porte ouverte ou la liberté de faire n’importe quoi. »

Procureure

Elle demande 15 mois de prison assortis d’un sursis probatoire de 2 ans.
Le prévenu, en l’absence d’information claire, a-t-il pu se méprendre de bonne foi sur l’âge de la victime ? Me Marie-Lucie Chades, son avocate, coupe court à ce débat. La chambre de la jeune fille, remplie de peluches et son physique ne pouvaient pas tromper.

« À l’époque, elle avait l’allure d’un petit bébé »,

précise-t-elle.

« C’est une jeune fille très fragile. Aujourd’hui, elle est détruite. »

Me Mathilde Boffety, en défense, tente de tempérer la charge.

« Mon client a fait une très lourde erreur mais qu’on ne le présente pas comme un prédateur sexuel. »

Elle demande la dispense de l’inscription de sa peine au casier judiciaire auquel a accès son employeur, susceptible de compromettre sa carrière de policier. En vain. Le fonctionnaire est condamné à 1 an de prison avec sursis. Il est aussi inscrit aux fichiers des délinquants sexuels.

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